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En attendant le débat

ELEC-BLOC-CAMPAGNE
Capture d'écran, TVA Nouvelles

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L’épineux dossier de la laïcité a monopolisé en bonne partie le début de la campagne électorale fédérale. L’enjeu s’imposera-t-il dans l’urne ? Le premier grand débat des chefs qui aura lieu le 2 octobre risque de livrer une partie de la réponse.

D’ici là, la plupart des leaders vont essayer d’en parler le moins possible, et d’autres sujets viendront alimenter l’actualité.

Il faut dire que beaucoup de choses ont déjà été dites. Les positions des différents partis, aussi floues soient-elles, sont maintenant connues. Les chefs n’ont pas vraiment eu le choix de clarifier leur pensée, remarquez. La Loi sur la laïcité de l’État québécois s’est imposée comme thème dès le premier jour de la campagne.

Intervenir ?

La question est de savoir si les partis fédéraux comptent mettre leur poids dans la balance pour faire invalider la loi 21 en tout ou en partie, s’ils forment le prochain gouvernement.

Le populaire premier ministre François Legault s’en est rapidement mêlé, en leur faisant promettre de ne pas intervenir.

De nombreux électeurs ont aussi ressenti le besoin de s’exprimer.

De passage au Québec dans les derniers jours, Justin Trudeau a été interpellé sur le sujet dans la rue à maintes reprises.

Rebondissements

La campagne est encore jeune. Il est impossible de prévoir l’impact qu’aura ce débat dans l’urne.

On peut toutefois affirmer sans trop se tromper que cet enjeu viscéral pour plusieurs n’a pas fini de rebondir.

Au Québec, le Bloc québécois ne compte pas lâcher le morceau. Son chef, Yves-François Blanchet, a fait de la défense de la laïcité une de ses priorités, hier, lors de son lancement de campagne à Boucherville.

Il a aussi visé dans l’angle mort des libéraux, en proposant de taxer les géants du web.

Dans la population québécoise, la loi 21 fait largement consensus. Et le Bloc est, dans les faits, le seul parti fédéral important à être d’accord avec ses principes.

Ses électeurs potentiels semblent aussi plutôt s’accorder sur le sujet, ce qui facilite les choses. Une écrasante majorité d’entre eux, soit 90 %, approuvent la loi 21.

Pendant ce temps, ses adversaires jouent les équilibristes.

Les libéraux semblent divisés à l’échelle du pays (35 % pour, 56 % contre). Même chose chez les conservateurs (53 % pour, 39 % contre).

Important débat

Pour rappel, Justin Trudeau soutient qu’il serait « irresponsable » de fermer à tout jamais la porte de la contestation judiciaire par Ottawa. Pour le chef libéral, la loi 21 rime avec discrimination religieuse.

Un avis que partage le chef du NPD, Jagmeet Singh. Ce dernier rejette toutefois l’idée de contester la loi, car à son avis, c’est à Québec de choisir.

Le chef conservateur, Andrew Scheer, qui courtise les Québécois nationalistes, se garde lui aussi une gêne.

Les francophones du pays auront l’occasion dans un peu plus de deux semaines d’entendre les chefs en débattre à l’occasion du Face-à-face de TVA le 2 octobre. Une foule d’autres sujets seront aussi abordés. Les électeurs auront alors la chance de juger les leaders pour l’ensemble de leur programme, ou presque.