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[PHOTOS] Voici 10 incendies marquants à Québec

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À l'instar de plusieurs autres villes du monde, Québec a connu son lot d'incendies.  

Jusqu'au XXe siècle, on chauffait au bois, puis au charbon, et les cheminées n'étaient pas toujours bien nettoyées, ce qui provoquaient régulièrement des incendies.  

Dans les quartiers ouvriers, les maisons étaient construites en bois. Si le vent se mettait de la partie, les brasiers se transformaient en conflagrations.  

C'est ainsi que des quartiers entiers ont été dévastés et que de magnifiques bâtiments ont été perdus, le Manège militaire, heureusement reconstruit, étant le dernier inscrit sur la liste.  

Pour souligner le 250e anniversaire de la création du Service de protection contre l'incendie de Québec, voici 10 de ces trop nombreux incendies ayant marqué l'histoire de la ville de Québec. 

1) Le premier grand incendie de Québec 

Plan de la ville de Québec en 1640, Jean Bourdon.
Archives de la Ville de Montréal
Plan de la ville de Québec en 1640, Jean Bourdon.

Le jeudi 14 juin 1640 est une journée venteuse. En fin d'après-midi, un incendie éclate dans le presbytère des Jésuites de la haute-ville. C'est la catastrophe.  

Le presbytère, le collège, la chapelle Notre-Dame-de-la-Recouvrance construite par Champlain en 1633, ainsi que la chapelle du gouverneur, construite en 1636 et où était inhumé Champlain, sont tous réduits en cendres.  

Tout sera éventuellement reconstruit, mais il y aura néanmoins un impact important pour la suite de l'histoire de la ville et du pays.  

Depuis des décennies, des archéologues de tout acabit recherchent le tombeau du fondateur de Québec. De plus, tous les registres d'état civil sont détruits.  

Les Jésuites les reconstituent à partir de la mémoire collective, mais il est demeuré bien des trous de mémoire, de sorte que plusieurs Québécois ont un ancêtre d'origine et de parents inconnus. Tout cela en raison d'un incendie. 

2) Le palais de l'Intendant et la basse-ville 

Second palais de l'Intendant en 1726, Université Laval, laboratoire d'archéologie.
Photo Wikimedia Commons
Second palais de l'Intendant en 1726, Université Laval, laboratoire d'archéologie.

Au cours de la nuit du 5 janvier 1713, un incendie survient au palais de l'Intendant.  

L'intendant Bégon avait la poisse puisque le 28 décembre 1725, alors qu'il habite toujours le palais reconstruit 12 ans plus tôt, un second incendie frappe.  

Le 5 août 1682, c'est quasiment toute la basse-ville qui brûle. C'est pourquoi, plusieurs ordonnances suivront pour dicter de nouvelles règles.  

Désormais, les souches de cheminée devront excéder de trois pieds et demi le faîte des toitures, celles-ci devront être couvertes de tuiles ou d'ardoise, les bâtiments devront être construits en pierre, les façades et pignons extérieurs ne devront avoir aucun bois apparent et les toits dits à la mansarde, nécessitant l'utilisation de beaucoup de bois, seront interdites au profit des toitures à deux versants.  

On apprend de ses erreurs. 

3) Le Château Saint-Louis 

Le Château Saint-Louis en 1724 par Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry.
Bibliothèque et Archives Canada
Le Château Saint-Louis en 1724 par Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry.

Le 23 janvier 1834, un incendie détruit le château Saint-Louis. C'était le point central de la vie politique et mondaine de la capitale.  

Le gouverneur Aylmer est alors forcé d'aller vivre dans l'édifice voisin, le Château Haldimand. Le lendemain, des ruines jonchent le sol.  

Quatre ans après le sinistre, le gouverneur Durham décide de rendre cet espace public. Il fait donc aménager une terrasse d'où la vue incomparable était jusque-là réservée au seul gouverneur.  

Désormais, tous les citoyens pourront en profiter. Il s'agit de l'ancêtre de la terrasse Dufferin.  

Un malheur peut parfois avoir des retombées positives. 

4) Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste 

Incendie du faubourg Saint-Jean le 28 juin 1845.
Photo Toronto Public Library
Incendie du faubourg Saint-Jean le 28 juin 1845.

Plusieurs générations de Québécois ont eu en mémoire le chaud printemps de 1845. En effet, le 28 mai de cette année-là, un incendie éclate dans le faubourg Saint-Vallier.  

Poussé par de forts vents d'est, il se répand rapidement. Au final, il ne restera dans le quartier Saint-Roch que deux bâtiments, soit le couvent de la Congrégation et la chapelle des Morts.  

Douze mille personnes se retrouvent alors sur le pavée, sans logement. Le tiers de la ville est réduit en cendres.  

Et comme si ce malheur n'était pas suffisant, un mois plus tard, le 28 juin, c'est le faubourg Saint-Jean qui s'envole en fumée.  

En un seul mois, les deux tiers de la ville n'existent plus laissant plus de 20 000 personnes sans abri. Les pompiers avaient cruellement manqué d'eau.  

Ce sont ces événements qui accéléreront la construction de l'aqueduc qui sera finalement inauguré en 1853, par le maire ... Belleau.  

L'année suivante apparaissaient les bornes-fontaines.  

5) Le théâtre Royal Saint-Louis 

Incendie du théâtre Royal Saint-Louis, 12 juin 1846.
Photo Illustrated London News
Incendie du théâtre Royal Saint-Louis, 12 juin 1846.

Le théâtre Royal Saint-Louis était situé en bordure de l’actuel monument de l’Unesco, entre le Château Frontenac et l’ancien Hôtel des Postes de la haute-ville.  

Cet édifice de pierres avait été construit en 1808 pour loger le «Riding House», un manège militaire pour chevaux. En 1839, l'édifice était transformé en théâtre.  

Le 12 juin 1846, on y présentait un diorama, spectacle dans lequel des tableaux en deux dimensions prenaient vie par des jeux de lumières.  

À la fin du spectacle, durant la traditionnelle interprétation de l’hymne national, une lampe se décroche du plafond et met le feu au rideau.  

Dans la panique, les spectateurs se piétinent dans le seul escalier menant à la sortie dont la porte était fermée à clé.  

Des 300 spectateurs, 45 y laissent leur vie; parmi les victimes se trouvaient plusieurs enfants et adolescents.  

Cet ancien manège n’était pas conçu pour évacuer une foule, d’où la catastrophe. 

6) Les parlements 

Ruines du premier parlement à la suite de l'incendie du 1er février 1854.
Photo Parcs Canada
Ruines du premier parlement à la suite de l'incendie du 1er février 1854.

En 1792, le premier parlement du Bas-Canada est aménagé dans le palais épiscopal de la côte de la Montagne (actuel parc Montmorency).  

En 1831, le gouvernement acquiert le bâtiment à même lequel il construit le premier Hôtel du Parlement. Les travaux sont complétés en 1852.  

À peine est-il inauguré qu'il est détruit par un incendie le 1er février 1854. Le gouvernement loue alors une partie de la résidence des sœurs de la Charité de Place D'Youville.  

La session est de courte durée puisque cet édifice brûle à son tour le 3 mai suivant.  

En 1855, la capitale du Canada-Uni étant alors itinérante, elle déménage à Toronto. À son retour à Québec en 1860, on aménage dans le nouveau parlement qu'on vient d'ériger sur les ruines du précédent.  

À partir de 1867, la législature de la nouvelle province de Québec s'y réunit.  

La malchance se poursuit, le second parlement étant également détruit par les flammes le 19 avril 1883.  

On déménage donc dans le parlement actuel, bien que sa construction n'était pas encore complétée. 

7) Saint-Roch et Saint-Sauveur 

Ruines laissées par l'incendie du 14 octobre 1866.
Archives de la Ville de Montréal
Ruines laissées par l'incendie du 14 octobre 1866.

Dans la nuit du 14 octobre 1866, un incendie éclate près des halles Jacques-Cartier du quartier Saint-Roch, situées sur le site de l'actuelle bibliothèque Gabrielle-Roy.  

On connaît des difficultés à s’approvisionner en eau et un fort vent du nord-est fait voler les étincelles sur les maisons voisines, toutes construites en bois. Les flammes se propagent à une vitesse incroyable.  

Le lendemain, le bilan est dramatique. Tout ce qui n'avait pas brûlé en 1845 est maintenant anéanti. Vers l’ouest, il n'y a plus que des cendres.  

Saint-Roch et Saint-Sauveur ont perdu près de 3000 maisons poussant 20 000 personnes sur le pavé. On ne veut plus revivre une telle situation.  

Par conséquent, on décide de transformer la rue Saint-Ours (aujourd'hui le boulevard Langelier) en coupe-feu entre les deux quartiers en l'élargissant considérablement.  

On organise également une brigade du feu composée de pompiers à temps plein et on crée six casernes disséminées sur le territoire de la ville.  

Enfin, on adopte une loi permettant d'enquêter sur l'origine des incendies et on installe des télégraphes d'alarme. 

8) La terrasse Dufferin 

Incendie de la terrasse Dufferin, le 9 juillet 1914.
Photo Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Incendie de la terrasse Dufferin, le 9 juillet 1914.

Vers midi, le 9 juillet 1914, le tablier de la terrasse Dufferin s'enflamme. On croit qu'il s'agit d'une cigarette jetée au sol par un promeneur qui a déclenché l'incendie.  

Une alerte générale est sonnée. L'ampleur du brasier nécessite la participation de soldats de la citadelle et de travailleurs du Château Frontenac.  

La situation devient catastrophique lorsque le tuyau de 30 pouces de l'aqueduc se rompt à Saint-Sauveur, enlevant ainsi toute pression à la haute-ville.  

Partout dans la ville, le panache de fumée laisse croire que le Château Frontenac est en feu.  

Deux résidences de la rue des Carrières seront détruites, deux autres seront abimées.  

Le lendemain, les autorités municipales font un post-mortem.  

Il est décidé que la terrasse sera reconstruite, idéalement en béton pour la mettre à l'épreuve d'une autre catastrophe. Le gouvernement fédéral, propriétaire de la structure, sera sollicité.  

Heureusement, l'idée d'une terrasse en béton est abandonnée. 

9) La basilique-cathédrale 

Incendie de la basilique-cathédrale de Québec le 22 décembre 1922.
Photo Parcs Canada, fonds Pauline Laurin
Incendie de la basilique-cathédrale de Québec le 22 décembre 1922.

Dans la nuit du 22 décembre 1922, une catastrophe frappe la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec.  

Un incendie détruit de fond en comble le temple historique. Le clocher s'effondre sur la rue De Buade.  

L'ampleur du brasier avait été si importante qu'il ne subsistera des cloches qu'un amas de métal fondu.  

En 1927, une enquête démontrera que le feu avait été allumé par un pyromane américain, Ray Marsden.  

Heureusement, peu de temps après, l’église est reconstruite quasiment à l’identique.  

Elle épouse donc toujours aujourd'hui la volumétrie que lui avait donnée l’ingénieur militaire Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry lors de son agrandissement de 1743-1749. 

10) Le Château Frontenac 

Incendie du Château Frontenac survenu le 14 janvier 1926.
Photo Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Incendie du Château Frontenac survenu le 14 janvier 1926.

En fin d'après-midi du 14 janvier 1926, le feu éclate dans une chambre inoccupée du cinquième étage de la plus vieille aile du Château Frontenac.  

Immédiatement, l'alarme est sonnée, puis l'alarme générale. Rapidement, le feu se propage en raison de la présence de nombreuses boiseries.  

Tous les clients de l'hôtel peuvent néanmoins le quitter sans encombre, certains ayant même pris le temps de refaire leurs valises.  

À 23 heures, le feu est sous contrôle, mais les décombres continueront de brûler jusqu'au petit matin.  

À la demande des autorités de l'hôtel, des pompiers de Montréal et de Trois-Rivières arrivent en renfort, mais inutilement, l'incendie étant maîtrisé. Il n'y a aucun mort, mais quelques pompiers sont légèrement blessés.  

La section la plus belle et la plus chic du Château est détruite. La partie nouvellement construite, dont la tour centrale, est épargnée grâce aux cloisons coupe-feu.  

Les pertes sont estimées à 3 millions $, une somme assez importante à l'époque.  

Le Pacifique Canadien décide alors de reconstruire immédiatement l'hôtel en y ajoutant même deux étages. 

Un texte de Jean-François Caron, historien  

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