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Une odeur de réussite

Une aventure familiale obtient du succès en combinant l’agrotourisme et la lavande

Nancie Ferron et Daniel Joannette avec leurs filles, Marjolaine (à gauche) et Florence, dans leur champ de lavande.
Photo courtoisie Nancie Ferron et Daniel Joannette avec leurs filles, Marjolaine (à gauche) et Florence, dans leur champ de lavande.

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Nancie Ferron et Daniel Joannette ont laissé le journalisme pour fonder La Maison Lavande en 2009. L’entreprise a bien grandi depuis et est devenue une histoire de famille puisque leurs deux filles travaillent maintenant avec eux.

Si leur aventure entrepreneuriale était planifiée, les débuts ne sont pas passés tout à fait comme ils l’avaient prévu. Les deux travaillaient à l’époque à TQS. Ils ont appris la fermeture de la station de télévision le jour où ils devaient rencontrer leur patron : lui, pour demander un congé sabbatique, et elle, pour un contrat à la pige, afin de développer leur projet.

« On y a vu un signe du destin même si cela a bousculé nos plans », raconte Nancie Ferron, qui a travaillé comme journaliste à la pige pendant quelques années avant de rejoindre son mari dans l’entreprise.

Le couple mijotait depuis deux ans de se lancer dans l’agrotourisme.

Daniel Joannette était déjà propriétaire d’une terre à Saint-Eustache, achetée dans les années 1990, à une époque où les prix étaient bas, et il avait commencé à cultiver la lavande.

« Cela a été notre levier financier pour nous lancer en affaires. »

Leur ambition : créer une parfumerie avec des produits dérivés de la lavande. Ils mariaient ainsi leurs deux passions : l’agriculture pour lui, les parfums pour elle.

Beaucoup à faire

Il y avait beaucoup à faire au début : mettre en terre des milliers de plants de lavande, rénover la maison ancestrale qui abriterait la parfumerie et la boutique, concevoir la gamme de produits, etc. Le couple a sauté dans l’aventure entrepreneuriale sans regarder en arrière.

Aujourd’hui, La Maison Lavande est devenue une entreprise agrotouristique phare des Basses-Laurentides. Elle cultive plus de 100 000 plants de lavande, accueille chaque été des milliers de visiteurs dans ses sentiers de marche et fabrique plus de 60 produits de parfumerie, de même que des produits gourmands.

En plus de la parfumerie de Saint-Eustache, les associés exploitent quatre magasins dans des centres commerciaux, et un cinquième devrait ouvrir à l’automne, sans parler des boutiques pop-up dans le temps des Fêtes.

Dès le début, ils ont dit non à la distribution dans les chaînes de pharmacie.

« On voulait éviter de se disperser pour établir notre nom, explique Nancie Ferron. On voulait aussi créer un véritable lien d’appartenance avec la clientèle. »

Il y a trois ans, ils ont investi dans la refonte de leur site transactionnel, ce qui a contribué à la croissance des ventes en ligne.

Résultat, l’entreprise a multiplié par sept son chiffre d’affaires en 10 ans. « La croissance des ventes a été de 20 % l’an dernier. »

La Maison Lavande compte 85 employés.

Transmettre sa passion

En 2020, le couple veut se lancer dans l’exportation, en visant dans un premier temps le Canada anglais puis le marché américain. Bref, les projets ne manquent pas.

« Nous sommes des entrepreneurs qui carburent aux idées et qui n’hésitent pas à réajuster le tir quand ça ne fonctionne pas comme nous le souhaitons », explique Nancie Ferron.

Elle qui a été dans l’œil de la caméra pendant 20 ans à TQS craignait un peu de manquer la reconnaissance du public. « Finalement, je l’ai à la puissance 1000. L’an dernier, on a accueilli 50 000 visiteurs à la ferme. Ce contact avec la clientèle est énergisant. »

L’entreprise est devenue une véritable affaire de famille. Leurs deux filles, Marjolaine et Florence, ont imité leurs parents et quitté leur emploi respectif pour travailler à La Maison Lavande et prendre en charge le marketing et les communications.

« On leur a donné la piqûre d’entreprendre. Il faut dire que nous sommes une famille fusionnelle », explique Nancie Ferron, qui a été à la fois surprise et enchantée par la décision de ses filles.

Son parcours

  • Nancie Ferron, 52 ans
  • Baccalauréat en communications/journalisme, UQAM, 1989
  • Journaliste et chroniqueuse, TQS, 1989 à 2008
  • Cofondatrice de La Maison Lavande, 2009

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

« Celles que l’on prend tous les jours en suivant notre instinct et en gardant le cap sur la mission première de l’entreprise. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

« Chaque action posée, même lorsqu’elle n’a pas donné le résultat escompté, nous a menés vers quelque chose de constructif ou de plus productif. »