/finance/opinion/columnists
Navigation

Des obligations en folie

Coup d'oeil sur cet article

Le marché obligataire est en voie de connaître sa meilleure performance des cinq dernières années.

L’indice FTSE Canada des obligations à long terme (échéance moyenne de 22,8 années) a accumulé au cours des huit premiers mois de l’année un rendement de 16,4 %.

Pendant cette même période, l’indice FTSE Canada des obligations universelles (échéance moyenne de 10,9 années) progressait de 8,7 %.

Pour des indices dont les titres sont reconnus comme étant des valeurs sûres, c’est énorme, le rendement obtenu jusqu’à présent. Cette performance se reflète bien entendu sur le rendement des fonds communs d’obligations. Et également sur le rendement des FNB d’obligations, c’est-à-dire les fonds négociés à la cote de la Bourse de Toronto qui portent sur les obligations.

À titre d’exemple, voici le rendement accumulé lors des huit premiers mois de l’année par divers FNB d’obligations, accompagné, entre parenthèses, de leurs symboles boursiers. Les noms sont strictement en anglais. Désolé.

  • iShares Core Canadian Universe Bond (XBB) : 8,69 %
  • iShares Core Canadian Long Terme Bond (XLB) : 16,32 %
  • iShares Canadian Government Bond (XGB) : 8,53 %
  • iShares Canadian Corporate Bond (XCB) : 8,33 %
  • iShares U.S. High Bond (XHY) : 9,90 %

Sachez qu’à la fin de juillet dernier, les Canadiens détenaient des fonds communs d’obligations pour une valeur nette de 208 milliards de dollars et des FNB d’obligations pour une valeur de 61 milliards $. Cela ne représente toutefois qu’une goutte d’eau dans l’océan du marché obligataire mondial, dont le volume dépasse les 100 000 milliards de dollars US.

D’OÙ PROVIENT LE RENDEMENT ?

Nombre d’épargnants doivent se demander comment des obligations à long terme dont le rendement annuel d’intérêt est de 4,16 %, par exemple, peuvent rapporter quelque 16,4 % en huit mois.

Il faut savoir que la valeur marchande des obligations gouvernementales et corporatives qui sont négociées sur le marché obligataire fluctue en fonction de l’évolution des taux d’intérêt.

Ainsi, lorsque les taux d’intérêt baissent, comme ce fut le cas depuis le début de l’année, la valeur marchande des obligations augmente.

Cette appréciation de la valeur marchande s’ajoute au rendement d’intérêt des obligations.

L’envers de la médaille ? Lorsque nous sommes dans une période d’augmentation des taux d’intérêt, la valeur marchande des obligations négociables aura tendance à baisser. C’est pourquoi il est arrivé dans le passé que les obligations « rapportent » un rendement négatif en dépit du revenu d’intérêt versé.

LA QUESTION DE L’HEURE

Si la valeur marchande des obligations a tant progressé depuis le début de l’année, c’est parce que les grands investisseurs anticipent une tendance à la baisse des taux directeurs de la part des diverses grandes banques centrales en vue de requinquer leurs économies respectives.

Mais si les futures baisses de taux directeurs sont moins fortes que les baisses anticipées par les investisseurs, le marché obligataire risque de virer de cap en entraînant vers le bas la valeur marchande des obligations.

Y a-t-il un danger que le rendement accumulé à ce jour cette année puisse fondre au fil des prochains mois ?

Eh oui ! c’est aussi risqué qu’en Bourse.