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Les Texans jouent gros

Bill O’Brien a réalisé des transactions majeures pour façonner les Texans à son image.
Photo d’archives, AFP Bill O’Brien a réalisé des transactions majeures pour façonner les Texans à son image.

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Les Texans n’entendent pas à rire en ce début de saison. Les transactions effectuées dernièrement font certes sourciller à différents égards, mais malgré son style de gestion quelque peu échevelé, personne ne pourra reprocher à Bill O’Brien de ne pas tenter le tout pour le tout.

O’Brien dirige l’équipe depuis 2014 à titre d’entraîneur-chef. Après des querelles internes avec les deux derniers directeurs généraux en place, il a finalement obtenu ce printemps le plein contrôle sur l’équipe à titre de seul maître à bord. C’est donc lui et seulement lui qui a réalisé les coups d’éclat parfois salués, mais plus souvent dénigrés, des dernières semaines. Il y a d’abord eu le départ de l’un des piliers défensifs de l’équipe, Jadeveon Clowney, pour lequel les Texans n’ont obtenu que deux joueurs de soutien et un choix de troisième ronde.

Tunsil sous la loupe

Les Texans n’avaient plus le choix de se séparer de leur vedette frustrée, mais ils n’ont clairement pas usé du meilleur timing, récoltant ainsi bien peu pour un joueur d’impact.

En donnant ensuite deux choix de première ronde et un choix de deuxième tour pour le bloqueur Laremy Tunsil, ils ont payé la lune. Sauf qu’ils se trouvaient coincés dans un cul-de-sac de désespoir, après des années à négliger la ligne offensive. La saison dernière, leur brillant quart-arrière Deshaun Watson a été victime de 62 sacs, le plus haut total aux dépens d’un quart dans la NFL depuis 2006. Il a été frappé par les défensives adverses 126 fois. O’Brien et les Texans ont été aux premières loges pour constater les effets dévastateurs que les coups à répétition ont entraînés sur l’état de santé d’un autre quart-arrière dans leur division, Andrew Luck. À force de subir des blessures, il a choisi la retraite prématurée. Les Texans, qui cherchaient en vain un véritable quart-arrière de franchise depuis leur naissance en 2002, ont surpayé pour le bloqueur Laremy Tunsil, mais l’investissement costaud devenait presque une question de vie ou de mort pour leur bijou de quart-arrière.

Il est clair, à la lumière du premier match de la campagne lors duquel Watson a encore été malmené à outrance, que la ligne offensive n’est pas sortie du bois malgré l’audacieuse transaction. Sauf qu’enfin, un geste concret a été posé.

La grande question est de savoir si O’Brien survivra après avoir mis sa tête sur le billot.

En laissant partir Clowney et en accueillant Tunsil, les Texans ont coupé dans une position de profondeur pour en garnir une autre en carence.

Pari risqué

Il est par contre étonnant que dans l’échange Clowney, ils aient accepté de payer une portion de son salaire, soit 7 millions. C’est sans compter que O’Brien vient de libérer le demi de coin Aaron Colvin, qui a très mal paru face aux Saints lundi, sachant qu’ils devront tout de même le payer 7,5 millions cette saison. Financièrement, il ne faut pas oublier que Tunsil commandera sous peu un richissime contrat et que les Texans ne tiendront pas le gros bout du bâton à la table de négociations, étant donné qu’ils ont hypothéqué une partie de leur futur pour lui. Dans ce tourbillon, O’Brien a néanmoins démontré que la survie à long terme de Watson est la priorité absolue. Si Tunsil trouve ses repères et que Watson passe plus de temps debout que sur le dos, personne n’en voudra à O’Brien. Après tout, qui reproche aujourd’hui aux Bears d’avoir donné de précieux choix pour obtenir Khalil Mack ?

Mais si la ligne offensive continue de peiner comme lundi soir dernier, O’Brien aura joué ses dernières cartes sans succès pour demeurer à Houston.

 

5 points à surveiller

1. L’effet Kyler Murray

Le tout premier choix du dernier repêchage, le quart-arrière Kyler Murray, a terminé son premier match dans la NFL avec 308 verges par la passe et deux passes de touchés. Le jeune pivot des Cardinals tentera, face aux Ravens, de devenir le seul quart-arrière à part Cam Newton (2011) à gagner plus de 300 verges à ses deux premiers départs en carrière.

2. Les receveurs recrues

Les receveurs de première année se sont fait remarquer à leurs débuts professionnels la semaine dernière. Pas moins de quatre d’entre eux ont gagné au moins 100 verges, soit AJ Brown (Titans), Marquise Brown (Ravens), Terry McLaurin (Redskins) et l’ailier rapproché TJ Hockenson (Lions). Dans l’histoire, seuls Will Fuller (2016), DeSean Jackson (2008) et Don Looney (1940) ont récolté au moins 100 verges à leurs deux premiers matchs chez les receveurs.

3. Territoire peu connu

Face aux Seahawks, les Steelers doivent montrer signe de vie après leur prestation étonnamment à plat de dimanche soir dernier. Ils risquent d’amorcer leur saison avec deux revers pour la première fois depuis 2013. Les Broncos, qui affrontent les Bears, pourraient eux aussi se retrouver dans cette position pour la première fois depuis 1999.

4. Les pénalités

Avant la saison, une forme de psychose semblait guetter la NFL, qui a ouvert la porte aux entraîneurs pour porter en appel tous les cas d’interférence appelés ou non sur les jeux de passe. Après une semaine, cet aspect n’a pourtant pas été majeur dans les matchs. Là où il y a cependant une augmentation importante d’infractions, c’est au niveau des pénalités pour avoir retenu, à l’offensive. Pas moins de 83 pénalités pour avoir retenu ont été infligées, contre 64 à la semaine 1, il y a un an.

5. Il est encore tôt...

Chaque match est important dans un calendrier de 16 rencontres, mais inutile pour les partisans de lancer la serviette si leur équipe montre un dossier de 0-2 ou de 1-1 après les activités de la deuxième semaine. Depuis 2002, 126 des 204 équipes de séries, soit 61,8 %, présentaient un tel dossier après deux semaines. La saison dernière, 10 des 12 équipes en éliminatoires avaient débuté à 1-1 ou 0-2.