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La recette magique d’Andrew Scheer

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 Dans sa lutte électorale à finir contre Justin Trudeau, le chef conservateur Andrew Scheer a promis de rééquilibrer le budget fédéral d’ici 2024, s’il est porté au pouvoir le 21 octobre prochain. 

 Mais avec quelle recette pourra-t-il réussir à effacer en cinq ans le lourd déficit fédéral, alors qu’il promet des cadeaux fiscaux additionnels, tout en ne coupant pas dans les programmes de transferts d’argent aux personnes (aînés et enfants) et aux provinces ? 

 J’espère que d’ici la fin de la campagne électorale, Andrew Scheer nous présentera les « dessous » de son futur budget conservateur équilibré. 

 Cela nous permettrait de voir concrètement où le « futur » gouvernement Scheer entend effectuer des compressions de dépenses ou hausser les revenus de taxes et d’impôts pour pouvoir équilibrer son budget d’ici la fin d’un premier mandat. 

 DU RÉALISME, SVP 

 Pourquoi je parle de compressions de dépenses et de hausses de revenus ? Parce qu’il est impossible d’équilibrer le budget fédéral d’ici 2024 sans l’une ou l’autre des mesures, ou les deux à la fois. 

 Il faut être réaliste compte tenu de la récente mise à jour des « Perspectives économiques et financières » que le Bureau du directeur parlementaire du budget (DPB) a mise à la disposition de tous les partis politiques et du grand public en vue des prochaines élections fédérales. 

 Grâce à cette mise à jour du DPB (organisme fédéral indépendant), on retrouve une solide projection de la progression des revenus et des dépenses du gouvernement fédéral pour les dix prochaines années, laquelle progression tient compte des mesures budgétaires en vigueur et des perspectives économiques. 

 DANS 5 ANS 

 Ainsi, le DPB prévoit que le déficit fédéral s’élèvera à 9 milliards de dollars à la fin de l’exercice financier 2024-25 alors que les revenus atteindront 408,5 milliards $, à comparer à des dépenses de 417,4 milliards $. 

 Par rapport à l’exercice financier 2019-20 en cours, les revenus auront ainsi progressé de 20,9 % et les dépenses de 16,4 %. 

 Jusqu’à présent, Andrew Scheer a promis de couper la TPS sur la facture de la consommation résidentielle d’énergie, ce qui comprend notamment notre facture d’Hydro. Le coût de cette mesure : 1,63 milliard $ en 2024-25. 

 Le chef conservateur entend offrir un crédit d’impôt non remboursable pour prestations parentales et prestations de maternité. Facture annuelle : environ 714 millions $. 

 Avec ses deux seuls cadeaux fiscaux, les dépenses fédérales grimpent déjà de 2,3 milliards $. 

 Ainsi, l’écart budgétaire en 2024-25 passe à 11,3 milliards $. 

 Vu sa promesse de ne pas toucher aux transferts d’argent aux provinces en matière de santé et de services sociaux, il faut regarder ailleurs pour trouver les fonds requis à l’équilibre budgétaire. 

 Peut-il couper dans la fonction publique fédérale ? Comme les dépenses en cinq ans vont à peine augmenter de 5,2 % dans les ministères et services fédéraux, ce serait assez surprenant. 

 Coudonc, Andrew Scheer osera-t-il couper dans les 24 milliards $ de péréquation que le fédéral projette verser en 2024-25 et dont les deux tiers (plus de 15 milliards de dollars) iraient dans les goussets du Québec ? 

 À moins de faire une croix sur l’équilibre budgétaire, qui sera frappé par une hausse de taxes et d’impôts ?