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Et si on en avait un troisième?

Et si on en avait un troisième?
Illustration Adobe Stock

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Avant d’avoir mes petits, j’étais certaine que j’aurais une fille. Je rêvais de la complicité que je partagerais avec elle, des choses que l’on ferait ensemble. Je m’imaginais déjà l’accompagner à travers les étapes de la vie par lesquelles je serais passée avant elle. Chéri, quant à lui, contemple depuis toujours l’idée d’avoir une petite fille à papa.

Avant même le jour de nos noces, il était déjà clair que l’on souhaitait avoir deux enfants.

Lorsqu’on a découvert que notre premier serait un garçon, mon instinct maternel a géré la patente comme un chef. Fille ou garçon, je souhaitais d’abord un bébé en santé, tsé. Ensuite, la vie s’est bien chargée de me mettre en pleine face qu’avoir un garçon, c’est de loin la plus belle et grande histoire d’amour qu’il m’ait été donné de vivre. Sans rien enlever à chéri, évidemment.

Alors, imaginez à quel point j’ai réalisé ma chance quand j’ai vu un pénis apparaître sur l’échographie de mon deuxième. Deux gars, toi chose ! Deux petites âmes qui n’auront toujours d’yeux que pour leur mère. Pour lesquelles je serais la femme de leur vie. Enfin, pour quelques années, du moins.

Aujourd’hui, même si notre famille est officiellement complète, officieusement, c’est toute autre chose. L’idée d’enfanter une fille me trotte encore dans la tête.

Et si on en avait un troisième ?

A priori, rien ne nous en empêche : j’ai adoré être enceinte, j’ai vécu deux accouchements de rêve (oui, ça se peut !), nos petits héritiers sont pétants de santé... En gros, j’ai vraiment tout raflé à la loterie de la maternité.

Mais, il y a un mais. Des mais.

Malgré le fait que la maternité reste la plus merveilleuse expérience de ma vie, suis-je réellement prête à remettre ma carrière en veilleuse ? On va se le dire, un congé de maternité, c’est un beau privilège, mais, en plus de faire un moyen trou dans le budget familial, ça te ralentit grandement la course aux échelons professionnels. Et puis, la conciliation travail-famille avec trois enfants, ça prend une tout autre envergure. Surtout si on doit concilier ça en solo.

Parce qu’avoir un partenaire travailleur autonome, musicien par surcroît, ça comporte son lot d’avantages (allô les horaires flexibles), mais aussi ses quelques inconvénients. Comme lorsque je dois gérer la marmaille seule le temps d’une tournée. Ou deux, ou trois. Plusieurs fois par année à part ça. Avec un enfant, ça va. Deux, ça se peut. Trois ? J’ai le vertige.

Ça fait que, si vous me demandez si je songe avoir un troisième bébé, faudra me laisser y penser. Fort. Parce qu’avec un CV (et un compte en banque) au ralenti, un presque quatre ans en pleine affirmation de son soi, plus un douze mois qui se fabrique des dents, refuse de dormir et vit allègrement son angoisse de séparation, ma raison serait plus que tentée de répondre illico par la négative.

Mais si vous demandez à mes hormones, là, vous pouvez oublier tout ce que j’ai dit. Je plonge sans hésiter.

J’ai clairement la maternité tatouée sur le cœur.