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Air Saguenay: l’absence de réponses fait mal

L’avion qui s’est écrasé cet été n’a jamais été retrouvé, ce qui rend impossible la tenue d’une enquête

Hommage écrasement Labrador
Photo courtoisie Le chef pilote d’Air Saguenay, Alain Lecot, et le président de l’entreprise, Jean Tremblay, se sont rendus sur les lieux de l’écrasement, au lac Mistastin, vendredi. Les deux hommes ont planté une croix sur une île en plein centre du lac pour rendre un dernier hommage aux trois hommes portés disparus dans l’écrasement.

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Deux mois après l’écrasement d’un de ses appareils au Labrador, le président d’Air Saguenay s’est rendu sur les lieux vendredi afin de planter une croix en l’honneur des victimes. Il accepte toutefois difficilement le fait qu’il ne connaîtra probablement jamais les causes de l’accident.

Jean Tremblay ne s’en cache pas, les questions sont nombreuses deux mois après que le Havilland DHC-2 Beaver de sa compagnie se soit écrasé dans un lac à 250 km au nord-est de Schefferville le 15 juillet dernier.

Lac Mistastin
Photo courtoisie
Lac Mistastin

« Ça va me trotter dans la tête toute ma vie, je n’aurai jamais de réponse, et on va toujours se demander ce qui s’est passé, c’est clair », affirme le président d’Air Saguenay, qui se résigne peu à peu à cette triste conclusion. Il s’est rendu au lac Mistastin vendredi afin de voir de ses propres yeux les lieux de l’écrasement. Il y a planté une croix en souvenir des trois personnes dont les corps n’ont jamais été retrouvés, notamment celui de son pilote Gilles Morin.

« Je tenais à le faire, pour moi, mais aussi pour les familles. Il y a trois corps qui n’ont pas été retrouvés, il fallait faire quelque chose pour eux », explique le président d’Air Saguenay, parlant d’un moment chargé d’émotion.

Pas d’avion, pas d’enquête

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait annoncé l’arrêt des recherches dans le secteur à la mi-août, et aucune reprise n’est actuellement prévue, à moins d’un revirement.

« Toute nouvelle information ou observation sera étudiée, sous réserve des conditions météorologiques », indique Glenda Power, directrice des communications stratégiques de la GRC Terre-Neuve/Labrador, ajoutant que le lac devrait geler très bientôt pour l’hiver.

Le Bureau de la sécurité dans les transports a quant à lui confirmé au Journal qu’il n’y aurait pas d’enquête de son côté. Comme l’avion a coulé au fond du lac Mistastin, rien de plus ne peut être fait pour l’instant.

« Ça prend une épave pour pouvoir faire une enquête », précise Alexandre Fournier, porte-parole de l’organisme.

Pour Jean Tremblay, ce dénouement demeure difficile à accepter, même s’il ne remet nullement en doute les efforts déployés par la GRC et l’armée pour retrouver les restes de l’appareil.

« C’est dur à croire, sachant qu’on va sur la lune et qu’on fait un paquet de prouesses technologiques. Mais qu’on ne soit pas capable de retrouver un avion au fond d’un lac... Mais chacun a sa spécialité, et je suis sûr qu’ils ont essayé jusqu’au bout. Le reste est hors de notre contrôle », soupire M. Tremblay, qui a pu constater de ses propres yeux l’immensité du lac vendredi. « C’est gigantesque. Là, j’ai compris le défi des recherches », a-t-il ajouté.

Sept morts

L’accident survenu le 15 juillet sur le lac Mistastin a coûté la vie à sept personnes.

Les corps de deux guides de la pourvoirie Three Rivers Lodge, ainsi que ceux de deux touristes américains, ont été retrouvés après l’écrasement. Les dépouilles du pilote Gilles Morin, tout comme celles de deux passagers, se trouvent toujours sous l’eau, avec la carcasse de l’appareil.

Selon les autorités, l’immense lac Mistastin mesure environ 16 km de longueur et a une profondeur de quelques centaines de mètres, ce qui a passablement compliqué les recherches.

Les détails de l’écrasement

  • 15 juillet 2019
  • Lac Mistastin
  • Havilland DHC-2 Beaver d’Air Saguenay

SEPT MORTS

  • Le pilote Gilles Morin, 66 ans
  • Deux guides de la pourvoirie Three Rivers Lodge : Cliff Randell, 50 ans, et Dwayne Winsor, 47 ans

DONT QUATRE TOURISTES AMÉRICAINS :

  • James Slamon, 67 ans
  • John Weaver, 66 ans ; et ses deux fils Matt et John Jr, 40 et 38 ans

Les corps de Gilles Morin, Matt Weaver et John Jr Weaver n’ont toujours pas été retrouvés, tout comme la carcasse de l’avion, qui a coulé au fond du lac