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Une idée qui mérite le voyage

Deux jeunes entrepreneures offrent un transport par autobus abordable vers des endroits en pleine nature

Sarah Bernard-Lacaille (à gauche) et Catherine Lefebvre, cofondatrices de Navette Nature. Leur entreprise organise un transport par autobus vers des parcs-nature à partir du square Dorchester à Montréal.
Photo Martin Alarie Sarah Bernard-Lacaille (à gauche) et Catherine Lefebvre, cofondatrices de Navette Nature. Leur entreprise organise un transport par autobus vers des parcs-nature à partir du square Dorchester à Montréal.

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En affaires, le succès met parfois du temps à arriver. Et d’autres fois, il prend par surprise. C’est ce qui est arrivé pour Navette Nature qui offre un service de transport collectif vers les parcs nationaux et les espaces naturels.

Dès son lancement en 2016, l’entreprise a rejoint une clientèle qui ne cesse de s’accroître depuis.

« La deuxième année, on a doublé le nombre de passagers sans faire véritablement d’efforts marketing », explique Catherine Lefebvre, qui a cofondé l’entreprise avec Sarah Bernard-Lacaille.

Leur concept : Navette Nature – NANA pour les intimes – organise un transport par autobus à prix fort abordable vers différents parcs nationaux, que ce soit celui de Mont-Tremblant, de Saint-Bruno, du Mont-Orford, etc.

Le départ se fait tôt le matin à partir du centre-ville de Montréal, et le retour en fin de journée. Sur place, les gens pratiquent les activités qu’ils veulent, que ce soit de la marche en montagne, du kayak ou juste de la relaxation au bord d’un lac.

Catherine travaillait comme étudiante au centre Infotouriste au centre-ville de Montréal quand elle a constaté l’absence de service de transport vers les espaces naturels aux alentours de la métropole.

« Les touristes qui veulent découvrir les attraits de la région n’ont pas toujours envie ou la possibilité de louer un véhicule. Il y a aussi les Montréalais sans voiture qui représentaient une clientèle cible. De là l’idée de créer un service de transport pour rendre ces endroits plus accessibles. »

Catherine a convaincu son amie Sarah de se lancer dans l’aventure avec elle.

« On avait chacune un emploi, et on se disait qu’on serait capables de mener les deux activités de front pendant quelques années puisque, au départ, l’entreprise était en activité durant les week-ends seulement, de juin à octobre. Erreur... »

Bilan positif

Face à la demande, les deux associées n’ont pas eu le choix de revoir leur plan de match. Catherine a démissionné l’an dernier de son poste de représentante commerciale chez Ryder, une entreprise de location de camions, pour se consacrer à temps plein au développement de l’entreprise.

À sa quatrième année d’activité, Navette Nature affiche un bilan très positif, ayant transporté près de 4000 personnes vers ses différentes destinations depuis janvier dernier. La saison automnale, « qui est toujours la plus forte », s’annonce fort achalandée avec le lancement de nouvelles routes gourmandes vers des vergers et des vignobles des régions de Rougemont et des Laurentides.

Selon les prévisions, NANA aura transporté près de 6000 personnes en 2019, soit le double de l’année précédente.

Nombreux projets

Autre nouveauté : le transport vers les parcs nationaux de la Sépaq aux alentours de Montréal en hiver, de janvier à mars. De saisonnière, Navette Nature devient ainsi une entreprise qui est active à l’année, sauf pour une « pause » en novembre et en décembre. Les deux associées en profitent alors pour plancher sur leurs nombreux projets : offrir de nouvelles destinations, développer de nouveaux segments de clientèle, comme les touristes d’affaires, et avoir sa propre flotte d’autobus.

« On évalue plusieurs options, dont celle de se procurer des autobus électriques. Le hic, c’est que les subventions gouvernementales sont offertes pour le transport scolaire seulement », explique Catherine.

Actuellement, NANA loue des autobus jaunes pour transporter les utilisateurs.

« Avoir nos propres autobus nous permettrait de leur offrir un niveau de confort supérieur et de transporter des vélos, une demande à laquelle on ne peut répondre pour le moment. » Comme entrepreneure, Catherine convient qu’il y a beaucoup à faire et que la courbe d’apprentissage est abrupte. « Il faut user de son système D ! »

Ce qui la comble ? « Sarah et moi, on a la possibilité de partager notre passion pour la nature avec des milliers de gens. Ils sont régénérés. Je le vois dans leurs yeux quand ils montent dans l’autobus au retour. »

Son parcours

  • Catherine Lefebvre, 28 ans
  • Baccalauréat en Relations internationales et droit international, UQAM, 2013
  • Représentante des ventes, Ryder, 2015 à 2018
  • Cofondatrice de Navette Nature, 2016

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

« D’établir des partenariats avec de grands joueurs du domaine touristique comme la Sépaq ou Tourisme Montréal. L’union fait la force... »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

« Avoir attendu pour faire une demande de permis de transport de passagers. On savait que le processus serait long et difficile, on s’est freinées nous-mêmes. Mais c’est ce qui nous permettrait d’avoir nos propres véhicules. »