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L’ombre du dossier de la laïcité plane toujours sur Trudeau

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SAINT TITE | Les jours se suivent et semblent se ressembler pour le chef libéral Justin Trudeau, qui doit s’exprimer quotidiennement sur la question de la loi sur la laïcité, adoptée cette année à Québec, par le gouvernement caquiste de François Legault.

À quelques reprises pendant sa tournée de samedi, le dossier de la laïcité, que plusieurs observateurs considèrent comme la question de l’urne est revenue sur la table. C’est le cas à Mascouche, où en compagnie de sa fille et de sa candidate Isabel Sayegh, M. Trudeau a dû s’exprimer une nouvelle fois sur le sujet.

«Dans un pays libre, on devrait pouvoir respecter la liberté de religion», a expliqué le chef libéral à une table de citoyens, samedi, au quatrième jour de la campagne électorale.

«Nous, on n’est pas en train de s’immiscer dans ce dossier pour l’instant», a-t-il ajouté.

Également à Saint-Tite, alors qu’il prenait un bain de foule, il s’est fait interpeller sur la question par un participant qui a lâché: «Qu’il laisse la loi 21 tranquille.»   

Candidat à sa réélection dans Saint-Maurice–Champlain, le ministre François-Philippe Champagne ne croit toutefois pas que les positions de son chef sur cet enjeu nuiront à son parti au Québec. «Les gens dans la rue ont compris le message: on ne touche pas à ça.»

C’est le cas de Michel Lepage, de Québec. En faveur de la Loi sur la laïcité de l’État, il ne se formalise pas du point de vue de Justin Trudeau. «À chacun sa décision. Que chacun pense ce qu’il veut. Moi, je n’ai pas de problème avec ça», a-t-il dit.

Possible affrontement

Pour la première fois, Justin Trudeau a ouvert la voie vendredi à une intervention d’Ottawa dans la contestation de la loi québécoise sur la laïcité.

«Nous ne fermons pas la porte à une intervention éventuelle parce que ce serait irresponsable qu’un gouvernement fédéral choisisse [d’écarter cette possibilité]», a-t-il dit en visite à Trois-Rivières.

Rappelons que le 16 juin dernier, le gouvernement Legault a adopté sous bâillon son projet de loi sur la laïcité, qui interdit le port de signes religieux aux employés de l’État en position d’autorité. Cela inclut entre autres les juges, les policiers, les procureurs, les gardiens de prison et les enseignants, dans le cadre de leurs fonctions.

Évoquant l’autonomie des provinces, le premier ministre François Legault a exigé mardi que les chefs de partis fédéraux s’engagent à ne pas appuyer une contestation judiciaire de la loi sur la laïcité.

«Je leur demande de s’engager, pas juste pour l’instant, pour de bon, à ne jamais contester la loi qui interdit les signes religieux pour les personnes qui sont en autorité», avait ajouté M. Legault, parlant d’une «question de respect des décisions de l’Assemblée nationale.»

Avec la collaboration d’Amélie St-Yves