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Rouge et Or c. Carabins: duel au sommet entre 2 géants

Encore invaincus, l'Université Laval et l'Université de Montréal s’affronteront samedi pour l’exclusivité du premier rang

L’entraîneur des Carabins, Danny Maciocia, affirme qu’un match contre le Rouge et Or revêt toujours un caractère spécial.
Photo d’archives, Agence QMI L’entraîneur des Carabins, Danny Maciocia, affirme qu’un match contre le Rouge et Or revêt toujours un caractère spécial.

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La fébrilité gagne les deux équipes à l’aube du premier duel au sommet entre le Rouge et Or de l’Université Laval et les Carabins de l’Université de Montréal prévu samedi dans la métropole.

Les deux équipes sont invaincues depuis le début de la saison et le vainqueur prendra l’exclusivité du premier rang. «On est toujours plus fébrile avant un match contre Montréal, a reconnu l’entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin. C’est un match hyper important, mais qui ne déterminera pas notre saison. Montréal a beaucoup progressé offensivement depuis le début de la saison et ça va être un bon défi. Leur attaque au sol était beaucoup améliorée contre McGill. C’est spécial de jouer au CEPSUM en raison de l’adversité, mais c’est le fun de se retrouver dans la peau des vilains et de vivre ce que nos adversaires vivent au PEPS.»

Bon défi

Danny Maciocia a aimé ce qu’il a vu de son unité offensive dans la victoire contre McGill, samedi dernier. «Ça va mieux, a résumé le pilote des Bleus. On vit toujours des moments plus difficiles au cours d’une saison et je suis convaincu que ça va nous aider à court ou à long terme. Contre Laval, il faut être prêt.»

La ligne défensive renouvelée et très jeune du Rouge et Or sera-t-elle en mesure de tenir le coup face à une offensive des Carabins qui a repris des couleurs? «Ça va être un bon test pour notre front défensif et nous aurons des réponses après le match, a mentionné Constantin. Je suis content de la progression de notre front, mais il y a encore du travail à faire. Quand tu affrontes des gars comme Kétel Assé et Samuel Thomassin à l’entraînement, c’est plus difficile pour nos joueurs de ligne défensive. Nos jeunes affrontent la meilleure ligne offensive au pays et il faut mettre les choses en perspective quand ça va moins bien. Je leur dis de ne pas se décourager et qu’ils vont progresser plus vite que n’importe qui parce qu’ils affrontent des gars comme Thomassin, Assé et Lefebvre, trois All Canadians, tous les jours. Montréal va courir le ballon. Nous avons une jeune ligne défensive et je m’essaierais moi aussi.»

Maciocia ne sous-estime pas la ligne défensive de ses rivaux. «Ils sont plus jeunes, mais ils sont dynamiques. Il y a plusieurs de ces jeunes que j’ai tenté d’amener à Montréal dans le recrutement. Ils ont accordé peu de verges et peu de points depuis le début de la saison. Le personnel est différent, mais les résultats sont les mêmes.»

Offensive différente

Parce qu’ils ont perdu plusieurs gros morceaux en offensive, notamment à la position de receveurs, les Carabins présentent un visage différent. «Nous n’avons pas de gros noms, mais tous les receveurs savent qu’ils peuvent avoir un impact, a expliqué Maciocia. Le but ultime pendant la saison morte était de s’assurer qu’on serait en mesure de bien distribuer le ballon. Nous avons apporté beaucoup de changements, notamment en amenant beaucoup de mouvement parmi nos receveurs, et cela a pris un peu de temps avant de voir les résultats, mais nous sommes dans la bonne direction.»

Macicocia tentera-t-il de tirer profit du fait que le quart-arrière Samuel Chénard disputera son premier match en carrière contre les Carabins? «Ce n’est pas un avantage pour nous, a assuré celui qui porte aussi le chapeau de coordonnateur défensif. Il a très bien performé depuis le début de la saison et il donne l’impression d’être un joueur calme. Il est dans le système depuis cinq ans. Cela dit, le Rouge et Or mise sur l’une des meilleures lignes offensives au pays et ils vont essayer d’établir leur attaque au sol afin que leur quart-arrière se retrouve dans des situations de deuxième essai et quatre ou cinq verges à franchir.»

De son côté, Constantin estime que Chénard n’a pas à porter l’équipe sur ses épaules. «Sam doit demeurer à l’intérieur de ses moyens et nous aurons besoin de la contribution de tout le monde.»

Rôle accru pour le porteur de ballon Ryth-Jean Giraud

Le front défensif du Rouge et Or, dont fait partie Adam Auclair (à gauche), a mis les bouchées doubles à l’entraînement cette semaine.
Photo Simon Clark
Le front défensif du Rouge et Or, dont fait partie Adam Auclair (à gauche), a mis les bouchées doubles à l’entraînement cette semaine.

Utilisé à toutes les sauces depuis le début de la saison, Ryth-Jean Giraud avait été prévenu que sa tâche allait augmenter.

«Ce n’est pas une grande surprise que j’occupe un plus grand rôle, a souligné le porteur de ballon numéro un des Carabins et retourneur des bottés d’envoi. On m’avait prévenu pendant la saison que mon rôle serait plus important et je me suis préparé en conséquence tant physiquement que mentalement. J’ai couru tout l’été pour arriver en pleine forme. C’est idéal pour moi si je peux avoir un impact sur les deux facettes.»

«Quand j’ai commencé à jouer au football, je voulais seulement évoluer comme receveur, de poursuivre le produit des Cheetahs de Vanier. Au fil des ans, j’apprécie de plus en plus la position de porteur de ballon.»

L’attaque terrestre des Carabins a connu sa meilleure sortie lors de son dernier match contre McGill. «Après le match contre Sherbrooke, les gars de l’unité offensive se sont rencontrés et on s’est dit les vraies affaires, a raconté Giraud. On était conscient qu’on devait mieux jouer. On est plus sérieux. Nous sommes maintenant tous sur la même page et nous sommes plus unis qu’en début de saison. Nous avons perdu des athlètes après la saison 2018 et il fallait créer une nouvelle image. Contre McGill, on a partagé les portées et ça me convient. Sous le radar, Kevin Dubois fait sa marque et il se fait connaître.»

Tout un athlète

Danny Maciocia n’a pas l’intention de réduire la tâche de Giraud. «Ce n’est pas trop lourd pour le moment, a indiqué l’entraîneur-chef des Carabins. Contre Laval, on en demande plus que d’habitude. Ryth-Jean est tout un athlète. Peu de joueurs sont en mesure de faire autant de choses que lui sur le terrain.»

Diversifier l’attaque pour espérer l’emporter

Marc-Antoine Pivin croit que son équipe devra miser davantage sur la passe contre les Carabins.
Photo Simon Clark
Marc-Antoine Pivin croit que son équipe devra miser davantage sur la passe contre les Carabins.

Si l’attaque terrestre du Rouge et Or a été dominante depuis le début de la saison, Marc-Antoine Pivin est conscient que le jeu aérien devra apporter une plus grande contribution étant donné que le front défensif des Bleus est beaucoup plus redoutable que ceux de Sherbrooke et de Concordia.

«Nous allons avoir besoin d’un bon équilibre entre la course et la passe, mais le jeu aérien sera plus sollicité que lors de nos deux premières parties, a souligné l’ailier espacé de 4e année. Nous avons un groupe de receveurs expérimentés et nous avons tous déjà joué au CEPSUM. Il s’agira d’une très bonne confrontation puisque les Carabins misent sur une ligne tertiaire expérimentée. Trois de leurs partants de 2018 sont de retour. Leur défensive est très bonne et c’est quasiment la même que l’an dernier alors qu’ils avaient connu une année très spéciale.»

Évaluation

Glen Constantin abonde dans le même sens.

«Je m’attends à un bon match de nos receveurs et il y a certaines facettes par la passe qu’on pourrait exploiter, a souligné l’entraîneur-chef du Rouge et Or. On a beaucoup de talent à la position de receveur qu’on doit exploiter. ll faudra avoir un bon équilibre et ne pas se retrouver en deuxième essai et long. Montréal possède un front très, très physique et on n’amassera pas 300 verges par la course, mais il faudra être capable de conserver un bon équilibre afin de garder leur défensive honnête.»

Kean Harelimana croit que le duel face aux Carabins donnera une meilleure idée où le front défensif du Rouge et Or se situe. «Ce match ne définira pas notre saison, mais il nous donnera une meilleure idée de notre progression et des aspects que l’on devra améliorer, a expliqué le secondeur de 3e année qui retrouvera son frère Brian qui évolue à la même position que lui avec les Bleus. Notre défensive est encore en développement et nous n’avons pas atteint notre maximum. Montréal est en avance au niveau de la cohésion parce que les Carabins misent sur plusieurs vétérans, mais nous allons dans la bonne direction. On peut être aussi bons que Montréal sinon meilleurs. On aura droit à un gros duel défensif.»

Maintenant habitué d’affronter son frère, Kean estime que c’est plus difficile pour les membres de la famille. «La famille est plus stressée, mais de notre côté on connaît l’envergure de ces parties et on sait à quoi s’attendre, a-t-il raconté. J’ai parlé à Brian ce matin (jeudi) et je vais lui reparler avant le match sur le terrain pour lui souhaiter bonne chance et qu’il réussisse de bons jeux, mais pas trop. C’est mon frère, mais c’est aussi mon meilleur ami.»

Harelimana adore se produire au CEPSUM. «J’adore évoluer dans un environnement hostile, a-t-il indiqué. L’énergie que dégagent les amateurs est contagieuse. L’intensité est plus grande dans ces parties contre Montréal. Comme vétéran, je dois m’assurer que tout le monde conserve son calme.»