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Meurtre de son bébé: tué avec une fourchette à viande

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Photo d'archives Sofiane Ghazi a été arrêté en juillet 2017 pour le meurtre de son bébé naissant et pour tentative de meurtre sur sa conjointe, blessée avec une fourchette à viande.

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Le Montréalais accusé d’avoir tué son bébé encore dans le ventre de sa mère venait de se disputer avec sa conjointe quand il l’a frappée avec une fourchette à viande, juste au niveau du ventre, a affirmé la Couronne en ouverture du procès ce mercredi.

«Il a blessé le bébé qui était encore dans le ventre de sa mère, qui était enceinte de 36 semaines; elle a été emmenée à l’hôpital, les médecins ont procédé à une césarienne, le bébé a eu des battements cardiaques pendant plusieurs minutes», a expliqué la procureure Chantal Michaud. 

Assis dans le box des accusés, Sofiane Ghazi, 39 ans, a écouté sans broncher la procureure donner un aperçu de la preuve qu’elle compte présenter au jury. Mercredi, le juge Jean-François Buffoni a prévenu les jurés que la cause sera «difficile sur le plan émotionnel». 

Drogue dure

Dans son exposé de la preuve, Me Michaud a expliqué que le jour du drame, le 24 juillet 2017, Ghazi et sa conjointe étaient mariés depuis 12 ans. Ils avaient deux enfants en bas âge et la femme attendait leur troisième. 

Sauf qu’à cette époque, le couple vivait des «moments difficiles», a relaté la Couronne. La veille de l’événement, la femme, croyant que son mari avait consommé de la drogue, aurait demandé à ce dernier de quitter les lieux. Ghazi aurait refusé d’obtempérer, si bien que la femme a appelé le 911. 

«M. Ghazi a quitté avant l’arrivée des policiers et quand il est revenu, il a reproché [à sa femme] d’avoir appelé le 911», a relaté Me Michaud. 

C’est à ce moment que l’accusé aurait saisi une fourchette à viande pour l’enfoncer dans le ventre de son épouse enceinte. Les cris de la femme ont été si forts qu’ils ont réveillé une voisine. 

«J’ai entendu un gros bruit et des cris qui venaient d’une femme, a témoigné cette voisine. Quand j’ai été voir, j’ai vu que madame était en sang, elle m’a demandé d’appeler le 911.» 

Naissance

En «moins d’une minute» selon la voisine, les secours sont arrivés. La conjointe a rapidement été transportée à l’hôpital, et les médecins ont réussi à donner naissance au bébé, qui est décédé dans les minutes qui ont suivi. Comme il n’a pas eu de nom, le tribunal l’appelle «bébé Ghazi». 

Sofiane Ghazi, qui avait quitté les lieux, a été arrêté peu après, dans la même journée. 

«La conjointe de M. Ghazi viendra témoigner, elle expliquera le contexte de leur relation», a assuré la procureure de la Couronne. 

État d’esprit

Accusé de meurtre au premier degré de «bébé Ghazi» et de tentative de meurtre sur sa conjointe, Sofiane Ghazi a plaidé non coupable aux deux chefs portés contre lui. 

Et selon la procureure de la Couronne, les jurés devront porter une attention particulière à l’état d’esprit de l’accusé aux moments des faits allégués. 

«Vous devrez déterminer dans quel état il était», a-t-elle assuré, expliquant que des policiers et des experts viendront témoigner à ce sujet. 

Le procès, qui se déroule au palais de justice de Montréal, est prévu pour une durée de cinq semaines. Ghazi est défendu par les avocats François Taddeo et Moulay-Badre Aber.