/finance/news
Navigation

La conciliation travail-études demandée aux employeurs

Pour contrer le décrochage scolaire en pleine pénurie de main-d’œuvre

Coup d'oeil sur cet article

La pénurie de main-d’œuvre et ses conséquences sur le décrochage scolaire sèment l’inquiétude chez différents intervenants qui demandent aux employeurs de faire leur part pour favoriser la réussite éducative des jeunes.  

Une fois qu’il a « goûté » à l’argent, il peut être tentant pour un jeune de quitter les bancs d’école pour aller travailler, mais il faut savoir que ce choix a des conséquences à long terme.  

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et le Réseau québécois pour la réussite éducative ont tous les deux fait part de leurs craintes à ce sujet en dévoilant des chiffres pour alimenter les réflexions.  

D’abord, on estime que l’écart entre le revenu moyen d’un diplômé et celui d’un décrocheur est de 15 000 $ par année et qu’il pourrait dépasser le demi-million de dollars au cours de sa carrière. 

« Dans un contexte où les entreprises soutiennent une croissance économique forte et qu’elles sont confrontées à une rareté grandissante de la main-d’œuvre, le risque de stagnation ou d’augmentation du taux de décrochage scolaire est bien réel », estime la CCMM.  

Qui plus est, près de 40 % des travailleurs sans diplôme sont exposés au risque d’automatisation de leur emploi.  

Exemple de Verbom  

Pour prévenir le décrochage scolaire, près de 1338 entreprises ont été sensibilisées à la conciliation études-travail par l’entremise du Réseau québécois pour la réussite éducative, dont Verbom, à Valcourt.  

« Le recrutement demeure un grand défi au quotidien », confie Nathalie Savard, responsable des ressources humaines pour cette entreprise spécialisée dans la transformation de métal en feuille qui compte 260 employés.  

Comme un grand nombre d’entreprises, Verbom a fait appel à des travailleurs étrangers pour combler ses besoins immédiats. Toutefois, dans une perspective à plus long terme, elle a aussi mis en place un projet pilote qui permet à un employé, Nikolas Bélanger, 22 ans, d’obtenir une attestation d’études collégiales en génie mécanique tout en continuant à travailler.  

« J’ai découvert un domaine que je ne connaissais pas avant et ç’a cliqué », raconte Nikolas qui vient de l’univers du graphisme.  

Les coûts de la formation sont pris en charge par l’entreprise, ce qui fait en sorte que Nikolas n’a pas à subir de baisse de salaire.  

Par ailleurs, l’entreprise n’hésite pas à aménager l’horaire de ses travailleurs-étudiants lorsque ceux-ci arrivent en fin de session.  

« Notre priorité, c’est que les étudiants terminent leurs études avec un diplôme et qu’ils continuent par la suite à travailler pour nous. On s’assure ainsi de compter sur de la main-d’œuvre qualifiée », a ajouté Mme Savard.  

Acquisition d’une chaîne d’emballage automatisée  

Investissement Québec accorde une aide financière de 1 243 000 $ à l’entreprise Emblème Canneberge de Sainte-Eulalie en vue de l’acquisition et de l’installation d’une chaîne d’emballage automatisée, d’une trancheuse ainsi que d’une station d’ajustement du pH pour le traitement des eaux rejetées.  

Le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, a rappelé que les effets de la pénurie de main-d’œuvre se font sentir dans plusieurs secteurs, « mais que les entreprises les plus innovantes réussissent à tirer leur épingle du jeu en adoptant de nouvelles technologies. »  

Le projet d’une valeur de 1 755 319 $ permettra à l’entreprise spécialisée en préparation, en emballage et en congélation de la canneberge d’augmenter sa capacité de production et de diversifier sa clientèle.  

L’aide gouvernementale comprend un prêt à terme de 621 500 $ ainsi qu’un prêt sans intérêt du même montant. L’entreprise, fondée en 2015 par trois producteurs de canneberges du Centre-du-Québec, compte 25 employés permanents.    

Garder la tête hors de l’eau  

Alors que la pénurie de main-d’œuvre et que l’achat en ligne en affectent plusieurs, les propriétaires de commerces de proximité de Rimouski arrivent à se maintenir la tête hors de l’eau.  

« Si on offre une bonne sélection, un bon service, des prix raisonnables, on réussit à tirer notre épingle du jeu, mais je dois l’avouer, on doit travailler plus fort pour conserver nos acquis », a indiqué le propriétaire de la boutique Kirallah, Michel Kirallah.  

Depuis plusieurs années, le taux d’inoccupation des artères commerciales se maintient aux alentours de 10 % à Rimouski, selon la Société de promotion économique.  

« Il faut travailler fort. Ce ne sont pas les années qu’on a connues auparavant, il faut mettre beaucoup d’efforts pour avoir plus de clients », a lancé la propriétaire de la boutique Au bon goût, Nathalie Caron. 

Les ventes au détail représentent un peu plus de 1,2 milliard $ chaque année à Rimouski.