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Lehouillier demande à Turgeon de s’excuser publiquement

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 Le maire Gilles Lehouillier demande des excuses publiques au directeur général du Conseil régional de l’environnement (CRE), Alexandre Turgeon, qui a qualifié le modèle de développement de la Ville de Lévis de «cancer».

 L’escalade verbale entre les deux hommes a atteint un autre niveau, mercredi matin, dans nos pages.

 «[Lévis], c’est le dernier exemple à suivre. C’est le tout-à-l’automobile. C’est des voleurs et des resquilleurs qui veulent refiler la facture à tout le Québec», a déclaré M. Turgeon, au sujet du projet de troisième lien. 

 Ce dernier avait été invité à donner la réplique au maire de Lévis qui avait lancé le bal, lundi, en pointant du doigt le CRE qui fait partie, selon lui, d’une «petite élite» de la capitale et de la métropole en mission pour faire dérailler le projet de tunnel sous-fluvial entre Québec et Lévis. 

 Outré par les propos de M. Turgeon, qu’il qualifie de «démagogue», Gilles Lehouillier estime qu’il n’a pas le choix de présenter ses excuses puisqu’il a insulté toute la population de la Ville de Lévis qui est «numéro 1 au Québec pour la qualité de vie», a-t-il insisté. 

 «Moi, je fais de la politique, j’ai été élu et il y a 90% de ma population qui appuie le troisième lien puis je me bats pour ça, mais je suis démocratiquement élu par ma population [...] Lui, il fait définitivement de la politique alors moi, je l’invite à mettre sa face sur un poteau et à se présenter aux prochaines élections municipales», a réagi le maire de Lévis, en marge d’un point de presse au chantier Davie. 

 «Quand on vient me dire qu’on a le plus mauvais modèle de développement, je suis prêt à inviter M. Turgeon chez-nous puis avec nos urbanistes, on va lui présenter le plus beau modèle de développement durable qu’il n’a jamais vu au Québec», a renchéri le maire, qui s’interroge sur l’intérêt véritable des groupes de pression comme le CRE. 

 «Les citoyens ont le droit de le savoir... Ce sont des organismes qui sont financés par l’État, qui obtiennent des contrats des villes et des communautés métropolitaines. Alors je m’attends de ces gens-là qu’ils nous disent à quelle enseigne ils logent.»

Turgeon persiste et signe

Nullement repentant, Alexandre Turgeon assume totalement ses propos et en a même remis une couche mercredi après-midi. «À Lévis, on travaille à construire le pire (...) Pour nous, c’est l’exemple de ce qui se fait de pire en matière d’aménagement du territoire au Québec. Des élus comme ça, je les destituerais et je mettrais des villes en tutelle. De quoi je m’excuserais ? De leur dire leurs quatre vérités ? Non, je ne m’excuserai pas», a-t-il répliqué.

«Je ne veux pas en faire de la politique, ce n’est pas ma job, mais ma job, c’est de dire quand on fait des bons coups ou quand on n’en fait pas, au nom de l’intérêt public. Ce qu’on fait à Lévis va à l’encontre de l’intérêt public. On offre une qualité de vie médiocre et il y a des gens qui finissent par acheter ça parce qu’on ne leur offre pas d’alternative», a-t-il balancé.