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Un gin québécois... citron frais et tournesol

Nicolas Bériault, Dominic Proulx et Mathieu Caron avec leur alambic
personnalisé et les ingrédients qui composent leur Gin 3 Lacs.
Photo Agence QMI, Geneviève Quessy Nicolas Bériault, Dominic Proulx et Mathieu Caron avec leur alambic personnalisé et les ingrédients qui composent leur Gin 3 Lacs.

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Signe de la popularité renouvelée des spiritueux chez les Québécois, la Distillerie 3 Lacs, de Salaberry-de-Valleyfield, a lancé un produit audacieux il y a quelques semaines : un gin au citron frais et... au tournesol.

« Habituellement, ce sont les écorces de citron séchées qui sont utilisées dans le gin, mais nous, on a privilégié le citron biologique frais. Ça donne un gin très frais, toujours avec le genièvre bien en évidence. En finale, on a la rondeur et l’onctuosité apportées par le tournesol », explique Nicolas Bériault, l’un des trois propriétaires de la distillerie avec Dominic Proulx et Mathieu Caron.

Pour concocter ce gin original, ils ont formé une alliance avec une ferme locale, privilégiant le modèle de l’économie circulaire. « On utilise du tourteau, un résidu de l’extraction de l’huile de tournesol, qui est ainsi revalorisé », dit Dominic Proulx.

Pour les trois amis qui brassaient de la bière ensemble en amateurs, le projet de fonder une distillerie s’est mis à prendre forme après qu’ils aient suivi une formation en distillerie, à Chicago, en juin 2017.

Jeune industrie

« C’est bien lire des livres, mais il n’y a rien de mieux qu’un cours. Au Québec, l’industrie des spiritueux est jeune et cette culture n’est pas encore très développée. Il y a des petites formations ponctuelles, mais rien de tel que le Siebel Institute of Technology de Chicago », dit Nicolas Bériault.

L’aventure ne faisait que commencer. Tirés de leurs économies, les trois comparses ont investi 350 000 $, desquels 100 000 $ ont servi à la construction, sur mesure, de l’alambic de 750 litres, dont la conception s’est faite en Chine.

Betty

Nicolas Bériault s’est rendu jusque là-bas. « On a configuré l’alambic à distance. Après des centaines de courriels et d’échanges de croquis sur plusieurs mois, j’ai fait le voyage jusque là-bas pour constater que tout était conforme, avant qu’il soit démonté et mis sur des palettes pour être livré ici par bateau. »

Comme le veut la tradition, les distillateurs ont baptisé l’impressionnante machine de cuivre et d’acier inoxydable. « On a hésité entre Betty ou Dorothée, mais finalement ce sera Betty. Ce qui est certain c’est que c’est une fille », disent les trois distillateurs en rigolant.


► La Distillerie 3 Lacs, située au 597, rue Andrew, à Salaberry-de-Valleyfield, est ouverte à la visite tous les jeudis, pour visites et dégustations. Le gin est disponible à la SAQ.

 

D’autres gins faits au québec

Selon la Société des alcools du Québec, 51 gins sont aujourd’hui disponibles à la vente, un nombre qui a presque doublé depuis 2017, alors que l’on comptait 27 gins québécois.

  • Le Mugo, gin au pin montagnard et à l’argousier, Distillerie Mitis, Mont-Joli ;
  • Le Betchwan, au chaga et aromates de la Minganie, de la Distillerie Puyjalon, Havre-Saint-Pierre ;
  • Le Dandy Sloe, aux prunes Mont-Royal, de la Distillerie Domaine Lafrance, Saint-Joseph-du-Lac ;
  • Le Radoune, gin aux champignons sauvages, de la Distillerie O’Dwyer, Gaspé ;
  • Le Rocher Malin, gin à la bourrache et livèche, de la Distillerie Filles du Roy, Saint-Arsène ;
  • Le KM 12, aux épices boréales, Distillerie du Fjord, Monts-Valin ;
  • Les Herbes folles, gin aux herbes sauvages, Distillerie La Société secrète, Cap D’Espoir ;
  • Le Gin Sauvage, aux aromates de la forêt boréale, de Distilleries Cirka, Montréal ;
  • Le Marie-Victorin, gin au panais, de la Distillerie Les Subversifs, Sorel ;
  • Le St-Laurent, gin aux algues, de la Distillerie du St-Laurent, Rimouski.