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Une salle d’accouchement sera fermée jusqu’à lundi

La pénurie d’infirmières est trop dangereuse pour les patientes enceintes

La salle d’accouchement de l’hôpital de Saint-Eustache est fermée jusqu’à lundi en raison de la pénurie de personnel qui compromet la qualité des soins. Les femmes qui doivent accoucher seront transférées à Saint-Jérôme et à Sainte-Agathe-des-Monts. 
Photo Pierre-Paul Poulin  La salle d’accouchement de l’hôpital de Saint-Eustache est fermée jusqu’à lundi en raison de la pénurie de personnel qui compromet la qualité des soins. Les femmes qui doivent accoucher seront transférées à Saint-Jérôme et à Sainte-Agathe-des-Monts. 

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La salle d’accouchement de l’hôpital de Saint-Eustache est fermée au moins jusqu’à lundi après-midi, en raison d’une pénurie d’infirmières, ce qui compromet la sécurité des patientes.

« C’est extrêmement préoccupant, on est dans une situation critique », avoue la docteure Josiane Ouellette, chef en obstétrique des médecins accoucheurs de l’hôpital.

« On ne peut pas prendre le risque qu’il arrive quelque chose », dit-elle.

Hier, la salle d’accouchement de l’hôpital de Saint-Eustache, sur la Rive-Nord, a été fermée de façon exceptionnelle. Jusqu’à lundi, les femmes qui peuvent être transférées de façon sécuritaire pour accoucher seront redirigées à Saint-Jérôme ou Sainte-Agathe-des-Monts, situés plus loin dans les Laurentides.

Or, les accouchements urgents seront faits par l’équipe en poste à Saint-Eustache, assure-t-on, et la pouponnière continuera d’être fonctionnelle.

« On demande quand même aux patientes de se présenter ici pour l’évaluation », dit la Dre Ouellette.

Épuisées et inquiètes

« C’est une mesure exceptionnelle, de dernier recours, confirme la Dre Lynda Thibeault, directrice des services professionnels au Centre intégré de santé et de services sociaux des Laurentides. Par contre, on l’a prise de façon préventive. On a écouté les équipes. Elles sont inquiètes, épuisées. »

Le problème de pénurie d’infirmières perdure depuis des années dans ce département. En 2017, Le Journal avait rapporté que des patientes en plein travail avaient dû être transférées en ambulance.

Ainsi, la décision de fermer l’unité a été prise après plusieurs jours de réflexion, nous dit-on.

« Pour qu’on en soit rendu là, c’est qu’on a essayé de penser à autre chose », souligne la Dre Ouellette.

Selon la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), 23 infirmières ont quitté leur poste depuis un an. Actuellement, 42 des 112 postes sont vacants.

« Il y a des gens qui postulent, mais ils ne restent pas parce que ça n’a pas d’allure », dit Denis Provencher, président par intérim de la FIQ pour les Laurentides.

Selon lui, le problème actuel est l’organisation du travail, qui fait fuir les recrues et oblige celles qui restent à faire des heures supplémentaires.

À réévaluer

« On presse le citron, ça n’a plus de sens. C’est un épuisement collectif », ajoute la Dre Ouellette.

D’après elle, une patiente en plein travail a dû être transférée dans la nuit de jeudi à vendredi. Or, aucun incident grave n’a été répertorié à ce jour.

Lundi matin, la réouverture de l’unité sera examinée par la direction.

« On va évaluer la situation et essayer de mettre en place des mesures supplémentaires en amont », dit la Dre Thibeault.