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Déjà trois ans sans la «Rockstar» Bob Bissonnette

Déjà trois ans sans la «Rockstar» Bob Bissonnette
PHOTO D'ARCHIVES, AGENCE QMI

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QUÉBEC | Le 4 septembre 2016, l’organisation des Capitales de Québec perdait l’un de ses actionnaires et son meilleur porte-parole : Roberto (Bob) Bissonnette. 

Accompagné du président de l’équipe Michel Laplante, l’ancien capitaine des Olympiques de Hull dans la LHJMQ et détenteur du 10e rang parmi les joueurs les plus punis de l’histoire de la ligue trouvait la mort à l’âge de 35 ans dans un écrasement d’hélicoptère. 

L’histoire d’amour entre Bissonnette et les Capitales avait commencé au cours de la saison 2011, lorsque le chanteur indépendant animait la terrasse du Stade Victoria les mardis soir de match. Cinq ans plus tard, en 2016, il était même devenu actionnaire et ambassadeur de la formation de la Vieille Capitale. Derrière toutes les productions des vidéos de ses chansons, Bruno Lachance explique que l’attachement de «Bob» à l’équipe sportive remonte à bien plus longtemps. 

«Il prenait vraiment à cœur son rôle d’ambassadeur avec l’équipe et il en était très fier. Il profitait de sa présence sur la terrasse pour organiser plusieurs projets, a-t-il dit, précisant que Bissonnette avait déjà fait un stage en marketing avec l’organisation lorsqu’il était encore à l’université. Il aimait profondément les Capitales et le baseball, il faut dire que ça paraissait avec toute l’ambiance qu’il mettait sur la terrasse.» 

Capitales à jamais 

Seul survivant de cette tragédie, Laplante affirme que Bissonnette a marqué à tout jamais l’équipe de la Vieille Capitale. 

«Je ne crois pas que son apport soit mesurable pour nous, les Capitales. C’est sûr qu’il apportait beaucoup de gens le mardi, mais pour moi, Bob, c’était beaucoup plus que ça. Il est une source inépuisable d’inspiration, de partage d’idées. Il était extraverti et ça rendait tellement tout "trippant" avec lui, a laissé entendre avec beaucoup d’émotion, sautant du passé au présent, le seul survivant de cette tragédie. Il était capable de recevoir une opinion, mais de donner la sienne aussi, sans aucune rancune. Il avait un franc-parler incroyable, il était parfait pour nous.» 

Le flamboyant chanteur a également marqué les esprits dans le vestiaire des Capitales, lui qui avait de bonnes relations avec certains joueurs. 

«L’an passé, lors du match du 4 septembre, tous les joueurs portaient leur chandail d’entraînement avec l’inscription "Bissonnette". Les joueurs connaissaient Bob et ils se parlaient à l’occasion. C’est sûr que plus les années passent, moins les joueurs sont au courant de l’histoire, mais plusieurs en entendent parler.» 

«Le meilleur documentaire au monde» au Stade Canac 

Après deux ans de préparation, le documentaire portant sur la vie de l’artiste coloré Bob Bissonnette sera présenté en grande première au Stade Canac le 13 septembre. 

C’est grâce à un énorme écran, installé au deuxième but, que les milliers des gens pourront visionner en primeur le documentaire Rockstar. Pi pas à peu près du réalisateur Bruno Lachance. 

«J’ai très hâte de dévoiler le résultat final aux partisans de Bob, mais aussi aux gens qui ne le connaissaient pas. Les gens vont découvrir une personne incroyable, soulignait le producteur du documentaire, qualifiant même son œuvre comme étant le meilleur documentaire au monde. À chaque fois que Bob avait un projet, il le qualifiait de meilleur projet au monde. On s’est donc inspiré de son approche pour décrire notre documentaire et ça cadre vraiment avec lui.» 

«J’ai reçu des vidéos de "fans", d’amis. Bref, beaucoup de beaux moments que les gens avaient conservés comme souvenirs. Dans le documentaire, lorsqu’on explique un passage de la vie de Bob, je voulais qu’on puisse réellement voir comment le tout se déroulait. Je voulais que les images viennent appuyer les propos de la personne en entrevue pour que les spectateurs puissent vivre l’histoire.» 

«Du bonbon» 

À l’instar de quelques privilégiés considérés comme «très proches de Bob» par le réalisateur qui en était à son premier long-métrage, le propriétaire des Capitales de Québec, Michel Laplante, a pu voir avant tout le monde le résultat final et il n’est pas déçu. 

«Les gens vont capoter, c’est un bijou total. C’est un film documentaire dans lequel on découvre la vraie personnalité de Bob. Avec la façon qu’il se comportait avec les gens, on ne peut qu’apprécier sa personne. On le découvre à travers plein d’autres gens et ça, ç’a été du bonbon pour moi tout du long.» 

L’événement sera gratuit pour les gens ayant commandé le DVD avant le 1er juin et sera au coût de 10 $ pour les autres. 

Un rêve commun 

En réalisant son premier long-métrage «Rockstar. Pi pas à peu près», Bruno Lachance a décidé de se lancer dans le vide en prenant en charge le plus gros projet de sa vie. En plus de quitter son emploi, il voulait réaliser, en partie, un projet que les deux hommes chérissaient. 

«La première fois que j’ai rencontré Bob, c’était pour la création des vidéoclips pour ses chansons. Depuis ce jour-là, j’ai monté tous les vidéoclips de ses chansons. Lorsqu’il nous a quittés, j’ai perdu un ami et par le fait même, tout plein de projets qu’on avait. Un de ceux-ci était qu’on fasse un film. L’occasion y était et finalement, c’est comme si on l’avait fait ensemble ce documentaire-là. Ç’a été une sorte de thérapie pour moi.» 

De gros risques 

Même si la personnalité de Roberto Bissonnette ne faisait pas l’unanimité dans le monde artistique, Lachance était prêt à tout pour rendre un dernier hommage à son bon ami, lui qui a reçu la nouvelle de la mort du chanteur comme une claque au visage. 

«Après le décès de Bob, j’ai réalisé des choses et j’ai commencé à faire les choses à mon goût. J’ai quitté mon emploi pour me lancer en affaires en créant ma compagnie de production vidéo, ce qui me permettait de travailler sur le film en même temps. Tout le monde adorait Bob et je voulais faire connaître l’extraordinaire personne qu’il était.» 

Prendre du mieux 

Celui qui est devenu copropriétaire des Capitales de Québec, Michel Laplante, a été un témoin direct de l’accident, bien qu’il ne se souvienne de pratiquement rien. Plusieurs peuvent s’imaginer la difficulté que Laplante a rencontrée pour surmonter un tel obstacle. 

«Ç’a pris du temps, mais je pense qu’on le porte bien, pas juste moi, mais pas mal tout le monde. Sa mort est une tragédie, sans l’ombre d’un doute, mais lorsqu’on prend du recul et qu’on regarde sa vie, je ne crois pas qu’il regrette une seconde. Il a vécu sa vie à 100% et c’est à nous de décider ce qu’on retire de tout ça.»