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Mad Max aux débats? Non merci!

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Maxime Bernier s’inspire des méthodes trumpiennes en envoyant paître les médias et en titillant le populisme laid.

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Alors, croyez-vous que Maxime Bernier devrait être autorisé à participer aux débats des chefs lors de la campagne électorale? Pour ma part, la réponse est claire : absolument pas.

Encore cette semaine, le chef du Parti populaire du Canada a démontré qu’il manque pathétiquement de jugement.

En fait, s’il y avait un fil conducteur à identifier dans la carrière de Mad Max, c’est assurément son incapacité à faire preuve du jugement le plus élémentaire.

Nombreux exemples

Bien sûr, il y a eu les documents secrets laissés sur la table de chevet de sa douce aux anciennes fréquentations douteuses, alors qu’il était ministre des Affaires étrangères. Sans oublier la distribution de gâteaux Jos Louis aux militaires canadiens en Afghanistan. Ou encore le reportage dans lequel il montrait à quel endroit il cachait ses clés de voiture quand il s’adonnait à ses séances de jogging.

Évidemment, certains de ces exemples sont plus graves que d’autres. Tout de même, il reste que monsieur Bernier a trop souvent fait parler de lui pour les mauvaises raisons.

Désormais à la tête d’un parti marginal, le député de Beauce continue à faire la manchette régulièrement en raison de ses dérapages. Déclarations-chocs sur l’immigration, discours alambiqué sur l’avortement, climatoscepticisme, etc. Cette semaine, c’est en s’attaquant de basse manière à la jeune militante Greta Thunberg qu’il a créé la commotion.

Inacceptable

«Greta Thunberg est clairement mentalement instable. Autiste, mais aussi obsessive-compulsive, trouble d’alimentation, dépression, léthargie.» Chaque fois que je lis ce message diffusé par Bernier sur Twitter, j’éprouve un immense malaise.

Mais comment un homme politique peut-il tenir des propos aussi imbéciles et déplacés? Comment peut-il s’attaquer de manière aussi agressive à une jeune fille de 16 ans?

Soyons bien clairs. Je suis en profond désaccord avec l’attention disproportionnée donnée à cette adolescente. Son message apocalyptique ne rejoint pas le contribuable moyen qui veut aider la planète, mais qui comprend qu’on ne peut pas tout foutre en l’air du jour au lendemain. Greta Thunberg est effectivement instrumentalisée et cela est déplorable. Mais de là à évoquer sa santé mentale avec autant de véhémence, il y a un pas que n’importe quelle personne sensée n’oserait franchir. Maxime Bernier, lui, croyait que cela était une bonne idée.

La différence entre le Maxime Bernier, jadis ministre, et celui d’aujourd’hui, c’est que désormais il cherche la controverse. Il carbure à cette dernière. Son jugement est toujours déficient, mais ses motivations profondes sont devenues malsaines.

Il s’inspire des méthodes de Trump, en envoyant paître les médias et en titillant le populisme laid.

Pour toutes ces raisons, je n’ai aucun appétit à voir Maxime Bernier se donner en spectacle dans le cadre des débats à venir. Déjà, le nombre de chefs présents rend souvent l’exercice laborieux. Alors pas besoin d’avoir en plus un chef marginal qui ne reculerait devant rien pour attirer l’attention. Il y a des limites à offrir du précieux temps d’antenne à un polémiste sans jugeote qui représente un parti qui n’a jamais fait élire de député à la Chambre des communes. Non merci.

 

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