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Canadien: «les joueurs ont tous peur de parler» - Stéphane Richer

Canadien: «les joueurs ont tous peur de parler» - Stéphane Richer
CHANTAL POIRIER/JOURNAL DE MONTRÉAL/AGENCE QMI

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Georges Laraque l’a répété dernièrement à mon collègue Réjean Tremblay. Selon lui, plusieurs joueurs de la LNH, surtout des francophones, ne veulent pas venir jouer à Montréal à cause des médias. Or, à en juger par les propos tenus par Stéphane Richer, hier, le Canadien lui-même contribue à créer cette peur viscérale.

Il y a longtemps que les joueurs nous balancent des banalités à Montréal. Les directeurs généraux qui se sont succédé depuis Bob Gainey exhortent les joueurs à en dire le moins possible. Cette consigne fait en sorte que les joueurs sont devenus méfiants et carrément peureux.

Richer a plein d’anecdotes. Alors que Donald Beauchamp était vice-président aux communications – poste occupé par Paul Wilson depuis l’an dernier –, il s’est présenté un jour à une séance d’entraînement à Brossard.

« Donald m’a fait signe de monter sur la tribune de presse », de relater Richer.

« Berg [Marc Bergevin] a fait un drôle d’air en me voyant. Il ne veut pas voir d’anciens dans l’entourage de l’équipe. Je lui ai dit : “Calme-toi, je ne suis pas à la recherche d’un scoop. J’ai ajouté que j’étais venu voir Donald et il est parti à rire”. »

D’un extrême à l’autre

Tout le monde sait que Bergevin était le boute-en-train des nombreuses équipes avec lesquelles il a évolué. Il allégeait l’atmosphère dans le vestiaire.

On se rappellera la danse qu’il avait faite lorsque Dale Weise avait donné la victoire au Tricolore en prolongation lors du premier match des séries de 2014 à Tampa. La télévision avait montré les images en boucle aux infos, mais Bergevin était embarrassé le lendemain.

Ce n’était pas digne d’un directeur général, m’avait-il dit. Je lui avais répondu qu’au contraire, les amateurs avaient raffolé de sa réaction et que ça faisait du bien de voir un DG se laisser aller à ses émotions.

Pour une raison qu’il est seul à connaître, Bergevin a adopté une attitude austère. Il met constamment ses joueurs en garde contre les journalistes et un peu tout le monde.

« Les joueurs ont tous peur de parler », affirme Richer.

« Lors d’une soirée pour les abonnés de saison l’an dernier, la direction avait invité des anciens. Patrice Brisebois, Guy Carbonneau, Réjean Houle, Yvon Lambert et moi étions assis entre les joueurs dans le vestiaire.

« Marc [Bergevin] vérifiait quel joueur me parlait. Je lui ai dit : “Relaxe !” On a bâti ce building avant eux. Les autres joueurs ne parlaient pas fort. »

Encore hier matin, Richer a vu des choses qui l’ont désarçonné. « Va faire un tour en bas dans le vestiaire », m’a-t-il lancé.

« Les Finlandais sont ensemble dans un coin. Les joueurs ont leur cellulaire. Ils ne veulent pas monter. C’est triste à voir. »

Richer dit ne pas être en quête d’un travail, mais il aimerait bien pouvoir partager son expérience de la vie montréalaise d’un joueur du Canadien avec les membres de l’édition actuelle.

« Je me suis déjà assis devant un café avec Max Pacioretty », raconte-t-il encore. « Il connaissait mon histoire, mais il était tellement gêné et renfermé. Marc [Bergevin] était très content, cette fois-là, que j’aie pris le temps de discuter avec Max.

« J’aurais bien voulu parler aussi à Alex Galchenyuk. C’est tout un joueur de hockey, ce gars-là. »

Richer y va d’ailleurs d’une prédiction.

« Galchenyuk et P.K. vont affronter le Canadien quatre fois chacun cette saison », souligne-t-il.

« Ils vont faire perdre des points au Canadien. Ils vont être crinqués à mort. Ils vont tout faire pour gagner. »