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Chers professeurs

Mes humains préférés

Chers professeurs

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La rentrée était ce moment de l’année béni que je préférais entre tous, du temps où j’étais étudiante. Des cahiers neufs, à l’odeur des planchers frais cirés, en passant par les copains enfin retrouvés après ces deux interminables mois de vacances, tout m’excitait dans la reprise des classes. Sans rire, je comptais les dodos avec plus d’impatience qu’à l’approche de Noël. Mais, plus encore, ce qui pour moi représentait le véritable clou de mes rentrées scolaires, c’était la rencontre avec mes nouveaux professeurs.   

  

Pour le dire candidement, et bien que je n’en avais pas expressément conscience à l’époque, je crois que les professeurs sont mes humains préférés. En tout cas, ce sont ceux qui, personnellement, me bouleversent et me séduisent le plus.     

  

Il y a plusieurs mois, j’écrivais un billet intitulé la Caverne, où je revisitais l’allégorie de la caverne de Platon, qui nous apprend que la vraie mission du philosophe, après en être sorti, est d’y retourner pour délivrer ses frères de l’ignorance. Quand je regarde la vocation d’enseignant, j’y vois un parallèle direct et c’est ça qui me bouleverse, car j’observe une même abnégation, une même force: celle de se faire le tremplin des prochaines générations. Je vous jure, j’en ai les yeux qui piquent en écrivant ces lignes.     

  

Oh, bien sûr, plusieurs m’ont déçue, révoltée et ennuyée à mourir, mais ils sont si peu en comparaison de tous ceux et celles qui d’une manière ou d’une autre, m’ont apporté et transmis quelque chose de déterminant. À tous ceux qui ont contribué à forger la femme que je suis aujourd’hui. À tous ceux qui ont ajouté de nouvelles teintes au jeune regard que j’étais en train d’apprendre à porter sur le monde. Pas seulement à travers l’enseignement d’une matière qu’il m’était alors essentiel d’acquérir, mais au détour de chaque connivence, de chaque appui et de chaque main dans le dos. À l’issue de chaque présence, conseil et confidence. Parce que chaque fois qu’un professeur a posé un regard confiant sur moi, chaque fois qu’il m'a considéré avec intelligence, il m'a appris en simultanée à avoir confiance en moi et en mes capacités. Et ça, c'est un cadeau inestimable. Le plus précieux d'entre tous.    

  

Et quant à savoir ce qu’il y a de si séduisant chez vous, c’est sans contredit votre façon de chercher à marquer les esprits par l’inattendu, par la surprise, et quand vous êtes particulièrement doué, par le rire, qui aère et laisse toute la liberté à la matière de s’inscrire dans notre mémoire. Et si vous êtes si diablement séduisants, chers professeurs, c’est parce que vous avez l’art de donner envie. Envie d’en savoir davantage. Envie d’aller plus loin, d’ouvrir ses œillères et de boire à grandes lampées à la coupe de la connaissance. C’est pour ce pouvoir que vous avez d’engendrer des générations instruites, confiantes, outillées et parées à faire face et à embrasser le monde, puisque vous êtes le pont, l'émissaire enseignant, entre l'innocence et la vie.    

  

Je m’amuse à dire que si pour certains, ce sont les policiers, les pilotes ou les pompiers, pour moi, au vu de toutes les raisons susnommées, c’est pour les professeurs que j’ai un furieux faible, faisant sans doute de moi une «professeurophile». Faudrait d’ailleurs penser à officialiser le terme.    

  

Alors, quand vous vous sentirez submergés, dépassés ou épuisés, sans doute quelque part au cœur de l’hiver, n’oubliez jamais que, même si les manifestations de gratitude ne sont que très rarement ostentatoires, vous êtes en train de faire toute la différence, et que, quand bien même ce ne serait que pour un seul élève, ça aura valu tous les courages devant les Appalaches de copies à corriger, les curieuses «fantaisies» des réformes et les milliers de contraintes qui vous incombent, sans même parler de vos vies et réalités personnelles, qui sont autant de fronts à mener en même temps.   

  

Je me suis levée ce matin avec l’envie de vous lever mon chapeau et de vous rappeler, peut-être, à quel point vous êtes importants. Car, nous ne le dirons jamais assez, vous êtes, avec vos humanités et vos imperfections magnifiques, ceux et celles qui, chaque jour, font reculer un peu plus loin l’ignorance et son obscurité. Vous êtes les pourvoyeurs de nos lendemains éduqués et ce sont vos efforts qui sèment notre futur à tous dans l'esprit de chaque petit Québécois.    

  

Donc, chers, chers professeurs, mes hommages les plus sincères et une très belle rentrée à vous tous.     

  

...Et quelque chose me dit que cette année en sera une bonne.    

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

  

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