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Canada: l’espion présumé avait accès à des renseignements de l’étranger

Bloc GRC
PHOTO AGENCE QMI, JOËL LEMAY

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Un haut responsable de la police fédérale canadienne arrêté jeudi pour espionnage présumé avait accès à des renseignements provenant d’alliés du Canada à l’étranger, a indiqué lundi la Gendarmerie royale du Canada (GRC).  

Cameron Ortis, directeur général du Centre national de coordination du renseignement de la GRC, avait «accès à des renseignements provenant de nos alliés nationaux et internationaux» a dit Brenda Lucki, commissaire de la GRC dans un communiqué.   

«Nous sommes conscients des risques potentiels pour les opérations de nos partenaires au Canada et à l’étranger», a-t-elle ajouté dans sa première réaction publique depuis le début de cette affaire.   

Elle n’a pas précisé quelle entité étrangère avait bénéficié du vol de documents présumé.   

Le Canada fait partie de la puissante alliance de renseignement dite des «Five Eyes», avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne et les États-Unis.   

Le journal The Globe and Mail a rapporté samedi que l’arrestation de M. Ortis, qui était employé par la GRC depuis 2007, est liée à une importante affaire de corruption présumée impliquant de hauts responsables russes.   

Âgé de 47 ans, M. Ortis fait face à cinq chefs d’accusation et encourt plus de 30 ans de prison.   

Ces accusations «extrêmement perturbantes» ont «ébranlé» les rangs de la police fédérale, a déclaré la commissaire. «Des stratégies d’atténuation sont mises en place», a-t-elle précisé.   

Les faits reprochés à l’ancien haut gradé se seraient produits en 2015 et 2019.   

Selon le Globe and Mail, Cameron Ortis travaillait sur une affaire de blanchiment présumé de millions de dollars au Canada orchestrée par des responsables russes et qui avait été dénoncée par Sergueï Magnitski, un juriste russe mort en prison en 2009.   

Devenu symbole de la lutte contre la corruption, M. Magnitski avait été arrêté après avoir dénoncé une vaste machination financière de 5,4 milliards de roubles, ourdie selon lui par des responsables de la police et du fisc au détriment notamment de l’État russe.   

Cameron Ortis travaillait sur cette affaire depuis que la GRC avait donné suite en 2016 à une plainte déposée par William Browder, un ancien investisseur en Russie pour qui travaillait M. Magnitski.   

M. Browder a rencontré l’ancien responsable de la police fédérale canadienne en 2017 et était encore récemment en contact avec lui pour tenter de convaincre la GRC d’ouvrir une enquête.