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Les sœurs Boulay: la fin des illusions

Les soeurs Boulay
Photo courtoisie, Caraz Stéphanie et Mélanie Boulay lancent leur troisième album, La mort des étoiles.

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Après deux accouchements fort différents (le petit Léonard pour Mélanie et l’album solo pour Stéphanie), Les sœurs Boulay sont de retour avec un nouvel album, La mort des étoiles. Sur ce disque, les frangines posent un constat sombre mais teinté d’espoir sur le monde d’aujourd’hui.

Stéphanie et Mélanie sont contentes de se retrouver pour la période de promo de leur nouvel album. L’automne dernier, la première avait dû se farcir en solitaire la ronde d’entrevues avec les médias, pour parler de son album solo, Ce que je te donne ne disparaît pas.

« Je suis fière de ce que j’ai fait, mais je trouvais qu’il me manquait des outils toute seule, reconnaît maintenant Stéphanie. Tout était plus difficile. Ça coule bien plus avec ma sœur. »

Mélanie, elle, a passé les derniers mois à s’occuper de son premier enfant, Léonard, né en janvier 2018. Elle avait d’ailleurs­­­ dû écourter la tournée des sœurs Boulay deux mois avant d’accoucher, en raison de complications. C’est lorsque le petit avait six mois qu’elle a repris le boulot avec sa sœur. « J’avais hâte qu’on recommence à écrire, dit Mélanie. Le bout créatif est mon préféré dans le processus, dans la grande chaîne de mettre un album au monde. »

Bien sûr, l’arrivée d’un nouvel être humain dans la vie des deux sœurs – Stéphanie­­­ est la marraine de Léonard – a grandement changé leurs perspectives du monde et de l’avenir de la planète.

« L’enfant qui arrivait et la crise environnementale, le “on s’en va où” nous habitait, dit Stéphanie. On avait déjà ces préoccupations-là, mais c’était moins grave, on dirait, quand c’est juste toi. Avoir un enfant, c’est quelque chose qu’on impose à un être humain de vivre sur une planète dont on ne sait pas si elle pourra lui fournir tout ce qu’il lui faut toute sa vie. »

Entre l’ombre et la lumière

La mort des étoiles est donc un constat sombre sur ce qu’on vit en ce moment. « Le constat est sombre, mais il y a espoir que ça aille mieux, indique Mélanie. On est à la recherche de solutions, de réponses, de lumière. L’album finit quand même avec deux chansons lumineuses. » Au-delà de la question environnementale, les deux sœurs ont aussi voulu aborder le règne de l’image. « On parle de l’illusion de courir vers quelque chose, et quand tu y arrives, ce n’est pas tout à fait ce que tu avais imaginé », explique Stéphanie.

Les soeurs Boulay
Photo courtoisie, JB Proulx

Elles font ainsi référence à la fin des illusions sur le milieu artistique. « Quand on était en Gaspésie, on regardait le show-business québécois avec les mêmes yeux qu’on regarde Hollywood, dit Mélanie. On se disait qu’un jour, si on allait au gala de l’ADISQ, on allait être tellement heureuses. »

« En arrivant dans cette industrie-là, on se sent inadéquat, poursuit Stéphanie. On se dit qu’on va bien finir par y “appartenir”. Tout le monde se sent comme ça dans l’industrie. »

« On a voulu se gâter »

Parce que leurs deux premiers albums ont connu du succès, Les sœurs Boulay ont bénéficié d’un budget encore plus grand pour produire La mort des étoiles. « Nous sommes privilégiées, car la plupart des albums se font avec moins d’argent qu’avant, dit Mélanie. On a voulu se gâter. »

En compagnie du réalisateur Connor Seidel (Charlotte Cardin, Matt Holubowski), elles ont concocté leur album le plus ambitieux de leur carrière, pro­pulsé par les arrangements de cordes et de cuivres d’Antoine Gratton. « Dans mon cœur, cet album-là a vraiment été fait à quatre », mentionne Stéphanie.

Parmi les musiciens invités sur le disque, on retrouve plusieurs artistes aguerris (Marie-Pierre Arthur, Simon Angell et Joseph Marchand, notamment). Pour la nouvelle tournée, les sœurs ont toutefois dû dépouiller leurs chansons, car elles ne seront accompagnées que de deux autres musiciens. « L’aspect musical est déjà rodé, mentionne Stéphanie. Les chansons sont plus rock. »

Horaire allégé

Après des tournées qui les ont épuisées durant les premières années, Stéphanie et Mélanie ont voulu se garder­­­ plusieurs trous dans leur horaire, cet automne. « Je me suis booké un lundi de congé chaque semaine, dit Mélanie. C’est important que je me garde des plages horaires pour me consacrer à la famille. J’ai envie d’être là pour élever mon enfant. » Et l’Europe dans tout ça ? Quand on pose la question aux deux sœurs, elles éclatent presque de rire. « Il n’y a vraiment rien ! répond Mélanie. Ce n’est pas comme si on avait un deuil à faire, car ça n’a jamais levé. » « On n’a jamais trouvé personne pour y croire, là-bas, ajoute Stéphanie. C’est aussi très énergivore. On préfère concentrer nos énergies ici pour le moment. »


Le nouvel album des Sœurs Boulay, La mort des étoiles, est présentement sur le marché. Elles seront en spectacle le 17 octobre, au Club Soda de Montréal, et le 19 octobre, à la Salle Octave-Crémazie de Québec. Pour toutes les dates : lessoeursboulay.com.

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