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KPMG fera le bilan du vol de renseignements chez Desjardins

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Le Mouvement Desjardins a récemment mandaté le cabinet KPMG pour faire le post-mortem de la fuite de données qui a touché 2,9 millions de membres et d’entreprises, a appris Le Journal. L’objectif derrière cette démarche est d’améliorer les pratiques de l’institution financière afin de limiter les risques de vols de renseignements.


«Leur mandat est de réaliser une enquête à l’interne pour déterminer les causes de la fuite afin d’adopter de meilleures pratiques. On veut voir qu’est-ce qui a été fait et qu’est-ce qu’on peut tirer de cet événement», explique la porte-parole, Chantal Corbeil.


Pour l’heure, la coopérative de Lévis refuse de dévoiler le montant du contrat.

L’analyse, qui est toujours en cours, s’étendra dans différents secteurs de l’organisation, notamment du côté du marketing où travaillait l’employé soupçonné d’avoir dérobé les renseignements personnels. Il n’est toujours pas accusé.


Une leçon


Mercredi, de passage devant la communauté d’affaires de Québec, le président de Desjardins, Guy Cormier, est revenu sur cet incident qui a fait couler beaucoup d’encre durant l’été. Il estime aujourd’hui qu’on doit tirer une leçon de cet événement et qu’on doit songer à revoir le système d’identification des Canadiens.

«Je m’attends des partis (durant la campagne électorale) qu’on ait des gens qui reconnaissent que c’est un défi du 21e siècle. Le Canada versus d’autres pays à travers le monde n’est certainement pas un premier de classe en identité numérique. Je pense qu’on est capable d’aller encore plus loin», avance le grand patron.


Ce dernier estime qu’Ottawa pourrait s’inspirer, entre autres, «de l’Estonie, de la Norvège et de la Finlande» où de nouveaux systèmes d’identification numérique ont été mis sur pied. Une démarche qui nécessiterait toutefois des années de travail.


Durant son discours devant plus de 500 personnes, M. Cormier a rappelé que les numéros d’assurance sociale (NAS) ont été créés en 1964.

C’est pourquoi Desjardins a récemment formé un comité de travail pour se pencher sur des solutions pour obtenir des mécanismes adaptés à l’ère numérique ainsi que les bonnes pratiques à adopter. Le rapport devrait être rendu public en 2020.


Le comité comprendra des experts en technologie de l’information, des universitaires et des représentants du milieu.


Quant au fait qu’aucune accusation n’ait encore été portée concernant l’employé malveillant près de trois mois après l’annonce de la fuite, M. Cormier a réitéré sa confiance envers la Sûreté du Québec et le Service de police de Laval.


«J’image que le temps qu’ils prennent, c’est pour compléter une preuve adéquate pour être certain qu’on puisse avoir toute la vérité dans ce dossier», conclut-il.


Aujourd’hui, 35 % des victimes chez Desjardins se sont inscrites pour obtenir la protection avec l’agence de crédit Equifax.