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Trois-Rivières : une constable spéciale du palais de justice coupable de «manque de respect»

Trois-Rivières : une constable spéciale du palais de justice coupable de «manque de respect»
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TROIS-RIVIÈRES – Une constable spéciale du palais de justice de Trois-Rivières qui avait dévoilé des informations confidentielles à une amie à la suite d'une audience a été reconnue coupable de «manque de respect» devant le Comité de déontologie policière, la semaine dernière.

En mai 2017, la constable Sandra Guimond assistait à une enquête sur remise en liberté provisoire d'un prévenu accusé de voies de fait, méfait, trafic de substances illégales et agression armée. Or, au cours de l'audience, Mme Guimond apprend que Béatrice*, la sœur de son amie Anne*, entretient une relation extraconjugale avec le prévenu, atteint du sida.

Toute l'audience s'est déroulée sous le coup d'une ordonnance de non-publication interdisant de dévoiler les noms des personnes impliquées dans cette histoire.

Or, à la fin de son quart de travail, la constable s'est empressée de dévoiler le tout à Anne, en lui demandant de garder le secret. Cette dernière, choquée, a plutôt confronté ses parents et sa sœur Béatrice à ce sujet.

Ces révélations ont causé une onde de choc dans la famille et dans la vie de Béatrice, qui s'est séparée de son conjoint et qui a dû déménager. L'ex-couple a même été suivi par la Direction de la protection de la jeunesse pendant un an suite à la séparation, et les relations entre les deux ex-conjoints demeuraient difficiles à ce jour.

La constable avait même continué à dévoiler des informations à son amie Anne, en mentionnant que Béatrice avait embrassé son amant au palais de justice, lors d'une autre audience.

Appelée à comparaître en juin dernier, Sandra Guimond s'est défendue en affirmant qu'elle avait de bonnes intentions en dévoilant les informations sensibles à Anne. La constable spéciale a même affirmé qu'elle referait la même chose aujourd'hui.

«Le serment de discrétion prêté par le constable spécial est un élément essentiel à l’accomplissement de son devoir», a rappelé le Comité de déontologie dans sa décision rendue le 9 septembre.

«Un citoyen, sachant ce que la preuve a révélé, hésiterait sûrement à rendre témoignage en sa présence, se demandant comment son histoire serait perçue par la constable spéciale, comment elle risquerait d’être ensuite relatée et commentée par elle et si, par malheur, elle ne connaîtrait pas quelqu’un de sa famille», a aussi jugé le Comité.

Sandra Guimond a donc été déclarée coupable de trois chefs de «manque de respect», tout en étant acquittée de huit chefs pour manque de discrétion et divulgation d'un renseignement malgré une ordonnance du tribunal.

Elle doit comparaître à nouveau devant le Comité le 8 octobre pour connaître sa peine, qui peut aller d'un simple avertissement à une destitution pure et simple.

*noms fictifs utilisés par le Comité de déontologie dans son jugement