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La «congédieuse»

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Geneviève Guilbault a des traits communs avec André Lamontagne, le ministre de l’Agriculture... et peut-être même avec Donald Trump!

Ministre de la Sécurité publique, Mme Guilbault semblait ravie lundi de préciser ceci : «Des gens ont quitté [mon cabinet] dans les dernières semaines parce que je les ai congédiés.» Boum! «You’re fired», comme le disait Trump dans son ancienne vie de vedette télé (rappelé avec un sourire à La Joute, lundi).

«Pas de filtre»

Il y a chez Mme Guilbault un petit côté direct et franc, «pas de filtre», enrobé dans une langue somme toute châtiée ; ce qui adoucit les angles, en apparence.

Premier exemple : quelques jours après le 1er octobre, conférence de presse de Mme Guilbault et Simon Jolin-Barrette.

Le conseil des ministres? Pas encore formé. Le projet de loi 21? Aucune ligne n’est encore rédigée. Les journalistes s’interrogent quand même sur les éventuelles conséquences d’une interdiction du port des signes religieux.

Mme Guilbault se lance : si elles «souhaitent maintenir le port du signe religieux », les personnes « vont faire le choix de ne plus occuper leur emploi». Viré!

Deuxième exemple. Nous sommes en avril 2019. Aux reporters qui la talonnent avec la question «mais qui donc fera appliquer la loi sur la laïcité si une autorité compétente refuse de le faire?», elle répond sèchement : «La loi, c’est la loi... les gens vont aviser les services policiers.» Voile, kippa, croix de bois, etc.? Appelez le 911!

Or, ce rappel du principe «dura lex, sed lex» était à côté de la plaque. Le projet de loi 21 ne relevait ni du droit criminel ni du droit pénal. La police n’avait rien à faire là-dedans. De la part de la ministre de la Sécurité publique, c’était «malaisant».

François Legault n’avait d’ailleurs vraiment pas apprécié, et avait recadré publiquement sa ministre.

Qui congédie?

Quant au trait commun avec M. Lamontagne? Le ministre de l’Agriculture s’était plu à dire, en janvier, «je l’ai personnellement autorisé» au sujet du congédiement du fonctionnaire agronome Louis Robert, qui avait coulé de l’information aux médias.

En fait, un ministre ne congédie ni n’embauche, avait-on rappelé à M. Lamontagne ; c’est le boulot du sous-ministre en titre. M. Lamontagne s’était donc rétracté.

Il y a une erreur du même type dans le cas de la déclaration de Mme Guilbault de lundi : techniquement, c’est le chef de cabinet du premier ministre — ici Martin Koskinen — qui choisit ou congédie les chefs de cabinet des ministres. Ces derniers sont des employés du premier ministre d’abord et avant tout.

Enfin, les turbulences dans le cabinet de Mme Guilbault font-elles d’elle la responsable absolue des turbulences dans le monde policier? Ça n’aide certainement pas, mais elle est loin d’être l’unique responsable. Nuance!

Au reste, il est normal qu’après près d’un an, des équipes de conseillers qui ont été formées dans la précipitation après la victoire de la CAQ, un parti sans réseau qui n’avait jamais gouverné, traversent une période d’ajustement.

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