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Des écoles à la recherche de profs

Environ 260 postes d’enseignants sont vacants sur l’ensemble de l’île de Montréal en ce début d’année scolaire

Pas de prof CSDM
Photo Dominique Scali Mélissa Després en compagnie de sa fille Layla Travers Després, qui n’a pas encore de prof dans sa classe de première année à Armand-Lavergne. Il s’agit pourtant d’une école agréable où la direction est appréciée, disent les parents et employés interrogés. 

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Des dizaines d’enfants du quartier Mercier-Est n’ont toujours pas d’enseignant titulaire dans leur classe puisqu’il en manque pas moins de quatre dans leur école, symptôme d’une pénurie de profs qui s’aggrave à Montréal.

« Ma fille ne veut pas aller à l’école le matin, elle pleure », dit Mélissa Després à propos de sa petite Layla, 6 ans, qui fréquente l’école Armand-Lavergne.

La fillette avait une enseignante lors de la rentrée au mois d’août, mais il s’agissait d’un remplacement de congé de maternité. Après une semaine, l’enseignante a donc choisi d’aller dans une autre école où elle pourrait avoir un poste permanent, un « effet domino » courant en début d’année scolaire.

Mais une telle instabilité, « ça joue sur le moral », résume Mme Després.

« Ça fait plus de 20 ans que j’enseigne et c’est la première fois que je vois [une telle vacance] au niveau des titulaires», avoue Isabelle Robillard, déléguée syndicale à Armand-Lavergne.

En date de mercredi, pas moins de quatre classes étaient sans titulaire dans cette école qui en compte 23.

« Alarmant »

À la grandeur de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), un total de 75 classes du primaire étaient toujours sans enseignant attitré mercredi, indique la présidente Catherine Harel Bourdon.

Catherine Beauvais St-Pierre.
Alliance des profs de Montréal
Photo Facebook
Catherine Beauvais St-Pierre. Alliance des profs de Montréal

Il est difficile d’avoir un portrait global incluant les profs du secondaire, car les chiffres ne cessent de bouger d’une journée à l’autre, explique-t-elle.

L’Alliance des professeures et professeurs de Montréal a tout de même fait l’exercice de compiler à la main le nombre de postes affichés qui ont été pourvus lors de la journée d’affectation du 4 septembre.

Résultat : 167 postes étaient toujours vacants sur les 259 affichés la semaine dernière. En comparaison, il ne manquait que 70 profs lors de la rentrée 2017.

« C’est triste et alarmant », dit Catherine Beauvais St-Pierre, présidente du syndicat.

Au total, quelque 260 profs sont toujours recherchés sur l’île de Montréal si l’on additionne ces chiffres à ceux de trois autres commissions scolaires.

La situation est particulièrement grave en adaptation scolaire, où l’on enseigne par exemple aux élèves qui ont des troubles de comportement.

Mme Beauvais soupçonne que bon nombre choisissent plutôt d’enseigner au régulier, même si les cas sont souvent si lourds que les groupes ressemblent parfois à ceux d’adaptation scolaire.

Cercle vicieux

La pénurie de personnel est plus complexe à gérer que l’an passé, avoue Mme Harel Bourdon. Des suppléants devront être assignés pour le reste de l’année dans certaines classes, ce qui vient du même coup créer un autre problème en vidant la banque de remplaçants.

À court terme, la situation devrait toutefois se stabiliser dans l’ensemble du réseau, notamment parce que le jeu de chaise musicale que vit l’école Armand-Lavergne n’est plus possible depuis lundi, assure-t-elle.

« Mais à aucun moment de l’année on n’est à zéro poste vacant », dit-elle en rappelant que la CSDM compte près de 9000 profs.

MANQUE DE PROFS

À la CSDM la semaine dernière

  • 167 postes vacants sur 259 affichés

EXEMPLES DE POSTES VACANTS

Adaptation scolaire

  • 96 affichés - 8 pourvus
  • 88 manquants

Accueil (francisation)

  • 14 affichés - 0 pourvu
  • 14 manquants
Secondaire
  • 45 affichés - 17 pourvus
  • 28 manquants

Source : Alliance des professeurs de Montréal, 4 septembre 2019