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Un appartement laissé dans un état dégoûtant

Des excréments d’animaux, des boules de poils et de la nourriture séchée ont souillé l’endroit

Appart dégueu
Photo Antoine Lacroix Le propriétaire de l’appartement, Pasquale Di Staulo, se tient au milieu de la pièce laissée dans un état dégoûtant.

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Un propriétaire d’appartement montréalais est dégoûté après le départ de deux locataires qui ont laissé derrière eux une pièce complètement saccagée, qui devra être nettoyée pour environ 2500 $.

« Ils avaient promis qu’un nettoyeur viendrait le dimanche après leur départ. Évidemment, il n’est pas venu et depuis, pas moyen d’avoir des nouvelles d’eux. C’est vraiment fâchant », soupire Pasquale Di Staulo, qui espère qu’il ne se retrouvera pas à payer de sa poche pour les dégâts.

Après quatre ans à habiter dans l’appartement au-dessus de celui de M. Di Staulo dans le quartier Saint-Michel sans avoir fait de vagues, le couple a décidé de partir à la mi-août. C’est tout juste avant leur départ que le propriétaire a fait la désagréable découverte.

Odeur nauséabonde

C’est avec un profond dégoût qu’il a constaté l’état lamentable dans lequel ses deux anciens locataires ont laissé une pièce, où leurs cinq chats cohabitaient. Excréments, boules de poils et nourriture séchée bien collée au sol et le divan abandonné donnaient des nausées.

Des excréments, boules de poils et nourriture sont collés au plancher d’une pièce de l’appartement.
Photo Antoine Lacroix
Des excréments, boules de poils et nourriture sont collés au plancher d’une pièce de l’appartement.

Au passage du Journal, l’odeur pestilentielle a vite été remarquée, même avec la porte fermée.

Il était impossible de rester plus de quelques minutes dans la pièce, tant la puanteur est insupportable.

« Surtout l’été, il y avait des petits problèmes d’odeur et ils nous répondaient qu’ils avaient oublié de faire la litière. Mais c’était impossible de s’imaginer que c’était terrible à ce point, raconte M. Di Staulo. Mon plus grand regret dans tout ça, c’est que je ne suis jamais monté pour voir, je leur faisais confiance. »

« Toutes sortes d’excuses »

Alors qu’ils n’étaient pas encore partis, Pasquale Di Staulo a voulu s’assurer auprès de ses locataires qu’ils allaient arranger le tout.

« Ils me sortaient toutes sortes d’excuses. Au départ, ils ont assuré qu’ils s’en chargeraient eux-mêmes. Après ils ont parlé d’un nettoyeur qui viendrait. Ça semblait compliqué, mais j’ai vraiment cru qu’ils s’en occuperaient », indique l’homme de 69 ans.

C’est avec l’absence de réponses de leur part qu’il a compris que le problème était maintenant entre ses mains.

« J’ai entamé des démarches auprès de la Régie du logement, on va voir ce que ça va donner. Ça fait 35 ans que j’habite ici et 35 ans que je loue cet appartement, je n’avais jamais eu de problèmes auparavant », laisse tomber M. Di Staulo.

Il s’est tourné vers l’entreprise Qualinet pour avoir une estimation du coût du nettoyage et on lui a indiqué que la facture pourrait tourner autour de 2450 $ en raison de l’étendue des dommages.

Dépôt de sécurité

« Et ce montant-là n’inclut même pas le plancher flottant, précise-t-il, découragé. Ils ne savent pas encore à quel point les dégâts l’ont affecté, donc c’est seulement une fois les travaux terminés qu’ils auront une meilleure idée. »

Pasquale Di Staulo estime que c’est pour des situations semblables qu’un dépôt de sécurité pourrait être très utile pour les propriétaires, une pratique qui est présentement illégale dans la province.

Ses propos font écho à des changements qui sont demandés depuis de nombreuses années, notamment par la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec.

« Je vais probablement me ramasser à devoir tout payer et je ne suis même pas près de revoir mon argent. En plus, ils me doivent l’équivalent de huit mois de loyer », s’indigne le propriétaire.

Le Québec est un des seuls endroits qui interdit d’exiger un tel dépôt. C’est permis en Europe et dans le reste du Canada.

« Selon moi, le minimum réaliste serait de pouvoir demander au moins l’équivalent d’un mois de loyer, juste en cas de sûreté. Si ce n’était que de moi, ça serait trois mois, mais je crois qu’il faut demeurer réaliste », affirme M. Di Staulo.