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Normal parmi les fous, fou parmi les normaux

Un schizophrène de Québec, star du nouveau film de Pedro Pires

Normal parmi les fous, fou parmi les normaux
Photo DIDIER DEBUSSCHÈRE

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 Alexandre n’est pas un schizophrène comme les autres. Il a fait sa première crise psychotique en bateau sur la mer de Chine, il a longtemps fumé la pipe, il porte fièrement le nœud papillon et il collectionne les souliers avec la même fébrilité que Céline Dion. 

 Même s’il coupe les cennes en quatre, il en possède 8000 paires. « Je ramasse à gauche et à droite. Disons que je n’achète pas souvent des souliers neufs », lance-t-il timidement. 

 Bref, quand le cinéaste de Québec Pedro Pires a élaboré le projet d’un long métrage de docufiction mettant en scène des patients de l’hôpital Robert-Giffard, où autrefois il avait été préposé aux bénéficiaires, Alexandre, un résident de Québec d’origine française, s’est avéré sans conteste le candidat idéal. 

 « Devant la caméra, il était comme un poisson dans l’eau. Dès la première entrevue, une star était née », dit Pedro Pires. 

 Il faut dire que bien qu’il doive prendre des médicaments, Alexandre n’est pas un cas lourd. « Normal parmi les fous, fou parmi les normaux », se plaît-il à dire. 

 Comme une vraie fiction 

 Présenté dimanche au Festival de cinéma de la ville de Québec, le film, intitulé Alexandre le fou, a été tourné sur une période de plus de cinq ans. L’idée de Pires était que son documentaire s’écoute comme une fiction, sans les entrevues que le genre impose. 

 « Je voulais mes morceaux pour faire ma fiction, mais je ne pouvais contrôler le récit comme dans une vraie fiction qu’on tourne en 30 jours et puis c’est fini », explique le cinéaste. 

 Ainsi, quand Alexandre se fait une blonde dans le film, ce n’est pas un rebondissement créé par un scénariste. Alexandre a vraiment rencontré une femme, à l’insistance de sa colorée grand-maman à qui il parle souvent au téléphone, et Pires a filmé le tout. 

 Si d’emblée il lui apparaissait « invraisemblable » qu’une équipe de cinéma débarque dans son un et demi, Alexandre ne regrette rien. « Ça change le regard que j’ai sur moi-même et sur ce que je suis capable de faire », confie-t-il. 

 « Quand il a vu la dernière version du montage, il a dit qu’il était très ému », conclut Pedro Pires. 

 Alexandre le fou prend l’affiche le 20 septembre, à Montréal, et le 27 septembre, à Québec.

 À voir lundi au FCVQ :  

  •  Valérie, Musée national des beaux-arts du Québec, 19 h 
  •  For Sama, Musée national des beaux-arts du Québec, 13 h