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Le Diamant livre ses promesses

Robert Lepage
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Robert Lepage

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Comme journaliste, puis chroniqueuse politique, j’ai été aux premières loges de la saga ayant entouré la réalisation du Diamant, un lieu qui livre bien plus encore que ses promesses.

Contre vents et marées, Robert Lepage a dû non seulement persévérer, mais y croire dur comme fer, pour parvenir à obtenir son fameux théâtre.

Le génie créateur de Québec, qui jouit d’une renommée internationale, rêvait depuis 20 ans d’un lieu de diffusion pour les créations de sa compagnie, Ex Machina.

Et celui qui a l’habitude de parcourir la planète pour présenter ses œuvres ne voyait pas d’autre endroit que sa ville pour l’y aménager.

En 2004, le maire L’Allier a demandé à Robert Lepage s’il ne serait pas inspiré pour aménager le tunnel sous l’autoroute Dufferin-Montmorency.

L’idée d’un studio de production a germé, pour se transformer au fil des ans en cette salle de spectacle unique qui permettra de découvrir ou redécouvrir les créations prodigieuses de M. Lepage, et bien d’autres œuvres.

On y présentera même de la lutte, que l’artiste affectionne et qu’il conçoit «comme le théâtre dans sa forme la plus brute».

«On n’a absolument pas l’intention d’éclipser d’autres projets et équipements culturels. Ce n’est pas l’implantation d’un nouveau wagon. C’est une locomotive qui va amener la culture à Québec dans le 21e siècle», avait assuré M. Lepage en 2015, lors d’une énième annonce concernant le projet.

Pièce magistrale

Cette locomotive tire en effet très fort, à en juger par les commentaires positifs entendus dimanche, lors d’une représentation d’un véritable chef-d’œuvre, Les sept branches de la rivière Ota, premier projet réalisé par Robert Lepage pour son entreprise Ex Machina.

Quoi de mieux que cette pièce magistrale s’étalant sur sept heures en incluant les entractes – sans aucune longueur –, pour découvrir les lieux?

Il y a franchement de quoi être fier, et c’est précisément cette expression qui pouvait se lire sur les visages, dimanche. Québec a de nouveau son quartier des spectacles, comme jadis.

Apport de M. L’Allier

Lors de l’inauguration du Diamant à la fin d’août, au lieu de s’attribuer le crédit comme bien des politiciens auraient été tentés de le faire, le maire Régis Labeaume a tenu à rendre hommage à Jean-Paul L’Allier.

Il a salué sa vision relativement à ce projet culturel, mais aussi pour bien d’autres, comme le Palais Montcalm. Il a souligné son courage.

«Et souvenez-vous, parce qu’il faut le mentionner, parlant de courage, à l’époque, l’environnement ici était souvent toxique. Il faut se le rappeler parce que c’est une réalité, ça vit encore un peu aujourd’hui, mais bon, oublions ça.»

Ça m’a fait penser qu’à l’heure où il crachait sur tous les projets de Québec, soucieux de plaire à une certaine clientèle, François Legault avait maintes fois promis de mettre le Diamant sur la glace.

Heureusement, libéraux et péquistes, alors au pouvoir, ont tour à tour appuyé le projet, bien qu’il y ait eu un moment de purgatoire après que M. Lepage eut appuyé publiquement Pauline Marois, qui avait été battue aux élections.

Faire grandir la société

Pour un politicien, être visionnaire ça ne signifie pas d’aller là où le vent nous porte, mais plutôt de savoir flairer les opportunités pour faire grandir la société, pour servir le bien commun.

Le Diamant était l’une de ces opportunités qui, j’en suis convaincue, n’aurait jamais vu le jour si elle avait plutôt germé en cette ère populiste qui s’est depuis mise en branle.

 

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