/misc
Navigation

Quelle suffisance des gens de cinéma!

Coup d'oeil sur cet article

Même si la télévision est la plupart du temps le seul débouché de leurs films, les gens de cinéma snobent encore le petit écran.

Quels que soient les succès que remporte une série de télé, son réalisateur n’en tire que peu de notoriété. Sûrement rien de comparable à celle dont jouit un réalisateur de cinéma, dont le seul titre de gloire est souvent la présentation de son film dans un obscur festival.

Cette semaine, au Festival international du film de Toronto (qui se terminera dimanche), Cineplex, la plus importante entreprise canadienne d’exploitation de salles, a refusé qu’on présente les films de Netflix et d’Amazon dans son complexe du Scotia Theatre.

La direction a expliqué qu’elle ne veut pas être complice des producteurs qui ne présentent pas leurs films dans les salles avant de les diffuser à la télévision. L’an dernier, le Festival de Cannes avait créé la controverse en refusant de présenter Roma en compétition, le film n’ayant pas d’abord été présenté en salles comme l’exige un règlement désuet du festival.

RIEN N’EST SIMPLE EN FRANCE

Thierry Frémaux, le délégué général du Festival de Cannes, a dû s’en mordre les pouces, puisque Roma a remporté le lion d’or à Venise et trois Oscars à Hollywood, dont celui du meilleur film étranger. Comme rien n’est simple en France, le Festival de Cannes a accepté cette année qu’Amazon présente Too Old to Die Young, puisqu’il ne s’agit pas d’un long métrage, mais d’une minisérie de télé. Plus ridicule que ça, tu meurs !

Pendant ce temps à la Mostra de Venise, le plus vieux festival de cinéma au monde, on a présenté au début de septembre trois films de Netflix, dont deux en compétition officielle. Une décision que François Aymé, président de l’Association française des cinémas d’art et d’essai, a qualifiée de « véritable trahison ».

La décision de Cineplex ne me semble rien d’autre qu’un misérable baroud d’honneur. Il faudra bien que les propriétaires de salles comme les gens du cinéma finissent par se rendre compte que la télévision constitue le seul débouché pour la majorité des films.

UNE CHANCE QU’IL Y A LA TÉLÉ

Il faut aimer le cinéma en diable pour se rendre en salle où on se fait casser les oreilles par les bandes-annonces de films sans intérêt, par des messages publicitaires et des jeux-concours tonitruants, pendant qu’autour de soi, on mange du pop corn et que tout un chacun converse au cellulaire en attendant un film qu’on pourra bientôt voir à la télé pour une fraction du prix, dans la tranquillité de son foyer.

La plupart des longs métrages produits au Québec et au Canada ne justifient pas qu’on investisse des milliers de dollars pour une sortie en salles. C’est la même situation dans l’ensemble des pays qui subventionnent leur industrie cinématographique.

Téléfilm investit chaque année des millions dans la production de films et ne récupère que des miettes. L’organisme d’État serait mal venu de dépenser encore plus d’argent pour présenter des films dans des salles vides ou presque.

Loin de l’avoir en horreur, les gens de cinéma devraient remercier la télé à deux genoux. Sans elle, la plupart de leurs films n’auraient aucune audience.

Visitez qub.radio pour ne rien manquer de notre programmation quotidienne et de nos baladodiffusions