/news/green
Navigation

«La province au complet est arrosée au ''Roundup''»

Coup d'oeil sur cet article

Gilles Audette est le président d’Agri-Fusion, la plus grande ferme biologique au Québec. Il est catégorique: il faut que les producteurs de grandes cultures changent leur façon de faire et abandonnent les pesticides en agriculture, pour l’environnement, la santé humaine, mais aussi parce que c’est tout simplement plus rentable.  

Sur ses 3000 hectares de terres, dont 50% sont en location, on retrouve des cultures de toutes sortes: maïs, soja, haricot, blé et, depuis peu, de la production maraîchère.  

C’est en l’an 2000 qu’il a choisi de transformer son entreprise agricole pour devenir 100% bio, un défi qu’il a relevé avec succès avec ses partenaires.  

«Ça va très bien, les rendements sont là, la rentabilité est là, c’est juste que... ça ne fait pas l’affaire de tout le monde», a-t-il expliqué en entrevue avec TVANouvelles.ca.  

Il déplore le fait que l’utilisation des pesticides ait bondi au Québec et dans le monde au cours des 10 dernières années, incluant la présence de glyphosate dans la province.  

«Il y a encore des arrosages aériens qui se font, la province au complet est arrosée au Roundup. Les terres du monde entier sont inondées de glyphosate. Il y en a partout, dans la terre, dans l’eau», a-t-il dit.  

L’industrie des pesticides est très lucrative: si M. Audette devait utiliser des pesticides pour ses 3000 hectares de terres, il lui en coûterait 1,5 million $ par année.  

«Je n’en mets pas, donc je figure que je mets l’argent dans mes poches», a-t-il déclaré avec fierté.  

De plus, les aliments biologiques se vendent plus cher, plus du double que les aliments cultivés en agriculture traditionnelle.  

Plus difficile, mais plus payant  

Cultiver bio demande beaucoup plus de travail et d’investissements, mais ça vaut le coût et ça fonctionne selon lui.  

«En biologique, si on a une proportion pas trop importante de mauvaises herbes, le rendement ne sera pas trop affecté», a-t-il assuré.  

Bien sûr, il existe de petites fermes biologiques, mais puisque leurs superficies sont peu étendues, elles ont peu d’impact sur l’environnement.  

Entre 2% et 3% des terres agricoles seulement sont certifiées bio au Québec.  

Il aimerait convaincre les agriculteurs conventionnels de se mettre au bio, mais changer une façon de faire bien ancrée dans les mœurs n’est pas facile.  

Sa ferme sera visitée par les parlementaires le 9 septembre prochain dans le cadre des consultations sur l’utilisation des pesticides en agriculture.  

Étude-choc  

Mercredi, une étude de la Fondation David Suzuki établissait une relation entre l’autisme et l’utilisation des pesticides.  

Le gouvernement québécois devrait reconnaître le Parkinson comme une maladie professionnelle, puisque de nombreuses études ont montré la causalité entre les pesticides et ce mal neurodégénératif incurable.  

C’est l’une des recommandations que comptent présenter de pair la Fondation David Suzuki et l’organisme Parkinson Québec à la fin du mois, quand la commission parlementaire sur les pesticides entamera ses travaux.