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L’énergie solaire menace les exportations d’Hydro-Québec

Les ventes d’électricité aux États-Unis ont fortement baissé au deuxième trimestre

Le Jardin botanique de Queen’s, à New York, a décidé récemment d’installer des panneaux solaires. Ces installations se traduiront par d’importantes économies en coût d’électricité au cours des prochaines années.
Capture d’écran, Twitter Le Jardin botanique de Queen’s, à New York, a décidé récemment d’installer des panneaux solaires. Ces installations se traduiront par d’importantes économies en coût d’électricité au cours des prochaines années.

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L’énergie solaire est devenue une menace réelle aux exportations d’Hydro-Québec. Au dernier trimestre, les ventes d’électricité de la société d’État aux États-Unis ont chuté de 59 millions $.

« C’est une menace », a reconnu hier le chef de la direction financière d’Hydro-Québec, Jean-Hugues Lafleur, lors du dévoilement des résultats financiers du deuxième trimestre.

Hydro-Québec a exporté 6,4 térawattheures (TWh) d’électricité en avril, mai et juin, comparativement à 8,9 TWh lors la même période l’an dernier.

Au cours de la dernière année, les ménages américains des États de New York et de la Nouvelle-Angleterre ont installé pour plus de 1100 mégawatts (MW) de panneaux solaires aux toits de leurs résidences.

Ces autoproducteurs d’électricité ont fait en sorte de faire chuter les prix de l’énergie sur les marchés de la Nouvelle-Angleterre et de New York au cours des derniers mois.

Sans des contrats de couverture, Hydro-Québec aurait touché environ 2,9 cents du kilowattheure exporté aux États-Unis au dernier trimestre. Avec ses contrats de couverture, la société d’État a pu retirer 4,6 cents du kWh vendu en moyenne.

La spirale de la mort

L’an dernier, le PDG d’Hydro-Québec, Éric Martel, avait évoqué la fameuse « spirale de la mort », alors que les ménages deviennent de plus en plus des autoproducteurs d’électricité et que les tarifs des grands fournisseurs explosent.

Hydro-Québec dit ne pas être dans cette situation au Québec, alors que les ventes d’électricité ont augmenté au cours des six premiers mois de l’année.

Hydro-Québec soutient que sa capacité à stocker de l’électricité et à la vendre rapidement sur le réseau américain pourrait toutefois lui sourire lors de températures moins clémentes.

M. Lafleur dit avoir vu des prix atteindre la semaine dernière plus de 9000 $ US le mégawatt au Texas, alors que les autoproducteurs d’énergie solaire manquaient de courant.

« L’opportunité que nous offre l’émergence du solaire est vraiment importante. C’est le projet de batterie du nord-est américain », a tenu à préciser un porte-parole de la société d’État.

Hydro-Québec a en main une étude démontrant que la maison intelligente produisant une partie de son énergie pourrait être rentable au Québec à partir de 2025.

Hydro-Québec pourrait se lancer prochainement dans la vente et l’installation de panneaux solaires et de batteries. La société d’État cible également les centres de données et les firmes de chaînes de blocs (blockchain) pour écouler ses surplus.

Charge de 46 millions $

En plus de son gros contrat d’électricité signé avec le Massachusetts de 10 TWh qui pourrait lui rapporter 10 milliards $ sur 20 ans, Hydro-Québec lorgne un autre gros contrat de vente avec l’État de New York.

Par ailleurs, au cours du trimestre terminé le 30 juin dernier, Hydro-Québec dit avoir inscrit une charge de 46 millions $ pour l’arrêt du projet de ligne à haute tension Northern Pass.

Ce projet, qui visait la construction d’une ligne de transport au New Hampshire destinée à l’exportation d’électricité vers le Massachusetts, a été abandonné par le partenaire américain d’Hydro-Québec, Eversource.

Les profits ont chuté au deuxième trimestre

  • Profits nets : 264 millions $
  • Charge du projet Northern Pass : -46 M$
  • Baisse des exportations : -59 millions $
  • Ventes aux États-Unis : 6,4 TWh (-2,5 TWh)

Source : Hydro-Québec