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Drouin ne peut vivre pires moments que Richer

golf-Fondation des Canadiens
Photo Chantal Poirier L’ancien buteur étoile du Canadien Stéphane Richer était dans une forme splendide au tournoi de golf du Canadien, hier.

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Jonathan Drouin partageait un casier avec Stéphane Richer au chalet du Club de golf de Laval-sur-le-Lac, hier. Était-ce voulu ou une coïncidence ? Car lorsqu’on connaît l’histoire de Richer avec le Canadien, on voit certaines similitudes avec le cheminement de Drouin dans l’uniforme bleu, blanc, rouge.

Il s’agissait d’une deuxième rencontre en trois semaines entre les deux hommes. Ils s’étaient vus à l’occasion du tournoi de Serge Savard organisé au profit des étudiantes et étudiants athlètes de l’Université de Sherbrooke.

Ce jour-là, Richer en avait profité pour donner des conseils à Drouin. Il l’a peut-être encore fait hier. Mais c’était peut-être la dernière fois avant longtemps.

Les anciens joueurs du Tricolore n’ont pas accès au vestiaire de l’équipe, que ce soit au Centre Bell comme au centre d’entraînement à Brossard. C’est hors limite pour eux. J’y reviens dans l’autre texte qui paraît dans ces pages.

Profiter du moment

Qu’est-ce que l’ancien 44 du CH a raconté à Drouin ?

« Qu’il s’amuse et qu’il profite du moment présent, m’a dit Richer après s’être envoyé un bon déjeuner.

« Je lui ai ajouté que malheureusement ou heureusement pour lui, il n’y a pas beaucoup de joueurs québécois dans l’équipe et, que par conséquent, il se retrouve davantage sous les projecteurs et subit une pression accrue.

« Mais je lui ai fait valoir qu’il doit vivre pleinement l’expérience et réaliser la chance qu’il a de jouer pour le Canadien. Une carrière dans le hockey, ça va tellement vite ! »

De la gloire à l’angoisse

Richer a fait la sienne en deux temps. Il a joué d’abord 15 saisons, dont plus de sept d’entre elles avec le Canadien. Après une année sabbatique, il est revenu pour un dernier tour de piste, qui a duré deux ans.

À ses six premières saisons avec le Tricolore, il est passé de la gloire à l’angoisse. Il y a eu des jours où il se voyait partout sauf sur une patinoire. Il est descendu très bas. Il est allé jusqu’à penser qu’il n’y avait pas de place sur terre pour lui.

« J’ai dit à Jonathan que peu importe que tu sois critiqué ou jugé, tu ne le seras jamais comme je l’ai été dans ma carrière. Je lui ai souligné que j’étais plus jeune que lui et que, dans mon cas, on s’en était pris à moi sur un plan personnel. »

Le plus maltraité de tous

En plus des nombreuses critiques qui portaient sur son rendement, Allo Vedettes avait publié une histoire qui avançait qu’il y avait une romance entre Richer et Roch Voisine. C’était bas et mesquin.

Tout le monde lui tapait dessus pour la moindre chose. Des enfants, sans doute influencés par le comportement de leurs parents, l’ont hué un dimanche après-midi, lors d’une séance d’entraînement publique au Forum. Richer était le « punching bag » du Québec.

Aucun joueur du Canadien n’a été aussi maltraité que Richer. C’était épouvantable.

De quoi avoir honte !

« Je n’avais que 19 ans à mon arrivée, a-t-il continué.

« Dans des conversations que j’ai eues avec Réjean Tremblay et Yvon Pedneault au fil des années, ils m’ont dit : “On te picossait et tu avais juste 20 ans.”

« Quand j’ai vu Larry Robinson au tournoi de Serge Savard, on a parlé de cette époque. Larry m’a rappelé que tout le monde me voyait comme si j’allais être la prochaine vedette du Canadien. Puis, il m’a lancé qu’autant pour le meilleur que pour le pire, j’avais marqué 50 buts. »

Richer ne l’a pas fait seulement une fois. Il a réussi l’exploit à deux reprises, la première fois à 21 ans, puis deux ans plus tard à 23 ans. C’était bien avant que Drouin ne voie le jour.

Roy et Robinson y sont passés

Drouin a pris ses informations au sujet de la carrière de Richer. Il le lui a dit.

« J’ai dit à Jonathan que Patrick Roy, le meilleur gardien de l’histoire du hockey, a traversé des épreuves personnelles difficiles durant ses années avec le Canadien », a ajouté Richer.

« Larry Robinson, le plus grand défenseur de l’histoire du Canadien, a été hué à ses dernières années à Montréal. Les gens le disaient lent et au bout du rouleau. C’était vraiment triste d’entendre ça.

« J’ai dit à Jonathan de ne pas s’en faire. Je lui ai dit : “Joue au hockey, c’est ça ta vie. Tu possèdes la sécurité financière, tu es millionnaire. Amuse-toi.” »

Richer a pris conscience de tout ça à son deuxième séjour avec le Canadien. Il avait atteint la trentaine à son retour à Montréal.

« J’ai réalisé la chance que j’avais de jouer devant ma famille, mes partisans et les Québécois. »

Les paroles de Richer venaient droit du cœur. Il a toujours parlé avec ses tripes. Phillip Danault, Charles Hudon et Drouin ressentent probablement le même sentiment d’appartenance.

On a beau dire qu’il ne faut pas vivre dans le passé et que les temps ont changé, ce que le Canadien faisait autrefois était bon. À la fin, la remontée de cette organisation passe peut-être par une plus grande représentation québécoise.

À bon entendeur, salut !

 

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