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Fatima Houda-Pepin ou la justice immanente

Fatima Houda-Pepin
JEAN-FRANCOIS DESGAGNES/JOURNAL Fatima Houda-Pepin

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La nouvelle annoncée hier en a surpris plus d’un. Notre collègue chroniqueuse et ex-députée libérale, Fatima Houda-Pepin, est nommée déléguée générale du Québec à Dakar, au Sénégal. Pour le premier ministre François Legault, c’est une nomination avisée et éclairée. De toute évidence, Mme Houda-Pepin servira bien les intérêts du Québec comme elle l’a toujours fait.  

Sa feuille de route est d’ailleurs impressionnante. Citons seulement un extrait de sa biographie sur le site de l’Assemblée nationale :  

«Obtint un baccalauréat en commerce au Lycée Al Khansa de Casablanca (Maroc) en 1972, un baccalauréat en science politique à l'Université Laval en 1976, une maîtrise en relations internationales à l'Université d'Ottawa en 1977 et une maîtrise en bibliothéconomie-sciences de l'information à l'Université McGill en 1981. Compléta une scolarité de doctorat en politique internationale à l'Université de Montréal en 1982.  

Effectua des recherches académiques sur les enjeux de la société de l'information au plan national et international de 1977 à 1982 et, en 1983, des voyages d'étude portant sur les sociétés de l'information dans les pays membres de l'Organisation de coopération et de développement économique et au Japon. De 1981 à 1994, fut consultante et experte-conseil en éducation interculturelle en immigration et en affaires internationales auprès du gouvernement fédéral, du gouvernement du Québec, de la Ville de Montréal et d'entreprises privées. Chargée de cours à l'Université de Montréal et à l'Université du Québec à Montréal de 1990 à 1994. Fut vice-présidente du Comité sur les relations interculturelles de la Ville de Montréal de 1990 à 1994.»  

Les Québécois la connaissent surtout pour sa longue carrière politique au Parti libéral du Québec. Élue dans La Pinière en 1994, elle y fut réélue pas moins de cinq fois.  

En cela, non pas qu’il l’ait choisie pour cette raison, loin s’en faut, il n’en reste pas moins que d’une certaine manière, le résultat de sa nomination par François Legault constitue aussi un geste noble de réparation amplement mérité.  

Rappelons qu’en janvier 2014, Mme Houda-Pepin fut injustement obligée de quitter le caucus libéral. Son grand péché ayant été de tenir tête à son chef Philippe Couillard sur la question délicate de laïcité. Entre autres, elle s’opposait au port du tchador.  

La guerre d’attrition avait duré plusieurs semaines. La dissidence dans un parti politique n’est jamais chose facile, surtout lorsqu’il s’agit d’une vraie question de principe. N’empêche que M. Couillard s’était montré inflexible envers sa députée pourtant fort respectée au sein de la population.   

Refusant de rentrer dans le rang comme l’exigeait M. Couillard, Mme Houda-Pepin décida alors de siéger comme indépendante et de se présenter à nouveau candidate dans son comté de La Pinière. Une décision courageuse.  

Ajoutant l’insulte à l’injure, M. Couillard lui opposa nul autre que Gaétan Barrette comme adversaire dans La Pinière. Ce dernier, comme on le sait, fut élu.  

Ce dont on se rappelle moins est la campagne de salissage à laquelle certains libéraux, incluant parfois sous le couvert pratique de l’anonymat, s’étaient livrés avant et après le départ de Mme Houda-Pepin du caucus. Je ne reprendrai pas ici ce qui en a été dit, ces propos étant faux et clairement dénigrants.  

Incapables de lui répondre par des arguments sensés, ils ont préféré tenter de la discréditer personnellement dans les coulisses. Dans la catégorie «sexisme en politique», lorsque des femmes fortes tiennent tête par conviction, c’est malheureusement un grand classique. De toute évidence et fort heureusement, le premier ministre Legault n’est pas de la même eau.  

Depuis son départ de la politique en 2014, Mme Houda-Pepin a su garder la tête haute. Que l’on soit d’accord ou non avec ses positions sur la laïcité, elle a choisi de continuer à intervenir dans les débats publics– incluant en nos pages comme chroniqueuse -, et ce, toujours avec dignité.  

Je lui souhaite beaucoup de bonheur dans ses nouvelles fonctions. Le premier ministre a fait un excellent choix.

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