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Normandeau et «la gammick»

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Disons que ce n’est pas le genre de nouvelle qui participe à diminuer le taux de cynisme dans la population.

Nathalie Normandeau, l’ex-vice-première ministre du Québec accusée d’avoir participé à un système de financement occulte destiné à garnir les coffres de son parti, a été libérée de cinq des huit chefs d’accusation qui pesaient contre elle.

DEUX DE PIQUE, TROIS DE CARREAU

J’entends les cris d’indignation.

« On sait bien, c’est le Parti libéral ! Le système protège les forts et les puissants. Dès qu’une enquête s’approche un tant soit peu de Jean Charest et de sa garde rapprochée, paf, quelqu’un quelque part tire la plogue. »

Mais avant de sombrer dans les théories du complot et de dire que madame Normandeau est une reptilienne ou une Illuminati, j’aimerais vous rappeler un fait.

Notre système de justice obéit à des règles.

Et une de ces règles (qui peuvent être frustrantes, j’en conviens) est que les procureurs ne vont pas « au batte » lorsqu’ils sentent qu’ils n’ont pas les preuves suffisantes pour faire condamner un suspect.

C’est comme au black jack. Tu as juste des cartes poches dans ton jeu ? Tu ne mises pas ta chemise.

C’est plate, mais c’est ça.

Ajoutez à ça le Bureau des enquêtes indépendantes qui enquête sur l’enquête de l’UPAC qui a mené à porter des accusations contre madame Normandeau, et vous avez un canard boiteux, pour ne pas dire un cul-de-jatte.

Bref, la balloune se dégonfle et la montagne accouche d’un fromage.

L’ex-vice-première ministre finira par s’en sortir sans aucune condamnation que je ne serais pas surpris.

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JETÉE SOUS L’AUTOBUS

Mais on jase, là...

Mettons qu’il y avait un procès en bonne et due forme pour fraude, corruption et complot et que Nathalie Normandeau était condamnée.

Vous pensez vraiment qu’elle aurait été la seule ministre à participer à la « gammick » au Parti libéral ?

Que c’est elle qui aurait inventé le système ?

Les ministres à 100 000 $, les cocktails de financement, les dons illégaux provenant des firmes de génie-conseil, les prête-noms, « Je t’accorde un contrat, t’envoies un chèque au parti » ?

Voyons.

Elle est arrivée à la table, et on lui a dit : « C’est ça, les règles du jeu. Tu acceptes ou tu sors ».

Vous le savez, je le sais, tout le monde le sait : s’il y avait effectivement une « gammick » au sein du Parti libéral, beaucoup de gens trempaient dedans.

Madame Normandeau était celle qu’on a jetée sous les roues de l’autobus pour assouvir la soif de justice des citoyens.

Elle avait beau être la vice-première ministre, dans les faits, elle n’était qu’un méné.

PÊCHE DANS UN AQUARIUM

Personnellement, ce n’est pas tant le procès de Nathalie Normandeau qui me chicote.

C’est l’enquête Mâchurer, qui visait Jean Charest et son ami Marc Bibeau, qui n’a jusqu’à présent rien donné.

Et l’interruption inexpliquée de la filature d’Eddy Brandone (un ex-dirigeant de la FTQ-Construction proche du Parti libéral) par la SQ, moins de 30 minutes après sa rencontre avec Jean Charest dans un hôtel de Dorval en mars 2009.

Interrompre une pêche en haute mer pour attraper un poisson rouge avec une épuisette ?

Hmmmmm...