/news/education
Navigation

8 fois plus de jeunes cyberdépendants depuis 5 ans

Les moins de 18 ans sont les plus touchés

jeux vidéo
Photo d’archives, Didier Debusschère

Coup d'oeil sur cet article

Alors que des experts affirment que l’on devrait interdire les cellulaires dans les écoles québécoises comme en France, des données récentes montrent que le nombre de jeunes identifiés avec une problématique de cyberdépendance a explosé depuis cinq ans.

Le Journal rapportait mardi que des écoles québécoises commencent à adopter la ligne dure envers le cellulaire, allant même jusqu’à l’interdire en tout temps comme en France.

Ce resserrement des règles survient alors que le nombre de jeunes Québécois âgés de moins de 18 ans accros aux écrans est passé de 26 à 210 en cinq ans, selon un portait obtenu par le ministère de la Santé et des Services sociaux auprès d’une vingtaine de centres de réadaptation en dépendance dans l’ensemble de la province.

Les mineurs sont les plus touchés, puisque le nombre de cas traités diminue avec l’âge.

Plus d’intervenants

Au cours des dernières années, les services pour leur venir en aide ont aussi été bonifiés. Au CIUSSS de la Capitale-Nationale, l’équipe d’intervenants en cyberdépendance est passée de quatre à dix dans la dernière année.

Dans la région de Québec, de plus en plus d’adolescentes reçoivent des services pour une dépendance aux réseaux sociaux, qu’elles consultent souvent sur leur cellulaire, dans le creux de leur main.

«On en voit de plus en plus», affirme Caroline Jacques, chef de programme pour les services en dépendances au CIUSSS de la Capitale-Nationale.

Même si la majorité des jeunes qui consultent le font pour une problématique reliée aux jeux vidéo, une partie de leur clientèle est dépendante aux réseaux sociaux.

Il peut s’agir, par exemple, d’une adolescente de 15 ans qui passe ses journées sur les réseaux sociaux, ce qui la pousse à s’absenter de l’école, à vivre des échecs scolaires et des conflits familiaux.

Ces jeunes filles carburent aux «like» sur Facebook, surveillant constamment l’intérêt pour leurs publications en ligne, explique Mme Jacques.

Cette dernière estime qu’environ le quart des jeunes qui consultent sont aux prises avec ce type de dépendance, qui touche majoritairement les filles, alors que les garçons sont davantage touchés par la dépendance aux jeux vidéo.

Francine Ferland, psychologue-chercheuse, et Caroline Jacques, chef de programme.
Photo courtoisie
Francine Ferland, psychologue-chercheuse, et Caroline Jacques, chef de programme.

«La pointe de l’iceberg»

Comme pour l’ensemble des dépendances, il ne s’agit souvent que de la «pointe de l’iceberg». «C’est le symptôme que cet enfant-là ne va pas bien, mais il y a certainement autre chose», affirme Mme Jacques.

Il ne faut toutefois pas sauter trop vite aux conclusions, prévient Francine Ferland, psychologue-chercheuse au CIUSSS de la Capitale-Nationale : un jeune qui passe plusieurs heures par jour sur les écrans n’est pas nécessairement cyberdépendant, précise-t-elle.

«Avant de parler d’un problème, il faut voir s’il y a envahissement dans toutes les sphères de sa vie, explique Mme Ferland. Quel est l’impact à l’école, au travail, sur son sommeil, son alimentation, avec sa famille et ses relations interpersonnelles?»

Mesurer l’impact sur la vie en général

Ce n’est donc pas seulement le nombre d’heures passées sur les écrans qui permet de déterminer s’il y a cyberdépendance, mais plutôt l’impact sur sa vie en général.

Passer quelques heures par jour devant un écran n’est généralement pas problématique, affirme Mme Jacques. «En bas de 25 heures par semaine, on n’est habituellement pas inquiet», lance-t-elle.

Des signes que votre jeune utilise trop les écrans

  • Isolement
  • Baisse des résultats scolaires, absentéisme
  • Manque de sommeil
  • Mauvaise alimentation
  • Conflits familiaux

Source : CIUSSS de la Capitale-Nationale