/sports/others
Navigation

Vétérinaires au service des bêtes

Le Festival western de Saint-Tite assure prendre au sérieux la santé des animaux participants aux rodéos

Coup d'oeil sur cet article

SAINT-TITE | Pendant que des opposants s’insurgent du traitement réservé aux animaux du Festival western de Saint-Tite, des vétérinaires affirment avoir un oeil sur les bêtes.  

Deux vétérinaires inspectent visuellement les chevaux, taureaux, veaux et compagnie dans les écuries du festival, puis retournent les voir dans les enclos de l’arène, une heure ou deux avant les rodéos. Les bêtes ne feront pas de compétition s’ils sont malades ou blessés, assure le Dr Yves Caron, conseiller bénévole pour l’événement de la Mauricie, que Le Journal a accompagné jeudi. 

Les examens sont plus poussés pour les chevaux qui participent aux compétitions d’agilité et de vitesse. Un test de boiterie est fait, le cœur et les poumons des chevaux sont écoutés, et leur température est prise, notamment pour éviter la propagation de maladies. 

Les propriétaires de tous les chevaux sans exception qui entrent en compétition au festival doivent fournir une preuve écrite que les animaux ne souffrent pas d’anémie infectieuse des équidés, une infection transmissible d’un cheval à un autre que le Dr Caron compare au sida.  

Il n’y a pas de consultation vétérinaire d’emblée après les épreuves, mais il peut y en avoir au besoin. Deux vétérinaires assistent d’ailleurs à chacun des rodéos.  

Nombre de fois qu’un animal est utilisé dans une discipline pour tout le festival   

  • Chevaux de rodéo : 2 utilisations 
  • Veaux : 2 utilisations 
  • Bouvillons : jusqu’à 3 utilisations 
  • Taureaux : jusqu’à 3 utilisations  

 

L’organisation loue   

  • 120 chevaux 
  • 80 taureaux 
  • 60 bouvillons une quarantaine de veaux pour l’événement    

 

Tests antidopage aléatoires  

Il peut arriver encore aujourd’hui que des animaux loués par le Festival western de Saint-Tite soient déclarés positifs aux tests antidopage, mais c’est moins fréquent qu’autrefois, selon le vétérinaire Yves Caron, qui n’avait toutefois pas de chiffres en main.  

Seize bêtes, soit deux par discipline, sont choisies au hasard pendant l’événement pour ces tests. Les vétérinaires prélèvent des échantillons sanguins après les rodéos.  

Trois fioles sont nécessaires par animal, puis les échantillons anonymes sont envoyés à un laboratoire privé à Burnaby, en Colombie-Britannique. 

Les tests visent notamment à détecter la présence de certains anti-inflammatoires qui pourraient masquer des blessures.  

« Si tu lui donnes quelque chose pour améliorer ses performances ou pour masquer quelque chose, tu risques sa santé. Tu vas te tirer dans le pied si tu fais ça. S’il se blesse davantage, tu vas tout perdre », précise le vétérinaire.  

La moitié du pointage d’un rodéo revient à l’animal, l’autre au cowboy. Les bêtes et les athlètes sont jumelées au hasard. Si un animal gagnant obtient des résultats positifs au test, aucune bourse ne sera donnée pour la performance. S’il n’a pas gagné, son propriétaire devra payer une amende de 500 $ au festival, selon le Dr Caron.  

La bête pourra être inscrite au festival l’année suivante, mais seulement si la dette a été payée.  

Des disciplines controversées  

 Le docteur Yves Caron rappelle que les animaux utilisés dans la prise du veau au lasso ne sont pas choisis au hasard, mais qu’ils proviennent d’élevages spécifiquement destinés à ce sport. Il ne faut pas comparer un veau de boucherie à un veau de rodéo, selon lui.  

« Ils ont la génétique, la rusticité et la robustesse pour le faire », dit-il.  

 

Photo courtoisie, David Parent

Il tient des propos semblables pour le terrassement du bouvillon, une discipline qui consiste à attraper un jeune bœuf par les cornes, et lui tourner le cou jusqu’à ce qu’il tombe sur le côté (photo de David Parent). Le Dr Caron affirme d’emblée que les bouvillons ne tombent pas sur le côté de douleur, mais bien parce qu’ils perdent l’équilibre.  

« Ce sont des animaux coriaces. Ils ont des structures ligamentaires et osseuses qui sont faites pour supporter ce genre de manœuvres là », précise-t-il.  

 Les vétérinaires ne constatent pas de blessures, selon lui.