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Une initiative pour la vue des enfants

Près de 100 000 écoliers pourront recevoir un test de dépistage gratuitement cette année

Un examen de la vue pour commencer l’école
Photo courtoisie, David William/Fondation des maladies de l’œil Sur la photo, l’optométriste Valérie Lavoie en compagnie de la jeune Charlie Pelletier, cinq ans, à l’école Marguerite-Bourgeois, à Québec.

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Apprendre sans même voir convenablement : c’est encore la réalité de trop d’écoliers québécois, déplore la Fondation des maladies de l’œil. Une situation qu’elle espère renverser en déployant un programme de dépistage sans précédent.

Même si l’examen de la vue est couvert par la RAMQ jusqu’à l’âge de 17 ans, seulement 20 % des enfants, en moyenne, ont vu un professionnel de la santé des yeux avant d’entrer à l’école primaire, selon la Fondation.

Celle-ci se rend depuis 13 ans dans les écoles primaires, surtout dans les milieux défavorisés, pour offrir des tests de dépistage. Lors de ces visites, en moyenne, un enfant sur 10 souffre d’un trouble oculaire « urgent », évalue Steeve Lachance, directeur général de l’organisme.

« Ce qui veut dire que ça presse, que l’enfant, peut-être, est en 4e année et ne voit rien, est myope comme une taupe. Ça, en 13 ans, on en a vu un puis un autre », déplore-t-il.

C’est pourquoi la Fondation des maladies de l’œil se réjouit d’un programme d’envergure qui sera mis en place incessamment dans les écoles primaires du Québec.

Le gouvernement du Québec lui a en effet accordé une aide financière de plus de 15 millions $ sur trois ans pour étendre son projet de dépistage à toutes les classes de maternelle de la province, ce qui représenterait entre 90 000 et 100 000 enfants de quatre et cinq ans.

Pour le moment, plus de 1000 écoles, sur les quelque 2100 établissements que compte le territoire québécois, se sont inscrites au programme « À l’école de la vue ».

« Ce type d’initiative pour la santé visuelle, on n’a jamais vu ça au Québec », soutient M. Lachance.

Sensibilisation

À la différence de plusieurs projets similaires en Amérique du Nord, ce sont des optométristes professionnels qui rencontreront un à un les enfants, munis de différentes chartes et même d’un autoréfractomètre portatif.

Le test ne remplace pas un examen de la vue complet en clinique, mais offre tout de même « une très bonne indication », selon Steeve Lachance.

Le programme a aussi pour objectif de sensibiliser les parents à l’importance de la santé visuelle chez les jeunes écoliers.

Les troubles oculaires non diagnostiqués peuvent amener une fatigue visuelle ou être un véritable frein à l’apprentissage dans les cas les plus graves. Parfois, ils peuvent aussi causer des problèmes de concentration et de comportement.

Une première phase du programme a déjà permis de soumettre 4135 enfants au dépistage dont 30 % ont été dirigés dans une clinique, le printemps dernier.