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Hydrogène vert: un projet d'usine de 1,3 G$ au Centre-du-Québec

Usine Hydrogène
Photo Andréanne Lemire L’usine de production d’hydrogène sera construite sur ce terrain vacant du parc industriel de Bécancour, dans le Centre-du-Québec.

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L’entreprise québécoise H2V Énergies caresse un projet d’usine de 1,3 milliard $ dans le Parc industriel et portuaire de Bécancour, a appris Le Journal. L’établissement produira de l’hydrogène vert qui servira notamment à l’industrie du transport.

Au cours des 18 derniers mois, l’homme d’affaires qui pilote le dossier, Normand Goyette, a accéléré ses démarches afin que le projet voie le jour d’ici 2022. En juin 2018, il a signé une promesse d’achat pour un terrain d’un peu plus d’un million de pieds carrés situé au 6005, boulevard Raoul-Duchesne. L’usine sera d’une superficie de 133 500 pieds carrés.

«C’est un projet dont la mission va être de traiter, décarboner et valoriser la biomasse pour la transformer en hydrogène vert, pur et traçable. À partir de la biomasse, on peut produire de l’hydrogène à un coût de marché inférieur», indique M. Goyette. «On va aussi générer des crédits carbone qui vont être une source de revenus», poursuit-il.

Ce dernier a mandaté en 2018 Jean-René Gagnon afin qu’il discute avec des responsables au gouvernement du Québec pour obtenir «un montant de 200 millions $ par prêt ou subvention pour la construction d’une usine», peut-on lire dans le Registre des lobbyistes. «Ce financement servira pour l’achat de réacteurs et tout l’équipement hautement spécialisé», précise-t-on.

M. Goyette cogne aussi à la porte d’Ottawa pour obtenir une aide financière. Il s’est récemment inscrit au Commissariat au lobbying du Canada.

Création de 328 emplois

Le nouvel établissement devrait permettre la création à terme de 328 emplois permanents. Si tout se déroule selon les plans de la direction, H2V Énergies aimerait débuter les travaux pour son usine au printemps 2020. Le professeur Patrice Mangin, de l’Université du Québec à Trois-Rivières, collabore également à ce projet.

Pour l’heure, l’entreprise est dans l’attente de ses permis du ministère de l’Environnement. Le promoteur doit aussi compléter son montage financier.

«Je n’ai aucune crainte. Les démarches avancent bien. Au cours des 20 prochaines semaines, on va préparer l’ingénierie de l’usine. On vise une ouverture pour le premier trimestre de 2022», explique M. Goyette, qui a été dirigeant dans plusieurs entreprises au cours de sa carrière, notamment dans le secteur du développement durable. Il a aussi été propriétaire d’une compagnie dans la construction.

«Nous sommes beaucoup avancés sur le plan technique et le design du bâtiment. On veut produire au minimum près de 50 000 tonnes d’hydrogène vert par année. On deviendrait le plus important producteur au monde en termes de volume», poursuit-il.

Une forte demande

Selon M. Goyette, le secteur du transport sera un joueur important dans le marché de l’hydrogène au cours des prochaines années. Il estime qu’on verra de plus en plus de constructeurs automobiles, comme Toyota avec sa Mirai, utiliser cette énergie. Les trains, les navires, les autobus et les poids lourds seront aussi des secteurs porteurs.

«Il y a également des tramway (trolley) à l’hydrogène», dit-il, faisant un clin d’œil au projet de plusieurs milliards de dollars dans la capitale. «La solution H2V de «refueling» de locomotives va permettre ainsi à l’industrie du rail de traverser le Canada aller-retour sans avoir à se ravitailler en carburant; surtout, sans produire d’émissions de CO2 et à un coût inférieur au diesel», conclut celui qui travaille sur ce chantier depuis 2016.

Mardi, Investissement Québec n’a pas voulu dire si elle avait eu des échanges avec le promoteur sur une possible collaboration.

Qu’est-ce que l’hydrogène vert?

  • À partir de la biomasse, H2V Énergies va produire de l’hydrogène vert.
  • La compagnie prévoit utiliser des compacteurs spécialisés afin de réduire l’empreinte environnementale du Québec et recevoir la matière à son usine. Par la suite, elle passera dans des déchiqueteurs pour aboutir dans 11 trains de réacteur, ce qui produira de l’hydrogène vert gazéifié et traçable.
  • À titre de comparaison, l’hydrogène gris est fabriqué à partir d’énergies fossiles (pétrole, gaz naturel et charbon).
  • L’hydrogène est souvent présenté comme l’énergie de l’avenir, surtout pour la transition énergétique.