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François Legault sauvé par les consommateurs

Girard Legault budget
Photo d’archives, Simon Clark François Legault recevant le budget 2019-2020 des mains du ministre des Finances, Éric Girard, le 21 mars.

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Grâce aux consommateurs québécois qui n’ont pas lésiné sur la dépense, François Legault et son ministre des Finances, Éric Girard, sont chanceux de boucler les deux premiers mois du premier exercice financier caquiste avec un surplus de 189 millions de dollars, avant transfert d’argent au Fonds des générations.

Ce surplus budgétaire pour les mois d’avril et mai est grandement attribuable à la très forte hausse de 14 % des revenus de taxes québécoises à la consommation, telles la TVQ et les taxes sur les carburants, les produits de tabac et les boissons alcooliques.

Par rapport à l’année dernière, les taxes à la consommation ont ainsi rapporté en avril et mai derniers quelque 485 millions $ de plus.

Pour apprécier à sa juste hauteur cette augmentation de 14 % des revenus tirés des taxes à la consommation, sachez que la hausse moyenne de ces revenus pour les mois d’avril et de mai s’est chiffrée à 3,7 % lors de la période allant de 2014 à 2018.

Parenthèse : avec une telle hausse moyenne de 3,7 % au lieu de 14 % comme ce fut le cas, Québec se serait retrouvé en déficit.

Autre rentrée d’argent pas piquée des vers. François Legault et son argentier Éric Girard doivent une fière chandelle à la péréquation fédérale. Les revenus tirés de la péréquation ont grimpé de 11,9 % par rapport à l’année dernière, rapportant ainsi un supplément de 232 millions $.

Avec un tel supplément de revenus fédéraux dans les coffres de son gouvernement, on comprend pourquoi François Legault se porte aujourd’hui à la défense du système fédéral de péréquation, alors qu’il le pourfendait quand il était dans l’opposition !

DÉPENSES IMPRÉVUES

Sous le gouvernement Legault, les dépenses consolidées des portefeuilles ministériels ont augmenté de 1,23 milliard de dollars lors des deux premiers mois de l’actuel exercice financier, en hausse de 7,7 %.

Cette hausse de 7,7 % dépasse, et de loin, la hausse des dépenses que le ministre a prévue dans son budget 2019-2020, laquelle s’élève à 5 %. On parle donc ici d’une augmentation imprévue des dépenses de quelque 430 millions $ en deux mois.

À ce rythme de croissance des dépenses, soit 7,7 % au lieu de 5 %, le gouvernement Legault foncerait tout droit vers un déficit... au lieu d’un surplus anticipé de 2,4 milliards $.

Revenons aux dépenses des portefeuilles ministériels. Une importante portion de l’augmentation imprévue des dépenses est reliée aux inondations du printemps dernier, alors que la Sécurité publique a dû allonger 318 millions $ afin d’aider financièrement les sinistrés.

Voici la répartition de l’augmentation des dépenses ministérielles de 1,23 milliard $.

  • Santé et services sociaux : 397 millions $ (+6 %)
  • Éducation et culture : 199 millions $ (+4,8 %)
  • Économie et environnement : 154 millions $ (+6,9 %)
  • Soutien aux personnes et aux familles : 99 millions $ (+5,5 %)
  • Gouverne et justice, incluant sécurité publique : 384 millions $ (+31,5 %)

COMPRESSION DE REVENUS

Par rapport à l’an dernier, d’importantes sources de revenus ont affiché des baisses lors des deux premiers mois de l’actuelle année financière.

Les revenus de l’impôt foncier scolaire ont fondu de 92 millions $ (-24,3 %) en raison de l’entrée en vigueur de la diminution des taxes scolaires.

Le cadeau lié à la réduction du taux de cotisation au Fonds des services de santé pour toutes les PME québécoises a fait reculer ces revenus de 73 millions $ en deux mois.

Est-ce le signe d’un ralentissement économique ? Toujours est-il que la décroissance des profits des entreprises au dernier trimestre de 2018 et au premier trimestre de 2019 a généré une baisse des revenus d’impôts des sociétés de 65 millions $.

Du côté des revenus provenant des sociétés d’État, Québec affiche un recul de 14 millions $, en baisse de 2,2 %.

Concernant les revenus tirés de l’impôt payé par les particuliers, ils n’ont grimpé que de 1,4 %.

Terminons sur une note positive. Les frais d’intérêt sur la dette du Québec ont diminué de 181 millions $ (-12,1 %), en raison notamment du remboursement accéléré de la dette à partir du Fonds des générations.