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CH : un gouffre entre les joueurs actuels et les anciens

CH : un gouffre entre les joueurs actuels et les anciens
Photo d'Archives, Martin Chevalier

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Le Canadien de Montréal devrait-il laisser ses anciens joueurs se rapprocher davantage de ses actuels porte-couleurs?  

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Le dernier ayant marqué 50 buts avec l’équipe en une saison, Stéphane Richer, n’en doute pas et il regrette qu’il n’y ait pas vraiment de pont entre les nouveaux et les anciens actuellement.  

Richer a marqué 421 buts dans la Ligue nationale (LNH). Victor Mete? Zéro. Pourtant, le jeune défenseur, qui disputera bientôt sa troisième saison dans la grande ligue, n’avait aucune idée de qui était Richer lorsqu’il l’a rencontré au tournoi de golf du Canadien, lundi. Les deux hommes se mêlaient à des partisans lorsque la scène cocasse s’est produite.  

«Je parle aux gars, je signe un bâton de hockey, tout le monde est content», a raconté Richer, mercredi, à l’émission "Les Partants" de la chaîne TVA Sports. À mes côtés, il y avait Victor Mete, et il ne savait même pas qui j'étais. Il se demandait pourquoi je signais des bâtons. C'est là que quelqu'un lui a dit que j'étais le dernier gars à avoir marqué 50 buts avec l'équipe. Là, il m'a regardé en ayant l’air de vouloir dire "je m'excuse".»  

«Premièrement, je ne pouvais pas le voir, il m'arrivait à peu près à la poitrine, a ajouté Richer. Je voulais bien le reconnaître, mais je ne l'avais pas vraiment reconnu non plus. On n'a même pas le lien comme tel.»  

Lorsqu’il était joueur du Canadien et qu’un ancien descendait dans le vestiaire du Forum pour venir discuter avec l’équipe, il savourait ces moments.  

«Quand j'étais à Montréal et qu'un gars comme Pierre Mondou arrivait un samedi matin à la pratique, ou que M. [André] Boudrias descendait pour venir jaser, je capotais, s’est-il souvenu. Ces gars-là ont marqué l'histoire.»  

«Les joueurs actuels n'ont pas droit à ça, a-t-il déploré. Ils finissent de pratiquer... ils sont comme des robots. Ils doivent parler aux journalistes, puis ils ferment la porte.»  

L'ère du vide  

Richer a aussi été surpris de constater que plusieurs joueurs des Canadiens semblaient mal à l’aise lors du tournoi de golf, un événement qui doit à priori être plutôt festif.  

«C’est la rentrée des joueurs, c'est supposé être plaisant, a-t-il insisté. C'est aussi la rentrée des journalistes, l'occasion de rencontrer les nouveaux joueurs. Les gens paient environ 8000 $ pour être dans un "foursome" en espérant se retrouver avec un joueur avec lequel ils passeront une belle journée.»  

«Les joueurs, on aurait dit qu'ils avaient peur. [...] C'est des partisans!, s’est-il exclamé. Ces gens-là paient beaucoup juste pour une journée de golf et tu voyais que tout le monde a l'air nerveux.»  

«J'étais dans un vestiaire en bas. [...] Je voyais les gars : personne ne voulait monter en haut. C'était comique. Tout le monde se trouvait une raison pour descendre en bas. Je voyais les Suédois ensemble, quelques anglophones ensemble.»  

Manifestement, la culture a changé.  

«Dans mon temps, quand MM. [Ronald] Corey et [Serge] Savard étaient là, et André Boudrias, il fallait être dehors, a observé l’ancien numéro 44. Il fallait aller rencontrer les gens, il fallait parler à nos partisans et c'était bien important.»  

Discussion avec Hudon  

Les joueurs auxquels Richer parvient à parler semblent apprécier ses conseils et ceux d’autres anciens. Ce fut notamment le cas de l’attaquant Charles Hudon.  

«Quand j'ai commencé ma partie de golf, le gars qui était assis à côté de moi, c'était Charles Hudon, a-t-il expliqué. Il a perdu 15-20 lb, il est tout content de son entraînement.»  

«Je lui ai dit "je sais que tu ne l'as pas eu facile l'an dernier, tu as été dans les estrades durant toute la fin de saison, que ç’a été dur d'attendre jusqu'à la fin pour avoir un nouveau contrat, tu deviens inquiet et tout, a souligné Richer. Mais profites-en. Peu importe le temps qu'il te reste dans la LNH, profites-en. Ça va tellement vite. Et tu es un Québécois, tu as la chance de porter l'uniforme du Canadien encore. Prend le bon côté, laisse le négatif de côté".»