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Bruno Pelletier est étonnant lorsqu’il est sous influences

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Je sais, je sais. Moi aussi j’ai ronchonné en me penchant sur la plus récente offrande du chanteur. « Oooouuuh ! Un disque de reprises orchestrales ? Comme c’est originaaaaal ! » (surtout que son hommage au septième art – Musique et cinéma [2014] – repose essentiellement sur la même proposition).

Bruno Pelletier - Sous influences

★★★

Photo courtoisie

Et pourtant !

Bien que souvent ambitieux, l’exercice de l’album de « covers » symphoniques est maintenant tellement commun que l’investissement derrière et la force du nombre (ici : Pelletier et l’Orchestre symphonique de Longueuil) ne suffisent plus.

Heureusement pour lui, l’interprète l’a bien compris.

Une sélection (un peu) pétée !

Évidemment, Pelletier y va de classiques du terroir comme Le chat du Café des artistes de Ferland, histoire d’appâter les mélomanes dès la levée du rideau (et, bien sûr, se faire plaisir), mais il lance également bon nombre de balles courbes fort appréciables, dont Que de Diane Dufresne (pas Le parc Belmont, pas J’ai rencontré l’homme de ma vie... Que !) et J’ai marché pour une nation de Pagliaro. À défaut d’entendre le fameux rockeur collaborer avec l’OSM – ce projet ayant été remisé –, on peut donc se consoler avec cette adaptation symphonique inattendue.

Avouons-le, c’est une sélection qui attise la curiosité.

Une voix tel un piège

Et c’est là que Pelletier captive. Justement.

27 ans après la parution de son premier album homonyme, l’interprète est toujours aussi en voix.

Ses fans vont donc adorer. Les autres, eux, pourraient se laisser prendre au piège... surtout sous influences.

Les Sœurs Boulay - La mort des étoiles

★★★★

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Dire que La mort des étoiles était attendu tient de l’euphémisme. Idem pour les attentes l’entourant, d’ailleurs. Si le tandem s’est tout d’abord fait connaître par ses mélodies harmonies relevées, puis surtout son talent pour découper le quotidien amoureux au scalpel, Mélanie et Stéphanie Boulay épatent ici en se frottant à des sujets plus sombres et universels – une certaine fin du monde, mettons – tout en évitant les écueils du prêchi-prêcha ou du surdimensionné. Chapeau bas !

Post Malone - Hollywood’s Bleeding

★★★ ½

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Dommage que Take What You Want, la fameuse collaboration – pas si dégueulasse, quand même – entre le rappeur et Ozzy Osbourne, soit celle qui se distingue le plus sur la Toile, car Hollywood’s Bleeding s’avère surprenant. Post Malone semble avoir tiré des leçons de la déconfiture qu’était Beerbongs and Bentleys (2018), son deuxième album, en refaisant surface avec un LP plus concis et inspiré. Les fans vont adorer... et certains « haters », dont moi, risquent de ravaler leurs paroles. Sans être parfait, Hollywood’s Bleeding demeure du bon travail.

Korn - The Nothing

★★ ½

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Bien qu’on associe toujours le groupe nu metal culte aux années 90, Jonathan Davis et ses potes se sont avérés incroyablement productifs au fil des années et près d’un quart de siècle après avoir livré un premier LP homonyme, Korn dévoile un 13e (!) disque... cruellement couci-couça. Tout d’abord, les fleurs : c’est plus subtil que leur album précédent – The Serenity of Suffering – qui tenait davantage de l’épreuve de force (« On fait encore du matériel très, très lourd, gang. En voici la preuve ! »). Puis le pot : The Nothing est emmerdant et férocement prévisible. Sans être une daube, il semble quand même avoir été produit sur le pilote automatique. Dommage.

Coup de coeur


Artistes variés - Robot Language Lessons Remixed

★★★★

Photo courtoisie

Méconnu du grand public, l’artiste électro local 8b s’avère incroyablement rassembleur sur cet album commun où il invite plusieurs congénères en vogue (dont Mateo Murphy, Pheek et Claire pour ne nommer que ceux-là) à remâcher les pièces de son LP Robot Language Lessons (2017) à leur guise. En résulte une nouvelle œuvre étonnante et qui charmera même son lot de néophytes. Icewax, l’étiquette derrière la compilation, tiendra d’ailleurs un lancement au Salon Daomé le 14 septembre dès 22 h. Avis aux curieuses et curieux ! Détails sur icewax.net.