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Le Québec a perdu davantage de travailleurs qualifiés

Selon un institut, la réduction imposée par la CAQ était de la poudre aux yeux

Lors de la dernière Foire de l’emploi, plus de 14 000 postes étaient à pourvoir dans la région de Québec, en mars dernier. Face à la pénurie de main-d’œuvre et un taux de chômage à 2,6 %, le recrutement international s’avère essentiel pour des employeurs.
Photo d’archives Lors de la dernière Foire de l’emploi, plus de 14 000 postes étaient à pourvoir dans la région de Québec, en mars dernier. Face à la pénurie de main-d’œuvre et un taux de chômage à 2,6 %, le recrutement international s’avère essentiel pour des employeurs.

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Les travailleurs qualifiés sont ceux qui ont le plus souffert de la réduction de l’immigration au cours des six premiers mois de l’année, selon l’Institut canadien pour les identités et les migrations (ICIM), alors que leur nombre est passé de 12 080 à 7150 personnes, soit une baisse de 40,8 %.

Pendant que des villes comme Ottawa (+16 %), Halifax (+13 %) et Winnipeg (+10 %) ont vu leur nombre d’immigrants augmenter au cours des six premiers mois de l’année, les villes de Montréal (-25,9 %), Québec (-30,6 %) et Sherbrooke (-59 %) ont enregistré des baisses très importantes, d’après une analyse effectuée par l’ICIM à partir de données officielles provenant du gouvernement du Canada.

La volonté de la Coalition avenir Québec (CAQ) de réduire de 52 000 à 40 000 le nombre d’immigrants cette année survient dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre qui force les employeurs à diminuer leurs heures d’ouverture ou à prendre moins de contrats puisqu’ils n’ont pas le personnel requis.

D’après l’organisme, l’immigration économique est la catégorie qui a le plus souffert des mesures mises en place par la CAQ.

« On martèle beaucoup pour dire que c’est une question d’intégration et de francisation, mais je ne vois pas où les coupures effectuées par le gouvernement contribuent à quoi que ce soit à l’intégration, au contraire », a affirmé Jack Jebwab, président de l’ICIM.

Là où ça fait mal

L’immigration en provenance de la France a chuté de 34,1 % au cours des deux premiers trimestres. Le gouvernement de la CAQ devait couper également dans les trois classes d’immigrants : économiques, réunification des familles et les réfugiés, mais dans les deux derniers cas, il lui aurait fallu l’accord d’Ottawa.

« Une idée irréaliste »

« L’idée de couper de manière égale entre ces trois catégories était irréaliste depuis le départ. L’endroit où le gouvernement avait le plus de marge de manœuvre, c’est dans l’immigration économique. Alors, les gens, qui ont reçu la directive, n’avaient pas beaucoup d’options, outre de couper dans l’immigration économique sans réfléchir aux impacts que ceci peut avoir sur une ville notamment au niveau de la pénurie de main-d’œuvre », a ajouté M. Jebwab.

Même si la CAQ veut rehausser le seuil d’immigration pour revenir au niveau d’avant, plusieurs entreprises ont pris du retard.

« On n’a pas amélioré quoi que ce soit. Il y a un écart entre ce qu’on avait proposé et le résultat. C’est un écart important qui remet en question la crédibilité d’un ministère en matière d’immigration depuis qu’ils sont au pouvoir. C’est de l’improvisation. C’est une promesse que l’on prétend avoir réussie, mais pas de la façon dont il avait proposé de le faire », dit en terminant le président de l’Institut.