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«La démocratie brésilienne n’est pas en péril», selon un ministre

«La démocratie brésilienne n’est pas en péril», selon un ministre
Photo AFP

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RIO DE JANEIRO | Le ministre de l’Économie du Brésil, Paulo Guedes, a assuré vendredi que la démocratie n’était «absolument pas en péril» dans son pays, malgré les préoccupations de défenseurs des droits de l’homme.

«Notre démocratie n’est absolument pas en péril, ce sont les perdants qui disent ça (...) Sommes-nous une menace à la démocratie parce que nous travaillons dur ?», a affirmé l’un des hommes forts du gouvernement du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, lors d’une rencontre avec des correspondants de médias étrangers.

Début septembre, la Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, avait évoqué au Brésil «un rétrécissement de l’espace civique et démocratique, caractérisé par des attaques contre les défenseurs des droits de l’homme, des restrictions imposées au travail de la société civile».

«L’espace démocratique n’a jamais été aussi étendu (...) Et nous avons une démocratie dynamique, avec un pays dirigé aujourd’hui par des libéraux sur le plan économique et conservateurs sur le plan politique», a rétorqué Paulo Guedes, fervent ultra-libéral formé à l’école de Chicago.

«Avant, il y avait une corruption systématique et une grande intervention de l’État dans l’économie à cause de la succession de gouvernements de gauche. C’est comme si, aux États-Unis, il n’y avait que les Démocrates et plus les Républicains», a-t-il ajouté.

Interrogé sur la lenteur de la reprise économique après la récession historique de 2015 et 2016, avec une prévision de croissance de seulement 0,85 % pour 2019, Paulo Guedes a rejeté la faute aux gouvernements précédents.

«On me demande où en est la croissance après huit mois de mandat? Mais nous en sommes là à cause de décennies de dépenses publiques incontrôlées (...) La croissance est basse pour des raisons structurelles», a répondu le ministre, qui a séduit les marchés en promettant dès la campagne électorale une cure d’austérité et une série de privatisations.

«L’économie brésilienne est comme une baleine blessée par une série de harpons. Nous sommes en train de retirer les harpons un à un, en contrôlant les dépenses, en ouvrant l’économie et en simplifiant la fiscalité», a-t-il ajouté, prévoyant le retour d’une croissance soutenue vers la fin du mandat présidentiel de quatre ans.

«La croissance va revenir. Nous savions que la première année serait très difficile, la deuxième devrait être un peu meilleure, grâce à nos réformes, on devrait décoller lors de la troisième et s’envoler lors de la quatrième», a affirmé le ministre, sans donner de prévision chiffrée.