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Vélo de montagne: revoilà Emily Batty!

La Canadienne corse la course aux sélections olympiques

Emily Batty a profité de sa présence au Québec pour réussir son meilleur résultat de l’année sur le difficile parcours du Mont-Sainte-Anne.
Photo courtoisie, Mathieu Bélanger Emily Batty a profité de sa présence au Québec pour réussir son meilleur résultat de l’année sur le difficile parcours du Mont-Sainte-Anne.

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BEAUPRÉ | Méconnaissable depuis le début de la saison après une année 2018 extraordinaire en cross-country (XCO), l’Ontarienne Emily Batty a relancé le débat en vue de la sélection canadienne des Jeux de Tokyo, samedi, aux Championnats du monde de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne.

Batty a réalisé son résultat le plus convaincant au moment le plus opportun, alors que la course vers les Jeux olympiques en est à ses derniers milles, finissant au neuvième rang pour coiffer ses compatriotes Haley Smith (12e) et Catharine Pendrel (14e).

Ce score probant ne pouvait mieux tomber pour la blonde athlète qui vit l’enfer depuis le début des présentes activités saisonnières. Troisième Canadienne au classement, elle se retrouve présentement exclue de la sélection alors que le pays enverra seulement deux athlètes dans la discipline. Le choix officiel sera dévoilé en juin 2020.

Emily Batty a profité de sa présence au Québec pour réussir son meilleur résultat de l’année sur le difficile parcours du Mont-Sainte-Anne.
Photo courtoisie, Mathieu Bélanger

Pourtant, Batty, pas plus tard qu’à pareille date l’an dernier, couronnait une campagne de rêve en arrachant la médaille de bronze à ces mêmes Mondiaux, en Suisse.

« Je suis satisfaite, mais j’y allais pour le top 5 puisque ça m’aurait garanti une place aux Olympiques. Je suis partie de la cinquième ligne, alors j’ai dû perdre au moins une minute dans les deux premiers tours par rapport aux autres.

Ça fait du bien d’être un peu plus moi-même et d’être la meilleure Canadienne. Je voulais finir la saison sur une bonne note », a lancé la vététiste de 31 ans, qui avait terminé à deux secondes de Pendrel et d’un podium à Rio, en 2016. Elle a d’ailleurs toujours en mémoire cette conclusion crève-cœur.

Emily Batty a profité de sa présence au Québec pour réussir son meilleur résultat de l’année sur le difficile parcours du Mont-Sainte-Anne.
Photo courtoisie, Mathieu Bélanger

« Si je cours comme j’en suis capable, je suis confiante de décrocher cette place [aux JO]. Je veux prendre ma revanche pour moi, alors je veux cette place pour pouvoir décrocher une médaille. C’est ma priorité », a martelé Batty, qui a salué l’appui de la foule partisane réunie le long du parcours.

En deux temps pour Pendrel

Pendrel, qui revendique deux titres de championne du monde en carrière, a été incapable de maintenir la cadence après s’être faufilée en cinquième place en début de course.

Une vilaine chute — son bras ensanglanté en entrevue témoignait de la force de l’impact — a cassé le rythme de la coureuse du Nouveau-Brunswick qui cherchait à confirmer une quatrième participation aux JO.

La dernière épreuve considérée pour atteindre les standards olympiques sera celle de début de saison prochaine à Nove Mesto, en République tchèque.

« Ce n’était pas la course que je voulais aujourd’hui. C’est une erreur humaine de ma part et j’ai fait deux erreurs dans le même tour, perdant plus d’une quarantaine de secondes.

C’est incroyable de voir la course que Emily a eue aujourd’hui. C’est un bon signe. On doit toutes travailler fort cet hiver et ça se jouera au printemps, à la première Coupe du monde. »

Pour sa part, Haley Smith n’en revenait pas à quel point les amateurs étaient bruyants.

« Ce n’était pas la meilleure course de ma vie, mais c’était sans doute la plus spectaculaire, et d’accomplir ça, au Canada, avec tous les gens qui crient ton nom et qui scandent “go Canada”, c’est une sensation très spéciale », a relaté l’athlète de 25 ans.

Un sacre significatif

Pendant que le trio canadien luttait férocement à l’arrière, la Française Pauline Ferrand-Prévot a complété une spectaculaire remontée pour se couvrir de gloire pour la deuxième fois de sa carrière à cette compétition, un quatrième titre en comptant ceux sur route (2014) et en cyclo-cross (2015).

Championne du monde pour la deuxième fois, Pauline Ferrand-Prevot a célébré en agitant le drapeau tricolore français dans tous les sens.
Photo courtoisie, Mathieu Bélanger
Championne du monde pour la deuxième fois, Pauline Ferrand-Prevot a célébré en agitant le drapeau tricolore français dans tous les sens.

Opérée en janvier pour soigner un problème de pression artérielle (une endofibrose iliaque) à sa jambe gauche, la représentante tricolore s’est retrouvée sur la touche pendant deux mois avant de remonter sur un vélo. Et la voilà de retour au plus haut sommet de son sport !

« J’ai eu quatre années assez difficiles avec cette douleur à la jambe. On ne savait pas trop ce que j’avais [...] Ça représente beaucoup pour moi de revenir à ce niveau. J’ai eu une chute au départ et je me suis dit que c’était mort, mais il faut y croire jusqu’au bout. »

 

LES MÉDAILLÉS

Hommes élite

  1. Nino Schurter (SUI)
  2. Mathias Flueckiger (SUI) +30 sec
  3. Stéphane Trempier (FRA) +38 sec

Femmes élite

  1. Pauline Ferrand-Prevot (FRA)
  2. Jolanda Neff (SUI) +43 sec
  3. Rebecca McConnell (AUS) +1 :17

 

Bouchard dans le coup

Le Québécois Léandre Bouchard aux Championnats du monde de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne.  
Photo courtoisie, Mathieu Bélanger
Le Québécois Léandre Bouchard aux Championnats du monde de vélo de montagne au Mont-Sainte-Anne.  

Léandre Bouchard n’a pas dit son dernier mot dans la course contre la montre qu’il mène pour obtenir sa qualification olympique, en arrachant une 27e position, samedi, la meilleure chez les Canadiens.

Même s’il espérait se classer parmi les 20 premiers à l’issue de cette éprouvante course de sept tours, le cycliste d’Alma se réjouissait d’avoir fini en force, dépassant notamment son compatriote Peter Disera (34e), lequel a déjà un pied dans la porte pour le rendez-vous de Tokyo 2020.

« J’ai bataillé pour chaque position et je me suis retrouvé un peu plus avec moi-même en deuxième moitié de course où c’était plus dur. Mais j’ai gardé un bon rythme et j’ai pu gratouiller quelques places à la fin », a lancé le Québécois après avoir repris son souffle.

Si le meilleur résultat de Bouchard est une 14e place cette saison en Coupe du monde, Disera a fait mieux avec un sixième rang. Mais, avec une épreuve restant pour impressionner les dirigeants de Cyclisme Canada, il reste optimiste. À l’heure actuelle, un seul homme portera le maillot à la feuille d’érable sous les anneaux l’été prochain.

« Il me reste une chance, et de terminer la saison de manière forte comme ça, ça me donne espoir et de la motivation pour que j’arrive avec une méga-performance l’an prochain à la première Coupe du monde », a signalé Bouchard, qui envisage de rouler en Grèce cet automne pour améliorer le sort du pays au classement mondial.

Gagné garde le sourire

Évincé du groupe avec deux tours à faire, le vétéran Raphaël Gagné gardait malgré tout le moral lors de sa rencontre avec les membres des médias. Il a pris le 77e échelon.

« Je ne sais pas si on peut parler d’une performance en soi, mais j’ai tout donné ce que j’avais. Je crois toujours en mes chances pour Tokyo. Puis, je ne me rappelais plus à quel point les spectateurs criaient fort en championnats du monde. C’était très spécial », a reconnu l’athlète de Lac-Beauport.

En matinée, chez les moins de 23 ans, Laurie Arseneault a livré une brillante sortie en terminant au neuvième échelon. À 22 ans, la fille de Terrebonne se dit prête pour la prochaine étape.

« J’ai vraiment travaillé fort toute l’année pour obtenir cette place. J’avais ça en tête toute l’année. Ça me donne la motivation pour l’année prochaine en élite. Ce sera beaucoup de travail et je ne vais pas m’asseoir sur mes lauriers », a-t-elle lancé, les yeux pétillants de bonheur.