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Le déluge des subventions : bar open, servez-vous!

aluminerie
Photo d'archives Maxime Landry, Agence QMI

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Allô économie de marché avec ses illusoires lois naturelles, allô au marché libre et allô aux vertus de l’État minimal sauf quand vient le temps d’aider et d’enrichir davantage des compagnies plus grosses que les gouvernements.  

Et aussi allô à la merveilleuse égalité des chances et à la liberté lorsque l’on constate que les inégalités économiques entre individus ont explosé ces derniers quarante ans. C’est sûr, tous ont les mêmes droits, peu importe leur situation financière.   

Ce qui est anormal et inacceptable est devenu la règle. On en est rendu à subventionner grassement des multinationales du vidéo, pour lesquelles l’État paie environ 40 % des salaires des employés de ce secteur, et ce, sans compter les aides gouvernementales directes, et on oblige Hydro-Québec à accorder des tarifs d’électricité dérisoires (que les consommateurs résidentiels doivent compenser) à des centres de données comme Google et Amazon, à des firmes qui font pousser du cannabis dans leurs serres du Québec et à des transnationales de l’aluminium très polluantes comme Alcoa et Rio Tinto, qui ne font pas de transformation dans la province. Ces secteurs d’activités paient de bons salaires comme celui également du commerce électronique (IBM et CGI), mais c’est malheureusement l’État et les autres contribuables québécois qui défraient une bonne partie du « payroll ». Une vraie farce.   

Prenons le 17 août 2019 comme exemple  

C’est comme ça tous les jours et nos élus se vantent de verser de l’argent pigé dans les poches du monde ordinaire à de riches transnationales. Le 17 août 2019, je lisais Le Journal de Montréal et je suis tombé sur cet article : « 180 millions $ pour le terminal de Pointe-Noire. Ces investissements devraient (mais ce n’est pas sûr, il n’y a pas d’études sérieuses) créer 200 emplois »,    

Vous le savez maintenant que lorsque le gouvernement subventionne des compagnies privées, cela représente un « investissement »? Mais quand il met de notre argent dans nos services publics, cela constitue une « dépense » d’épicerie. C’est comme ça.  

Les 180 millions $ versés, dont 130 millions par nos gouvernements, serviront à construire des facilités portuaires et un chemin de fer pour acheminer et exporter le minerai des compagnies extractives. La belle affaire! Et cela ne comprend pas les milliards payés par Hydro-Québec pour leur construire un réseau de transport de l’électricité et le coût des routes défrayé aussi par l’État. Monsieur Legault devrait, au lieu de se péter les bretelles en disant que cet « investissement » va créer 200 emplois « temporaires » durant les travaux, sortir les vrais chiffres des redevances et des impôts payés par les minières au Québec. Et un coup parti, qu’il donne le coût pour l’État, en milliards de dollars, du coût de restauration des sites miniers défrayé par le gouvernement qui constitue, je suppose, un autre « investissement » de l’État. Il faudrait aussi nous calculer les coûts liés à la pollution minière afin de savoir si le fameux Plan Nord est vraiment un Klondike pour la population. Priorité pour nos élus à la construction de chemins de fer pour les minières et les forestières. Le transport des passagers viendra... un de ces jours.   

Une petite vite drôle juste pour vous  

Le 23 mai 2019, Le Journal de Montréal a publié un article intitulé : « Un chèque de 1,75 M$ au plus gros producteur d’or (Newmont Goldcorp) au monde. Plus de la moitié d’un projet de fibre optique de 3,5 M$ sera financé par Québec ».  

Un autre « investissement » public pour le ministre caquiste des Ressources naturelles, monsieur Jonathan Julien, qui a dit sans rire : « Ce n’est pas du tout un cadeau. Pour nous, c’est du développement économique ». Pendant ce temps-là, des milliers de Québécois en région n’ont pas droit à la fibre optique et à internet.   

Les mines d’or roulent justement sur l’or, mais il faut les subventionner pareil. Comme autre « investissement » alloué aux minières et même aux papetières, pourquoi ne pas leur payer, avec l’argent du public, un aéroport privé, un de plus, et un club de golf? Le gouvernement Couillard a vargé dans nos programmes sociaux qu’il appelait des vaches sacrées tout en augmentant les subventions aux entreprises qui représentent aux yeux du patronat des droits acquis.   

Et les alumineries qui passent encore à GO  

Tout simplement merveilleux que je me suis dit en lisant cet autre article, toujours publié dans Le Journal le 17 août 2019 : « Saguenay. L’aluminium le plus vert au monde sera produit ici».   

Après les grosses subventions versées aux alumineries, Alcoa et Rio Tinto, des transnationales étrangères, et les fabuleux tarifs d’électricité qui leur sont accordés par Hydro-Québec, voilà que les gouvernements du Québec et d’Ottawa vont « investir » 120 millions de dollars sur un total de 188 millions $ dans le centre de recherche de ces alumineries afin de développer l’aluminium le plus vert au monde. Depuis toujours, vous savez que les alumineries sont parmi les plus polluantes au Québec. Tout ça, c’est fini. À l’avenir, on parlera de pollution zéro. Il faut prendre leurs prétentions pour du « cash » et il faut être croyant. Est-ce qu’il y a quelque chose pour lesquelles les riches alumineries, minières, forestières et autres compagnies du commerce électronique du multimédia et de la finance ne sont pas subventionnées par l’argent des contribuables? C’est ça l’utopie de l’économie dite du marché libre en présence de la main invisible de l’État et de niveau minimal.  

Le Canadien National américain  

Encore en août 2019, il y avait cet autre article intitulé : « Bill Gates hausse sa mise dans le CN ».   

Oui, cette ex-société à propriété collective est maintenant majoritairement détenue par des Américains dont le principal actionnaire n’est nul autre que le multimillionnaire Bill Gates (Microsoft).   

À l’échelle internationale, nos élus sont toujours du même côté que les States, même que des pans entiers de notre économie appartiennent à des investisseurs américains : pétrolières, minières, pharmaceutiques, alumineries, etc. Comme le chantait Robert Charlebois, il y a une quarantaine d’années : « Vivre dans ce pays, c’est comme vivre aux États-Unis. Les mêmes...» 

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