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Il y a 10 ans, le Moulin à paroles après la controverse

C’était en 2009

Moulin à paroles 6
Photo d’archives Le rappeur et auteur Biz (Sébastien Fréchette) lors du Moulin à paroles le 13 septembre 2009.

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Il y a 10 ans, les 12 et 13 septembre 2009, le Moulin à paroles commémorait les 250 ans de la bataille des Plaines d’Abraham après des mois de controverses et le projet avorté d’une reconstitution du célèbre affrontement.

Rarement une célébration à caractère historique avait tant fait jaser. Il y avait d’abord eu la proposition d’une reconstitution du combat opposant les généraux Wolfe et Montcalm, souhaitée par la Commission des champs de bataille nationaux, mais finalement annulée pour des motifs de sécurité.

Puis, des artistes avaient lancé l’idée d’un « Moulin à paroles », une manifestation littéraire de 24 heures pendant laquelle seraient récités une centaine de textes associés aux grands moments de l’histoire du Québec, depuis ses racines amérindiennes jusqu’aux temps modernes.

Une autre controverse

Tant les responsables du premier événement que ceux de son successeur disaient n’avoir aucune visée politique et avoir pour seul objectif de souligner des faits historiques. Pourtant, le débat n’avait pas manqué d’exalter les mouvements souverainistes comme fédéralistes.

L’événement avait encore dû essuyer une controverse lorsqu’il avait été révélé qu’un extrait du manifeste du Front de libération du Québec allait être lu pendant le spectacle. Le gouvernement libéral à Québec s’était aussitôt dissocié du projet, tirant un trait sur une subvention de 20 000 $.

Pacifique

Finalement, la tension avait disparu l’après-midi du 12 septembre quand les premiers lecteurs sont montés sur la scène des plaines d’Abraham. Une centaine de personnalités se sont succédé pour donner vie, parfois avec émotion, à quelque 158 textes – des discours, des poèmes, des chansons.

« Moulin pacifique », avait indiqué en gros titre votre journal sur sa page frontispice, le matin du 13 septembre, faisant état d’une première journée sans anicroche devant un public « calme et attentif ».

Des centaines de spectateurs s’étaient présentés sans toutefois composer une foule particulièrement dense. Ils étaient un millier en fin de soirée.

S’avouant surpris par le battage médiatique entourant l’activité, l’un de ses instigateurs, le rappeur Biz (Sébastien Fréchette), avait conclu de la polémique que « les Québécois ont encore beaucoup de difficulté à regarder leur histoire. »

Texte : Dominique Lelièvre

Recherche : Stéphane Doré