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À quand notre grand moment d’extase?

Impact de Montréal
Photo d'archives, PIerre-Paul Poulin Kevin Gilmore
Président et chef de la direction del'Impact

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Ceux qui aiment l’Impact adorent l’équipe vraiment. Toutefois, ils ne sont pas assez nombreux. 10 000 ou 12 000 au mieux ? Ça fait quand même une base intéressante sur laquelle construire pour attaquer les derniers droits de saison et bien entendu les séries.

Mais il y a faillite du plan. Le départ de Rémi Garde, qui devait diriger le club pendant dix ans et la fin abrupte de la lune de miel entre les partisans et le nouveau président Kevin Gilmore m’oblige à me poser la question. Il va rester combien de fans à cette équipe au début de la prochaine saison en mars ?

Le Roi Drogba

Pourtant, il y a de quoi construire et créer un vrai buzz, on l’a vu en 2016 avec le Roi Drogba. Le Dieu ivoirien, titulaire électrisant en Ligue des Champions avec Chelsea a créé une magie inégalée. Tous les joueurs de l’Impact sont devenus meilleurs au contact de Drogba.

L’effectif était à son mieux, sur et hors du terrain. Le cœur des Montréalais battait pour le bleu blanc noir. C’était romantique...

J’avais rarement vu une organisation gâcher aussi bêtement sa relation avec ses partisans, mais c’est faux.

Encore récemment, ce sont les Alouettes qui s’attiraient les railleries et couvraient de honte le Montréal sportif.

Une agonie lente et pénible marquée à grands traits de la famille Wetenhall qui a beaucoup trop tardé à se départir de sa concession devenue dans leurs mains moribonde.

Les Wetenhall ont quitté, laissant quelques millions de dettes derrière eux.

Le club opère sans propriétaire ni directeur général et trois victoires de suite ont ramené les Oiseaux dans les discussions de sports.

Mais c’est fragile, ça se sent.

Les Alouettes demeurent sans domicile fixe, la relation avec les autorités de McGill n’est pas de tout repos, l’équipe ne possède aucune infrastructure.

Bref, il y aura fort à faire pour le prochain groupe d’actionnaires afin de stabiliser la concession et en assurer la pérennité à long terme.

Que de rêves...

Ajoutez le Canadien qui projette sa renaissance de plan quinquennal en plan quinquennal, l’hypothétique retour des Expos mais seulement en garde partagée (faut être bien de son temps) et vous avez un bouquet d’équipes professionnelles à mille lieues du moteur de fierté des grandes époques.

Le regretté Jacques Beauchamp a déjà prédit dans ce journal la coupe Stanley au Canadien, la Série mondiale aux Expos, la coupe Grey aux Alouettes, le championnat de la NASL au Manic, et ce, la même année !

C’était au détour de la décennie 80.

C’était saugrenu, à la limite folklorique. Mais c’était symptomatique d’une époque où on rêvait grand.

Aujourd’hui, le cynisme envers les équipes montréalaises est généralisé.

Comme si collectivement nous avions acquis la conviction que l’on ne gagnera jamais plus. Est-ce qu’il n’y a pas là une forme d’assimilation culturelle ?