/weekend
Navigation

L’Énéide: ouverture vers les autres

WE 0907 THÉÂTRE
L'ÉNÉIDE
Photo courtoisie, John Londono

Coup d'oeil sur cet article

Tandis que le Théâtre du Rideau Vert ouvrait sa saison ces jours-ci avec la pièce Comment je suis devenu musulman, mettant de l’avant les questions multiculturalistes, et que le Théâtre Duceppe amorcera sa saison sous peu avec Héritage, où il est question des difficultés pour les Afro-Américains des années 1950 d’intégrer le milieu social des Blancs, voilà que c’est au tour du Théâtre de Quat’Sous d’emboîter le pas avec pour thème l’ouverture vers les autres en évoquant la crise migratoire.

C’est avec une distribution multiethnique que l’on raconte l’histoire déchirante d’Énée, soit celle d’un père et de son fils en quête d’une vie meilleure. L’auteur et metteur en scène de la pièce L’Énéide, Olivier Kemeid qui est aussi directeur artistique du Théâtre de Quat’Sous, avait présenté sa pièce en 2007 à l’Espace Libre pour une dizaine de représentations. La pièce, qui a également voyagé en Europe, est reprise avec cette fois une toute nouvelle distribution.

« C’est une pièce qui est toujours d’actualité, insiste Olivier Kemeid. Je l’ai écrite avant la crise migratoire syrienne, mais il y avait déjà des réfugiés à cette époque et ensuite l’actualité est venue jeter un nouveau regard sur cette pièce. »

Tout en faisant un parallèle avec L’Énéide, l’épopée de Virgile de l’Empire romain après la guerre de Troie entre 29 et 19 av. J.-C., on retrouvera Énée, le personnage principal fictif, campé par Sasha Samar. « Je ne voulais pas cantonner ma pièce à une seule époque ou à une seule région », confie l’auteur. Même si l’on souhaite une pièce contemporaine, les personnages de la pièce auront des noms empruntés à L’Énéide de Virgile, qui évoque l’odyssée des premiers migrants du monde.

Partir sans savoir

Énée cherche une terre d’accueil pour son fils, il partira avec son enfant et son père dans une embarcation de fortune pour fuir les siens sans savoir s’il se rendra au bout de son périple, de l’autre côté de l’océan. Sa femme est morte dans les flammes et s’il meurt noyé dans les flots, il voudrait que son fils sache qu’il cherchait tout simplement un monde meilleur pour lui.

L’histoire d’Énée fait en quelque sorte référence à la crise migratoire actuelle. En 2018, les Nations unies estimaient à plus de 70 millions le nombre de réfugiés à travers le monde. Elle tire aussi ses origines dans l’histoire même de l’auteur qui remonte à l’époque de son grand-père, qui a quitté l’Égypte lors de la Révolution de 1952. « C’est l’histoire de ceux qui courent pour sauver leur vie », souligne le directeur artistique.

Dure réalité

La pièce dépeint la triste réalité des migrants. « Tout n’est pas rose, les migrants sont aussi violents », concède Olivier Kemeid.

On nous dit que la pièce est bouleversante entre les guerres civiles, la perte d’une femme, d’ailleurs Énée aura eu trois femmes sur trois continents, il y a le désarroi omniprésent.

« Mais c’est aussi une pièce sur l’amitié », conclut-il.

L’Énéide

  • Auteur et metteur en scène : Olivier Kemeid
  • Distribution : Étienne Lou, Anglesh Major, Igor Ovadis, Olivia Palacci, Marie-Ève Perron, Luc Proulx, Philippe Racine, Sasha Samar, Mounia Zahzam et Tatiana Zinga Botao
  • Jusqu’au 28 septembre
  • Au Théâtre de Quat’Sous
Visitez qub.radio pour ne rien manquer de notre programmation quotidienne et de nos baladodiffusions