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50 ans plus tard, personne n’a oublié Valérie

Danielle Ouimet est honorée par le Festival de cinéma de la ville de Québec

50 ans plus tard, personne n’a oublié Valérie
Photo Jean-François Desgagnés

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Les Québécois n’ont pas oublié Valérie, encore moins celle qui lui a donné vie à l’écran, Danielle Ouimet. Cinquante ans après avoir fait scandale en dénudant pour la première fois une Québécoise à l’écran, le film en version remise à neuf par Éléphant a attiré de nombreux cinéphiles au Musée national des beaux-arts, lundi soir.

«Je me sens comme quelqu’un qui a fait quelque chose à 21 ans et qui, 50 ans plus tard, se retrouve restaurée. N’est-ce pas merveilleux?» a dit en blaguant la comédienne de 72 ans, touchée de l’hommage que lui rend le Festival de cinéma de la ville de Québec en présentant trois de ses anciens films cette semaine.

«C’est comme si on bouclait la boucle», a philosophé Mme Ouimet, qui viendra aussi présenter Les lèvres rouges et Les signes vitaux.

Évidemment, ça n’a pas manqué, des spectateurs n’ont pu s’empêcher de partager une anecdote avec elle en la voyant. Dès qu’elle est entrée dans la salle, une femme née à l’époque du film lui a raconté que sa grand-mère avait menacé de la rejeter si sa mère persistait à vouloir l’appeler Valérie.

Danielle Ouimet, il y a 50 ans.
Photo Jean-François Desgagnés
Danielle Ouimet, il y a 50 ans.

«Pour elle, c’était le diable», s’est amusée Danielle Ouimet.

«Tu as fait beaucoup»

Retenu à Montréal, le grand patron de Québecor, Pierre Karl Péladeau, a tout de même tenu à transmettre un mot à son amie Danielle par le truchement de la vidéo.

«Tu as fait beaucoup pour le cinéma et pour l’évolution sociologique du Québec. Nous t’apprécions énormément», lui a-t-il lancé.

Il est vrai, a confié la comédienne au public, que l’époque de la tendre et sensuelle Valérie en était une d’éclosion totale. «Vous allez être surpris par l’audace de l’époque», a-t-elle dit, tout en reconnaissant que du point de vue de la nudité, c’est un autre temps, d’autres mœurs. «Nous sommes rendus bien plus loin que ça.»

Danielle Ouimet a bien apprécié l’hommage rendu par le Festival de cinéma de la ville de Québec.
Photo Jean-François Desgagnés
Danielle Ouimet a bien apprécié l’hommage rendu par le Festival de cinéma de la ville de Québec.

Le projet a tardé

Chez Éléphant, la plateforme de préservation du cinéma québécois mise sur pied par Québecor, Valérie deviendra la 226e œuvre accessible au public lorsque le film tourné par Denis Héroux deviendra disponible en décembre.

Le directeur d’Éléphant, Dominique Dugas, affirme que Valérie aurait dû être restauré il y a belle lurette. C’est la négociation des droits avec le distributeur Lionsgate qui a retardé le projet.

«D’un point de vue technique, par contre, ça n’a pas été compliqué. Nous n’avions pas le négatif original, mais il y avait un intermédiaire, un internégatif, à la Cinémathèque.»


► En plus de revivre sur Éléphant et de l’hommage du FCVQ, les 50 ans de Valérie feront l’objet d’un documentaire qui sera présenté le 13 décembre, à ARTV.

► À voir mardi au FCVQ : Le cygne de cristal, Musée national des beaux-arts du Québec, 20 h, et Les signes vitaux, Conservatoire d’art dramatique, 20 h.